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 Quand le soleil se lève

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Thimothy Saint-Baptiste

Thimothy Saint-Baptiste

rise out of the ground





› Célébrité : Benedict Cumberbatch
› Messages : 129
› Arrivée en ville : 05/07/2013

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MessageSujet: Quand le soleil se lève   Quand le soleil se lève EmptyLun 15 Juil 2013 - 9:30


Froid.

Il fait froid.

Je gis au sol. Depuis combien de temps ? Une éternité. Je commence tout juste... à penser. Mais je vis depuis quelques heures, à présent. Je peine à ouvrir les yeux. La lumière est telle qu'elle me transperce le crâne... Je sens de l'humidité, derrière moi. À croire que Dieu a les mains moites, après m'avoir recueilli dans ses paumes. Est-il penché sur moi ? Se demande-t-il ce qu'il va faire de moi ? Moi, le pauvre compositeur renié par les siens, excommunié, maudit par sa mère, damné par son père, moi, le vil homosexuel ? Je ne suis qu'une âme souillée. Souillée par le sexe, l'alcool, souillée par le suicide que je me suis infligé. J'ai encore le goût métallique du canon entre mes lèvres. Je sens encore ce baiser glacé, ce baiser mortel, avant que mon doigt n'appuie sur la gâchette. Je me souviens de la détonation. Du brutal pic de terreur. De la douleur, quelques minutes, avant que tout ne s'éteigne. J'ai la bouche sèche. Je commence seulement à percevoir mon souffle rauque, pénible. Je me sens comme un noyé. J'en viens à tousser pour dégager les bronches de cette torpeur mortelle... Progressivement, mes pensées s'alignent de nouveau, comme les notes d'une partition, d'une de mes compositions.

Dieu... Je n'y crois plus depuis de longues années. Le contact sous mes doigts n'est autre que de l'herbe mouillée par la rosée. Je parviens à présent à entendre les oiseaux chanter, au loin, chanter la venue du jour, chanter cette vie qui reprend peu à peu ses droits sur mon corps. Mon cœur bat lentement. Mes paupières s'ouvrent une nouvelle fois, découvrant mes yeux d'un bleu clair, mes yeux que je lève vers le ciel. Une voûte végétale me recouvre. Maternelles, les branches se penchent vers mon visage, comme pour s'assurer que je ne manque de rien. J'ai envie de bouger... Mais je n'y arrive pas, pas immédiatement. Comment ai-je fait pour arriver là ? Est-ce le paradis ? L'enfer ? J'imaginais plus de flammes... Et plus de femmes. De charmantes succubes armées de fourches, par exemple. Au lieu de cela, une brise vient simplement longer ma peau. Je tourne la tête dans un craquement d'articulations, pouvant apercevoir un chemin se perdre parmi les arbres. Ici et là, de petits tas de neige m'arrachent un douloureux frisson. J'ai l'impression de sortir d'un long coma. Je ressens encore l'étreinte de la Mort, une femme aux doigts longs et décharnés, une harpie qui s'accroche à mes chairs, qui y plantent ses serres. Prête à me les déchiqueter. Prête à me dévorer. Elle me retient. Elle murmure à mon oreille de m'immobiliser, de succomber à son chant une fois encore. Elle me veut. Elle essaye de ralentir mon cœur, ses baisers ne visent qu'à m'empoisonner davantage mon sang pour qu'il gèle à son tour, pour qu'il cesse de parcourir mes veines et de les ranimer...

Mais ma volonté s'y oppose. Je serre les dents, les poings. Je commence à remuer mes jambes endolories, j'appuie une de mes paumes au sol. Mes doigts se plongent dans la neige, une neige endurcie par le gel, une neige qui me brûle et m'arrache un petit gémissement de surprise. Mais la douleur n'est pas qu'un désavantage : elle éveille mon corps, sonne l'alerte pour qu'il réagisse. Je réussis à me redresser en position assise, mais ma colonne vertébrale ne vaut pas mieux qu'un satané bout de bois ! Relève toi, Thimothy. Bordel de dieu, bouge toi ! Je m'aide de mes mains une fois encore pour essayer de me remettre sur mes jambes. Mais je me sens comme un enfant qui apprend à marcher, comme un vieillard tétraplégique qui se décide soudain à abandonner son fauteuil pour de nouveau se dresser comme un homme. Mes essais suivants sont infructueux : je retombe pitoyablement en avant ou encore, sur les fesses. Dieu merci, je suis seul dans cette petite clairière ! Cela me permet de garder un peu de dignité... Après de longues heures à jurer comme un diable et à crier de rage, j'arrive de nouveau à marcher. Mon pas est cependant raide au possible. Mon équilibre est digne de celui d'un homme ayant 2 grammes d'alcool dans le sang, au moins. Mes vêtements sont déchirés, comme si une bête sauvage avait souhaité faire de moi son repas. Mes cheveux retombent en boucles jusqu'à mes épaules, une barbe de quelques jours assombrit mes joues. Des cernes gâchent davantage le tableau, déjà peu appréciable à voir en temps normal...
Je m'enlace, comme si cela pouvait me protéger du froid. Du monde. De ce monde inconnu...

J'avance, la tête et les épaules penchées en avant, comme un enfant battu, comme par crainte que la réalité ne me frappe de nouveau. Où suis-je ? La journée a déjà eu le temps de s'étirer. Je traverse la forêt, non sans acrostiches ! Quand, enfin, je rejoins les alentours de la ville, du sang coule d'une blessure à mon front, de la terre souille mes guenilles. Je me sens si déplorable que je n'ose pas, finalement, me glisser dans les rues. Je m'assois, enfin, je m'affale sur un banc à proximité. Je croise mes doigts, sur mes cuisses, comme je le faisais avant. Et je reprends une de mes vieilles habitudes. Je fredonne. Ma voix est rauque, usée. Mais à force de la faire travailler, je parviens de nouveau à la maîtriser. Et je chante, à voix basse, une des mélodies que j'ai composé. Pourquoi ? Car j'ai besoin de repères. J'ai besoin de me rassurer. J'ai besoin de quelque chose de familier...  J'ai froid. J'ai si froid. Mes muscles me font mal. Mes yeux, aussi. Des gouttes coulent. Je pleure, tout en chantant, des frissons me faisant régulièrement lever la tête, comme un animal traqué. Et c'est alors que je croise son regard.
Un regard connu.
Je me fige alors, hésitant entre baisser la tête pour me faire oublier ou l'interpeller... Et, en fin de compte, son nom franchit mes lèvres usées.

_ Am... Ambroise... ?
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MessageSujet: Re: Quand le soleil se lève   Quand le soleil se lève EmptyVen 26 Juil 2013 - 22:01

... ... ...
Thimothy & Ambroise




∞ Quand le soleil se lève.

Quand le soleil se lève à l'horizon, le paradoxe veut que ce soit le moment exact où les ténèbres sont à leur paroxysme. Les rues vidées de toute normalité, bercées par l'alcool, les déchets, les hommes titubant. On y voit que la peine à l'aube, et rien d'autre. Pourtant, l'aube était le moment préféré d'Ambroise. Etrange, comme lui. Il aimait bien le silence apaisant qui régnait aux alentours. Seul le bruit de quelques oiseaux solitaires venaient parfois déranger la paix à l'horizon. Et il n'y avait rien de plus merveilleux pour Fields que d'observer le monde se mettre en éveil, petit à petit, avec une douceur parfois effroyable. Alors, chaque matin, il mettait les pieds dehors en premier alors que le soleil n'était encore pas là. Il marchait. Combien de temps? Une heure. Deux heures. Son carnet à la main, il dessinait les paysages qu'il croisait. Il avait beau les voir chaque jour qui passait, à chaque fois, le rendu était différent. C'était beau la nature  lorsque rien ni personne ne venait la perturber. Le simple fait de remplir son petit livre de croquis faisait toujours sourire Trystan. Toujours. C'était son pêché mignon, celui que peu de monde avait le droit de connaitre. Certainement le seul qui valait le coup d'avoir subi une résurrection indésirable.

Les lueurs de l'aube éblouirent ses yeux d'un bleu sauvage et Ambroise arrêta sa course un instant. Il pensait. A sa mort. Sa deuxième vie. Ce qu'il ratait. Son métier. Toutes ces choses non résolues qui le bousillaient à l'intérieur. Si seulement il pouvait oublier ne serait-ce que deux minutes l'image d'Aimee et du bébé. Cette image affreuse qu'on lui avait foutu sous le nez en bon suspect qu'il était. Mais il n'y arrivait pas. Tout comme il n'arrivait pas à oublier le froid de l'acier dans son bras et l'électricité qui se promenait dans ses molécules. Tout cela faisait partie de lui. Et il ne pourrait jamais rien y changer. Même si les souvenirs avaient tendance à se flouter, surtout les plus heureux. La vie continuait autour de lui mais Ambroise restait figé, contrairement au soleil qui continuait de monter dans le ciel orangé. L'artiste en herbe se remit en route mais se stoppa net lorsqu'il vit une ombre quelques mètres plus loin. Une ombre. Une voix. Un sifflement. Un fredonnement. Presque rien en somme. Mais Ambroise avait l'impression de connaitre ce bruit, cette sensation. Il avança et la musique l'envahit, le journaliste fredonnant à son tour d'un souffle presque imperceptible au premier abord. Arrivé à quelques pas, Ambroise comprit. Il vit. Stonehaven avait cet effet sur les gens. Parfois, on les retrouvait errants au petit matin, comme Thimothy en cet instant, déboussolés, désorientés. La mort était trop proche dans cette ville. Elle faisait bien trop de ravages et lorsqu'Ambroise entendit son nom soufflé par le compositeur, ses suspicions étaient fondées. La mort était venue le déranger lui aussi.

"Thimothy? Tu devrais pas être ici aux aurores. Artiste ou pas, t'as plus de raison de te perdre dans le coin. A moins que tu te sois fait fauché. Cette ville est dingue, j'y crois pas."

Des pensées inutiles quand on y pense. Mais Ambroise était rarement lucide dans la matinée, bien trop perdu dans sa transe artistique. Son regard ne quittait pas celui de Thim' pendant une bonne minute alors qu'il jetait un oeil discret sur sa blessure, il devrait aller mieux. Bientôt. Au terme de cette période d'investigation silencieuse, Ambroise vint s'asseoir aux côtés de son ami. Un jour, il devrait s'y faire lui aussi. A cette sensation de ne plus être humain. En vie. Mort. Un peu des deux. Juste une âme perdue, encore une de plus.

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MessageSujet: Re: Quand le soleil se lève   Quand le soleil se lève EmptyLun 21 Oct 2013 - 22:26

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