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 should i stay or should i go + hanska

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MessageSujet: should i stay or should i go + hanska   should i stay or should i go + hanska EmptyLun 24 Juin 2013 - 17:34


Let the skyfall, when it crumbles
We will stand tall Face it all together
Une fille avançait sans savoir où elle mettait réellement les pieds, sans même distinguer les arbres qu’elle dépassait. Un brouillard épais l’enveloppait, la plongeant dans un abysse sans limite. Les branches qu’elle ne percevait que trop tard venaient lui lacérer le visage, les racines dont elle ne soupçonnait pas l’existence tant elle ne pouvait les voir la faisaient tomber à terre. Le silence était pesant. De ce chaos assourdissant sans qu’on n’entende le moindre bruit. Pas un bruissement de feuilles, pas un souffle de vent. La jeune femme aux cheveux de blé ne cessait d’évoluer dans un environnement muet. Et pourtant, elle jetait sans cesse un coup d’œil derrière comme pour s’assurer qu’il n’y avait personne pour la suivre … Ou pour s’assurer qu’elle parvenait à distancer la personne qui la suivait. Pas un son, pourtant. Ni le martèlement de ses pas précipités, ni la chute de son corps lorsqu’elle trébuchait, ni son souffle saccadé qui brûlait ses poumons. Seulement, elle était en fuite. Tout son être exprimait la crainte affolante qui s’emparait de ses membres, de son regard apeuré à la sueur qui perlait sur son front. Avancer. Aller au plus loin. Se retourner. Personne. Continuer. Tomber. Et ne pas se relever. Une énième racine, une énième chute. Mais celle-ci différait des précédentes, un craquement sinistre annonça la cheville qu’elle avait capturée, brisée. Visage dans la poussière, la jeune femme ne put que se mouvoir dans un glissement pour se mettre sur le dos. Trop tard. Une ombre s’abattît sur elle, dans ce même silence assourdissant. Pas une caresse d’une brise quelconque, pas une douleur au niveau de sa cheville. Seule cette silhouette difforme, qui l’enveloppait dans les ténèbres. Son souffle vint à lui manquer, et bientôt ses poumons crièrent au manque. Elle ne pouvait bouger, emprisonnée dans un étau qui lui ôtait chaque parcelle d’air qui lui restait. Et dans la suffocation, une douleur lancinante, fulgurante, lui transperça l’abdomen comme perforé par une lame trop grande.

Le cri se répercuta sur les murs de la chambre, s’éloignant dans le reste de l’appartement pour se dissiper dans un écho lointain. Silska porta ses mains à sa gorge, respirant avec difficulté. Un souffle hachuré qui lui broyait les poumons en inspirant comme en expirant. Par la puissance de son mauvais rêve, ou même du hurlement qu’elle avait lancé dans son sommeil, elle s’était retrouvée assise dans son lit. Les draps marqués par la sueur qui perlait sur son corps, de cette humidité qui résulte d’une peur panique. Difficilement, et délicatement, la jeune femme s’échappa de l’emprise de ses draps et quitta le matelas d’un pas chancelant. Clairement, elle suffoquait. Et cela lui faisait perler des larmes de douleur au coin de ses yeux, l’aveuglant un peu plus. Dans un dérapage incontrôlé, elle parvint à maintenir son équilibre en tendant une main en avant pour s’appuyer contre le mur. Fermant les yeux, inspirant avec une difficulté qui lui donnait l’impression d’aspirer de nombreuses petites aiguilles, elle posa son front contre la fenêtre fraiche de par la nuit. Mains posées à plat autour de sa tête. Et comptant. Comme toujours, à jamais, cette même succession de chiffres qui n’avaient plus aucun secret pour elle depuis tant d’années. Enfin, sa respiration s’apaisa, le froid ayant un effet canalisateur contre ses maux. Son souffle expiré s’échoua dans un nuage de buée contre la vitre, alors qu’elle rouvrait les yeux pour observer le paysage qui s’étendait au-delà de son bâtiment. Ses cauchemars parvenaient à lui provoquer une crise d’asthme. Et même si elle ne voulait se l’avouer, cela l’inquiétait. Quelle serait la prochaine étape ? La tuer, simplement ? Bordel.

Silska se détacha lentement de la fenêtre pour s’en détourner et poser son dos contre le mur, le temps de reprendre quelques nouvelles inspirations afin de satisfaire pleinement son organisme. Elle passa ses mains sur son visage, pour essuyer les larmes qui s’étaient échappée de ses prunelles puis les passa dans ses cheveux pour ramener en arrière les mèches furibondes qui seraient venues se coller sur son front humide. Elle devait faire peine à voir, ainsi prostrée, récupérant d’une mauvaise crise passagère. Tout du moins, personne n’était là pour assister à cette piètre scène, ni se soucier d’elle alors qu’elle pouvait se mettre à réveiller tout le bâtiment de par ses cris incontrôlés. À chaque nuit son escapade éreintante, quand elle n’était pas victime d’insomnies. Il y avait ceux qui revenaient, avec des rêves dénudés de toute image et sensation. Et il y avait les autres, elle, qui ne pouvaient que souffrir en silence dans leur sommeil. Il lui arrivait de s’en arracher les cheveux, tant cette situation l’accablait. C’était à cause de ses nuits agitées, qu’elle avait quitté le cocon familial. Pour que personne ne s’inquiète d’avantage d’elle. Alors elle avait pris un appartement, on l’avait laissé faire. Mieux, la simple évidence qu’avec son âge, il était tant qu’elle prenne réellement son indépendance sans partager sa chambre avec l’un de ses frangins, s’était imposée. Comme Alec, l’ayant précédée. Depuis, elle partageait son existence entre la maison et son appartement. Et cela suffisait à tout le monde.

Dans un énième soupir las, la jeune femme s’éloigna définitivement du mur pour disparaître dans la salle de bain. L’eau fraiche n’arrangea nullement sa condition, excepté le fait de la nettoyer de sa pauvre transpiration. La nervosité imprégnait ses gestes et ses traits, comme toujours après avoir revécu sa mort dans son sommeil. Chaque nuit, son interprétation. Mais toujours cette même sensation de chute, cette même déchirure dans le ventre. Silska s’observa silencieusement dans le miroir, ses pupilles semblait plus dilatées que la normale, comme encore apeurées par ce qu’elles avaient pu percevoir dans un simple songe. Comme un cri de son subconscient, encore prisonnier d’un passé étouffant. Son regard sillonna son épiderme pour se perdre sur les vestiges de son vécu qui imprégnaient sa peau de leur sale empreinte. Son abdomen était lacéré de cicatrices, dont une particulièrement plus prononcée que les autres. Hideuse. Réprimant un reniflement, elle quitta la pièce et enfila le premier tee-shirt que sa main trouva, à savoir celui qui traînait sur un pouf. Ses pas la traînèrent hors de la chambre également, pour la faire échouer dans la cuisine où ses mains glissèrent sur le plan de travail avant qu’elle ne s’arrête devant le frigo. Vide. Et merde. Silska ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel, signe de son exaspération. Un geste machinalement suivi par un mordillement des lèvres, comme à chaque fois que son agacement allait envers elle-même. Comme souvent, elle avait fait passer les besoins de sa famille en priorité, et avait bêtement oublié de remplir ses propres placards. Un genre de vieille habitude qui revenait un peu trop souvent à son goût. Maugréant quelques injures étouffées, la jeune femme attrapa d’un geste rapide, presque rageant, le paquet de cigarettes qui trainait là. Et dans la famille des imbéciles irrécupérables, je voudrais la Reine. Elle s’alluma une cigarette grâce à la gazinière, puis s’accouda contre le plan de travail pour relâcher la fumée de sa première bouffée. Silska, certainement un cas unique en son genre. Fumeuse asthmatique. Perturbée au point de s’enfiler un clope après une crise d’asthme. Applaudissez-là. Une quinte de toux la secoua légèrement, passagère. La demoiselle le savait pertinemment, elle ne parviendrait pas à retrouver le sommeil. Sa nuit s’était envolée à cette heure tardive, ou plutôt matinale. Trois heures du matin, des cernes terrifiants soulignant le regard, et cette même douleur imaginaire au niveau de son ventre.  

Pour aucune raison particulière, ses pensées s’égarèrent sur un évènement passé de quelques jours qui l’avait perturbé. Hans. Ces quelques lettres flottèrent dans son esprit comme un goût amer, s’imprégnant de sa raison pour venir la piétiner sans considération. Silska était parvenue à le joindre, finalement. Après quelques tentatives infructueuses et plusieurs pertes de temps successives à attendre sur le seuil de son appartement, sans jamais obtenir une quelconque réponse. Il lui avait été difficile de réitérer ces opérations chaque jour, ressentant elle aussi cette impression lassante de rester éloignée de lui. Car, autant l’admettre, elle était purement et simplement effrayée. Boulet de première classe dans l’interaction humaine, il était inutile de rappeler que l’accident de Hans l’avait propulsée au fond du gouffre. Et son retour à la vie l’avait tout autant bouleversée au point qu’elle ne parvenait plus à déterminer comme se comporter à son égard. Elle, celle qui avait réussi à atteindre ce statut de meilleure amie, était égarée. Quelque part entre la raison et l’espoir, ces deux entraves qui avaient tant bercé son existence. Son ami le plus cher lui était revenu d’entre les morts. Elle ne savait que trop bien la sensation que cela procurait, cette impression d’être encore un pied dans la tombe, de ne plus avoir sa place parmi le commun des mortels. Mais ne pouvait, se refusait de lui dire. Silska avait comme cette idée tenace, peut-être un peu trop stupide, de se montrer telle qu’il l’avait connu il y a six ans. Comme cette blondasse hargneuse qui se battait perpétuellement pour maintenir à flot et sa vie, et sa famille. Comme seule justification qu’elle parvenait à se donner et qui ne la satisfaisait qu’à demi-mesure : Hans avait fait un saut dans le temps de six ans. Et ça, jamais elle ne pourrait le comprendre véritablement. Désormais, il y avait un fossé entre eux.

Silska cligna des yeux, perplexe. Hébétée. Qu’est-ce qu’elle foutait devant la porte de l’appartement de son meilleur ami, au beau milieu de la nuit ? De vagues souvenirs vagabondaient dans son esprit, la précipitation dans laquelle elle avait quitté son habitacle et parcouru la piètre distance qui séparait son immeuble de celui où elle se trouvait actuellement. Se pinçant les lèvres, elle réalisa que perdue dans ses pensées, elle avait laissé ses émotions prendre le dessus et l’amener là où elle désirait plus que tout se trouver. Alors qu’elle ne devrait pas. La jeune femme resta de longues minutes devant le battant de cette porte sans omettre le moindre mouvement, observant le matériau qui s’effilochait avec le temps. Fixant la porte comme pour percevoir ce qu’il se passait de l’autre côté. Doucement, elle se rendait compte que ce n’était pas les restes de sa crise panique qui tapaient dans son crâne et rongeait son sang. Non, ce n’était pas ce mauvais arrière-goût que laissait un cauchemar tonitruant. Il s’agissait du sourd appel de la colère, s’immisçant lentement dans chaque parcelle de son être. Une colère envers elle-même, envers Hans. Qui lui bouffait les entrailles depuis l’appel qu’elle lui avait passé. Car s’il avait bien répondu, et partagé une petite conversation avec elle, Hans avait de nouveau disparu derrière ce mur de pierre et de fer inaccessible. De nouveau terré dans son silence et sa solitude. Mettant à mal les nerfs d’une pauvre Silska qui ne parvenait plus à maintenir la douleur lancinante que lui procurait le manque de son meilleur ami. On lui avait arraché brutalement du jour au lendemain, et alors qu’elle prit l’habitude de venir le voir quotidiennement, le réveil de Hans l’avait totalement éloigné de lui. Une frustration perpétuelle, mêlée d’une once d’incompréhension … Et de compassion.

Elle s’approcha d’un pas, et s’abaissa au niveau de la porte. Toquer ? Nullement. À tambouriner sur cette pauvre porte ne changerait nullement la situation dans laquelle elle se trouvait. Depuis ses précédents essais soldés par un échec, Silska avait bien saisi que son ami profitait du verrou pour se bloquer l’accès au monde extérieur. Sauf que lorsqu’on avait une meilleure amie de cette trempe, à la personnalité assez désaxée au vue du reste de la populace, on devrait se douter que ses réactions seraient loin d’atteindre la normalité commune. S’observant d’un bref coup d’œil, elle palpa les poches de son jean – jean qu’elle ne se souvenait même pas d’avoir enfilé. Une esquisse se profila sur ses lèvres lorsqu’elle brandit sa lime à ongle, dont la face dure en fer renvoya la lumière projetée par le plafonnier qui éclairait le couloir. Ses jambes se fléchirent et Silska s’accroupit devant la serrure, déterminée à entrer sans autorisation entre ces quatre murs. Elle n’était jamais entrée ainsi, par effraction, dans une maison. C’était des compétences de Peter d’agir ainsi. Peter … D’un vague geste de la main agacé, elle balaya l’air comme pour effacer l’image de son défunt frère. La lime à ongle passa sans problème dans l’ouverture, et la donzelle la bougea de manière rotative afin de pouvoir faire bouger le loquet. Il n’y avait pas besoin de science infuse pour agir ainsi, mais elle s’abstint le cri de la victoire quand elle entendit le bruit si caractéristique de la porte déverrouillée. Rangeant rapidement son arme de fortune, et prenant une bonne inspiration, elle pénétra dans l’appartement. Ce n’est qu’une fois la porte refermée avec soin, et quelques pas faits dans l’habitacle, qu’elle prit conscience de ce qu’elle venait de faire. Seulement, il était déjà bien trop tard pour faire demi-tour. Allant même jusqu’à se justifier dans la mesure où Hans le méritait. À vouloir l’esquiver aussi longtemps, il avait gagné la visite forcée. Qui n’allait certainement pas être plaisante, ni pour lui, ni pour elle. Trouvant l’interrupteur, elle appuya dessus pour inonder la pièce de lumière. « Hans ! » À fuir sa présence, Silska s’était sentie blessée. En colère. Perdue. Alors, elle se foutait bien que son comportement pouvait paraître mille fois inapproprié. Le mal était fait.

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K. Hans Dunne-Waltz

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MessageSujet: Re: should i stay or should i go + hanska   should i stay or should i go + hanska EmptyMer 26 Juin 2013 - 21:36


I see a band of angels.
And they're coming after me.

Ouvrir, fermer. Ouvrir. Fermer. Ouvrir. Fermer. Et encore une fois. Ouvrir. Fermer. Boucle inlassable. Ouvrir. Regarder les jolis dessins. Fermer. Ouvrir. Fixer ces traits espacés, ces traits délicats, tracés du bout d’un crayon. Fermer. Et soudain, tout arrêter. Poser le livre dans le tiroir de cette petite table de chevet, passer sa main sur son visage, pieds posés au sol. Ne plus accorder le moindre regard à l’ouvrage, après l’avoir observé sous toutes ses coutures, durant pratiquement une heure. Soixante minutes. Trois mille six cents secondes. Refermer le tiroir d’une main, sans même déposer ses yeux dessus. Ramener ses paumes contre son visage, pousser un soupir fatigué. Il avait bien essayé, de s’endormir. De fermer l’œil. Il avait bien tenté, de faire quelque chose d’utile, de garder la tête hors de l’eau. Il avait tout essayé. Un film. Il s’était décidé à l’arrêter, en plein milieu, alors que les héros s’embrassaient. Il ne voulait pas connaître la suite. Balivernes. Foutaises. Un univers de mensonge, un tissu d’atrocités sans nom, lui filant la pire des nausées. Il n’en voulait pas. Il était resté là, allongé sur ce canapé, les chevilles croisées, posées sur l’accoudoir, les mains sur le ventre, à regarder le plafond. Une lumière vacillante, dans un coin de la pièce. Mais le plafond ne bouge pas, lui. Ce sont les rayons de la lampe, qui ondulent. Qui varient d’intensité. Le plafond et sa peinture blanche ne bougent pas. Et Hans non plus. Il cligne des paupières, de temps à autre. Mais rien de plus. Il avait finalement tenté de dessiner. Attraper un bloc, prendre un crayon. Et ne même pas y poser la pointe. Ne pas y faire la moindre trace. Laisser la feuille, vierge, blanche. Nue. Serrer les dents, se retenir de pleurer. Reposer rageusement ces si petits instruments, cette promesse de délivrance encore une fois évaporée. Apercevoir le livre. Ce livre, dont Silska lui avait parlé. Cet ouvrage, à la fin duquel elle avait elle-même pris la plume, pour dessiner. Lui raconter sa propre histoire, au travers de quelques traits de crayon. Qu’il avait emmenés dans sa chambre. Et passé une heure à contempler. Une heure. Soixante minutes. Trois mille six cents secondes. Et maintenant, c’était terminé. Il l’avait refermé, l’avait rangé. Il tournait à nouveau en rond. Fermer l’œil. C’était ce dont il avait besoin. Mais comment faire ? Les cauchemars l’assailliraient, une fois ses paupières closes. Le seul moyen, c’était de croiser les doigts. De mettre toutes les chances de son côté. Cette boîte de somnifères, posées à côté de sa lampe de chevet … Non. À côté, quelques comprimés. Qui rendaient apparemment le sommeil lisse et tranquille. Tant qu’à faire, tant qu’à les avoir achetés, autant les consommer. Ouvrir la boîte. La refermer, après avoir fait tomber deux petits cachets dans le creux de sa paume. Et, sans hésiter, les gober. Les avaler, sans prendre la moindre gorgée d’eau pour les faire passer. Les sentir accrocher, manquer de les régurgiter. Plaquer une main sur sa bouche, fermer les yeux, refluer ces larmes involontairement montées. Puis cligner des cils. Se pencher, lentement et douloureusement. Enlever ses chaussettes, détacher le bouton de son jean. Faire passer son t-shirt par-dessus sa tête, lentement, et le laisser tomber au sol, sans prendre la peine de le repousser du bout du pied. Se décoller du matelas, à peine de quoi faire glisser son jean le long de ses jambes, et le laisser lui aussi choir au sol. Reculer lentement, se coucher sans réfléchir. Complètement éteint. Réduit au néant. À ces simples gestes, comme esquissés par des réflexes physiques encore présents. Il éteint la lumière, au passage. Ferme lentement les yeux. Sans les rouvrir. Deux heures et demi du matin. Un silence, opaque et oppressant. Un cœur battant faiblement, au creux d’une cage thoracique écrasée par le poids de la solitude. Opprimée par la souffrance. Il s’endort. Enfin

Un cri. Brutal. Un éclair. Déchirant. Bordel. Il avait pourtant pris le soin d’éteindre la lumière, non ? Affalé sur son lit, sans avoir pris la peine de se glisser sous les draps, ignorant la fraicheur nocturne qui lui engourdissait les orteils et une partie des jambes, Hans laissa un grognement incontrôlé s’échapper d’entre ses lèvres fines. Le visage enfoui dans son oreiller. Il avait entendu ce cri. Il venait du salon. Il crut rêver, tout d’abord. Tiré aussi désagréablement de son sommeil, dérangé au plus profond des limbes sans songes qu’il avait tant désirées. Et puis, il réalisa à la lumière que cela n’avait rien d’un rêve. Ses paupières battirent quelques instants. Un sursaut. Voilà ce qui l’avait réveillé ; réaction physique spontanée en réponse à cette agression auditive et visuelle. Il se redressa machinalement, empressée. Il n’avait encore mis ni prénom ni visage sur la voix, tout simplement bien trop engourdi pour cela. Dormir. Lui qui ne voulait jamais fermer l’oeil, d’ordinaire, c’était à présent tout ce qu’il désirait. Ses trois dernières nuits avaient été blanches. Il faisait le mort, depuis quatre jours. Depuis que son amie l’avait appelé. Il ne voulait parler à personne. Ni à sa sœur, ni à Silska, ni à Daniel. Encore moins à Daniel. Comme d’ordinaire. Et pourtant, cette nuit-là, il trouvait enfin le sommeil. Il avait tellement ruminé, en quatre jours, qu’il avait songé à sortir, le lendemain. À la condition que cette nuit, il dorme un peu. Il était parti pour, lorsqu’elle était arrivée. Elle. C’était bien une fille. Premier élément. La voix en avait témoigné. Il déboula dans le salon, et réalisa bien rapidement qu’il s’était levé beaucoup trop vite, alerté par cette présence indésirable. La tête lui tourna rapidement, alors qu’il plaquait une main sur son front, la passant devant ses yeux pour tenter d’atténuer la lumière tout en dispersant les points noirs qui s’amassaient face à lui. Il aurait dû prendre son temps. Il n’aurait pas dû se jeter en avant de la sorte. Il aurait dû attendre … Il aurait dû. Il ne l’avait pas fait. Il crispa les paupières, durant quelques secondes encore, sa seconde main plaquée sur l’encadrement de la porte. Et finalement, il sentit son équilibre revenir. Son oreille interne s’était stabilisée, il n’allait pas s’effondrer. Pas maintenant.

Il libéra son champ de vision, battant des cils pour tenter de s’accoutumer à la lumière vive. Bordel. Il y en avait trop. Il plaqua sa main sur le mur, trouvant l’interrupteur principal, replongeant la pièce dans une obscurité complète. Il se décala d’un pas vers la gauche, allumant une lampe plus modeste, plus tamisée, au large abat-jour crème. Il se massa les paupières une dernière seconde, avant de se tourner vers la silhouette blonde. Blonde. Ses yeux, bordel. Ses yeux. Ses traits. Elle, tout simplement. « … Silska ? » Cette voix engourdie, endormie. Il retourna se masser les paupières, grommelant à voix basse, s’adossant à l’encadrement de sa porte de chambre. Il n’avait pas regardé l’heure. Et il ne voulait même pas la connaître. Il ne dormait pas depuis longtemps. Il n’était pas plus de quatre heures, clairement. Il serra les dents, essayant de remettre ses pensées au clair. Difficile, mon cher. Difficile. « Maisqu’est-cetufouslà ? … » Grognement quasi-incompréhensible, syllabes déblatérées sans une once d’articulation. Mais Silska le connaissait. Elle le comprendrait. Et si ce n’était pas le cas ? Elle n’avait qu’à pas se pointer en pleine nuit pour le réveiller. Même s’il le méritait. Même si depuis quatre jours, voire simplement depuis son réveil, il méritait des paires de baffes à tours de bras. Il laissa ses doigts glisser le long de son visage, sa main se caler devant sa bouche, contre son menton. Il cligna des yeux, de ces tous petits yeux diminués par la fatigue et le sommeil encore latent, de ces prunelles chocolatées qui servent un regard paumé et engourdi, suppliant et adorablement égaré. Il n’avait pas pris la peine d’enfiler un t-shirt. Il n’avait d’ailleurs rien de présentable, à proprement parler. En caleçon, les cheveux ébouriffés, encore à moitié endormi. Il clignait des paupières comme un demeuré, ne comprenant rien à rien. Les pièces du puzzle se remettaient lentement en place. Mais soudain, il afficha un air atterré. Un détail persistait. Crucial. Alors qu’il laissait sa main remonter pour se caler sur sa nuque, l’attrapant. Il plissa les paupières. « … Et … Comment t’es rentrée ? » C’est vrai, ça. Comment ? Il n’était pas fou. Fermait toujours la porte d’entrée à clé. Et depuis quatre jours, tout particulièrement, il vivait avec cette foutue porte verrouillée. Alors merde. Comment ?

Il faisait le mort, depuis quatre jours. Il avait laissé son portable éteint, ou bien tout simple refusé de répondre aux appels. Mais il avait prévu de sortir. Le lendemain. Aujourd’hui-même, donc. Il avait prévu de se manifester. De montrer qu’il n’était pas mort. Pas une seconde fois. Pas encore. Pourquoi fallait-il donc toujours que le monde interfère avec ses projets ?

C’est la vie, lui aurait-on murmuré. C’est la vie …

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MessageSujet: Re: should i stay or should i go + hanska   should i stay or should i go + hanska EmptyLun 28 Oct 2013 - 14:52

Suppression du personnage, sujet archivé.
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