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 Don't you remember the reasons you loved me ?

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Jared T. McFire

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MessageSujet: Don't you remember the reasons you loved me ?   Don't you remember the reasons you loved me ? EmptyVen 4 Oct 2013 - 16:32


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« Don't you remember ? »



Jared n’était pas spécialement désordonné. Comme tout un chacun, il lui arrivait parfois de se laisser aller, ne souhaitant pas non plus passer le plus clair de son temps libre à ranger ou à faire le ménage. Et puis, il fallait bien l’admettre, Jared vivait généralement dans son van et quand bien même il avait fini par louer un petit studio en centre ville, il n’y retournait que lorsque le soleil commençait à disparaitre à l’horizon ou qu’il avait besoin de quelque chose de plus confortable pour dormir que son vieux tas de rouille. Ainsi, le quadragénaire s’étonnait souvent de voir que le courrier s’était accumulé à une vitesse folle en l’espace d’une courte semaine, et par une après-midi des plus communes, il se décida enfin à faire le tri et à remettre en ordre les quelques mètres carrés dont il disposait. Chaque chose avait sa place, et plus il accumulait les babioles, plus il se rendait compte à quel point des meubles supplémentaires pourraient se révéler être de véritables bénédictions. Pour l’heure, pas question de se lancer dans un bricolage de fortune et de concevoir ses propres étagères ou autres bibliothèques. Non, son frigo criait famine et son ventre était vide.

Ni une, ni deux, pas besoin de grand chose, pas même de s’armer de son fidèle vélo, le supermarché le plus proche ne se trouvant qu’à quelques mètres de son domicile. Arrivé sur les lieux, il se saisit d’un caddie pour arpenter les rayons à la recherche de ses mets favoris. À maintes reprises, il se retint de ne pas lancer le chariot à toute vitesse pour monter rapidement sur le châssis de la bête et se laisser glisser dans les allées comme un véritable enfant de cinq ans. Depuis combien de temps était-il sorti de prison ? À vrai dire, il n’avait même pas osé compter. Il s’en fichait éperdument, du moment qu’il n’était plus coincé entre quatre murs. Et bizarrement, après sept années derrière les barreaux, déambuler librement dans les rayons de ce magasin l’emplissait d’une joie indéfinissable. Cette petite escapade avait des allures d’aventures incroyables dont il était le seul maître. Adieu nourriture fade et répugnante du pénitencier de Stonehaven, bonjour saveurs et exotisme. Il avait envie de se noyer dans des litres de glace ? C'était possible. Jared rêvait de dévorer son poids en biscuits secs et autres sucreries ? Tout était à portée de main. Un véritable miracle, une oasis au milieu du désert. Oui, clairement, Jared n’avait pas l’air d’avoir guère plus de cinq ans alors qu’il revenait vers son chariot, les bras chargés de choses et d’autres qui à elles seules n’auraient pas pu constituer un repas décent. Qu’importe. Il était libre. Libre.

Et pourtant. Il chantonnait, un sourire ravissant fermement agrippé à ses lèvres. Il fredonnait cet air qu’il affectionnait tout particulièrement, celui qu’il avait même pris l’habitude de scander sous sa douche ou lors de ses longues randonnées à travers le pays. Elle lui donnait la force d’un véritable conquérant, même s’il se gardait bien de dire de quel film elle était tirée... Vraiment, plus le temps passait, et plus Jared semblait rajeunir... Embarqué par le refrain, attiré par toute la nourriture qu’il avait devant lui, le jardinier ne faisait plus trop attention où il mettait les pieds et avant qu’il ait véritablement eu le temps de réagir, il se heurta à quelqu’un d’autre. Faisant un pas sur le côté pour ne pas déranger l’inconnue davantage, il se retourna au dernier moment pour lui faire face et lui présenter ses excuses. « Désolé, j’étais un peu distrait. Je ne vous ai pas fait mal au... » Mais Jared n’eut jamais l’occasion de terminer sa phrase. Il croyait être enfin libre, mais le passé venait subitement de le rattraper pour le ramener à l’étroit entres les murs des souvenirs étriqués que son esprit s’était toujours refusé d’oublier. Elle était là, devant lui. Était-ce un rêve, rien qu’un songe ? Fallait-il qu’on le pince ? Les sachets de pâtes qu’il tenait dans ses bras manquèrent de s’écraser sur le sol mais il parvint à les retenir au dernier moment. « Ivy... C’est... C’est toi ? » Incroyable de voir ce grand gaillard se mettre à balbutier alors qu’il était pourtant si sûr de lui une seconde auparavant... Elle était aussi belle qu’au premier jour. Ivory. Aucun autre prénom n’aurait pu lui convenir tant elle était... Rare. Et belle. Surtout les deux.

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MessageSujet: Re: Don't you remember the reasons you loved me ?   Don't you remember the reasons you loved me ? EmptyDim 6 Oct 2013 - 12:23


Comme tous les mardi après-midi, Ivy allait chercher son fils à l’école. Elle discutait avec d’autres mères de famille en attendant que les enfants sortent en criant, heureux de cette fin de journée. Quand Johnny l’aperçut, il courut vers elle qui lui tendait la main en souriant. Elle lui demanda comment s’était passé cette journée et ce qu’il avait fait de beau en classe avec ses camarades. Un peu d’histoire indienne et une activité manuelle se rapportant au thème. Ils avaient fabriqué des tipis pour un projet de reconstitution diorama de réserve indienne. Johnny avait envie de pancakes, terriblement envie de pancakes car un copain en avait eu pour le goûter et ça lui avait fait envie mais il n’avait pas osé lui en demander. Ivy souriait en l’écoutant parler, il avait la langue bien pendue et elle était presque certaine qu’il se lancerait dans une carrière politique plus tard. Mais pour le moment, elle pensait surtout aux pancakes et elle lui proposa d’aller acheter les ingrédients au magasin et qu’il l’aiderait à les faire. Il était ravi et s’empressa d’hocher la tête avec des yeux brillants.

Johnny avait insisté pour s’occuper de traîner le panier à roulette. Il était à peine assez grand pour cela mais Ivy n’avait pas voulu le contrarier, plus amusée qu’autre chose par son fils au caractère de plus en plus affirmé. Elle l’aidait pourtant de temps en temps et vite fatigué, elle le prit dans ses bras pour continuer les courses. Sucre, œufs, farine. Même si elle avait déjà la plupart des ingrédients, elle tenait à montrer à Johnny un enchaînement logique depuis la réunion des ingrédients jusqu’à l’aboutissement de la recette. Face au rayon des sirops d’érable, ses oreilles crurent percevoir une mélodie qui lui parlait beaucoup trop. Immédiatement, elle pensa à Jared qu’elle avait vu dans son van quelques semaines auparavant et son cœur se mit à battre la chamade que ce soit de peur ou d’appréhension. Elle attrapa la première bouteille de sirop qui lui tombait sous la main et se retourna précipitamment pour aller à la caisse et s’éloigner de ce magasin le plus possible. C’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour l’instant pour se protéger d’un éventuel coup de boomerang dont Jared en était le point d’origine : la fuite.

Mais le choc fut autrement plus violent. Sans avoir pris garde au moment de se retourner, elle était rentrée dans quelqu’un d’aussi massif qu’un arbre. Johnny tournait la tête de droite à gauche avant de se fixer sur l’arbre en question qui s’excusait. Ivy, faillit lâcher le sirop d’érable lorsqu’elle leva les yeux à son tour en entendant son prénom et en prenant conscience de la voix qui l’avait prononcé. Un frisson la parcouru, jamais encore, elle ne s’était imaginé l’effet que produirait cette voix en prononçant à nouveau son prénom et elle se sentit un instant défaillir. L’espace d’une demi-seconde, elle avait eu envie de sauter à son cou, d’enfouir son visage contre sa poitrine et se confondre en excuse en lui expliquant que Johnny n’était autre que son fils. Pourtant, les lèvres entrouvertes, aucun mot ne passa et elle recula d’un pas avant de se reprendre. Elle inspira et sourit. Cachant au plus profond d’elle-même tous les sentiments qu’elle avait pour l’homme qui se trouvait à présent juste sous son nez et qu’elle n’avait pas vu depuis cinq années.

Les mots se bousculaient comme des fauves en cage dans sa tête et, comme lui, elle ne put que bredouiller quelques mots. « C’est… oui… je ne… crois pas avoir beaucoup…changé. Je… ne savais pas que tu étais sorti de prison… » mentit-elle dans sa dernière phrase. Elle s’en voulu de ce énième mensonge qu’elle proférait envers Jared mais que pouvait-elle faire d’autre ? Pouvait-elle lui avouer qu’elle l’avait vu dans son van, trois semaines plus tôt et qu’elle en avait passé la suivante à l’hôpital ? Non, décidément. Elle ne pouvait pas lui dire ça. Pas plus qu’elle ne pourrait lui annoncer la nouvelle pour Johnny. Ce dernier serait le fils de Neil aux yeux de Jared, rien de plus. Cela ne pourrait être plus. Définitivement pas. Elle ouvrit la bouche pour lui présenter Johnny, mais elle se sentit mal une fois de plus et les mots restèrent bloqués au fin fond de sa gorge.
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MessageSujet: Re: Don't you remember the reasons you loved me ?   Don't you remember the reasons you loved me ? EmptyMer 16 Oct 2013 - 16:34

Évidemment. Bien sûr qu’elle n’avait pas changé. Ivy. Le simple fait de se répéter son prénom n’avait de cesse de le faire frissonner, et peut-être que s’ils s’étaient croisés au beau milieu d’un rayon réfrigéré, Jared aurait pu prétendre que c’était la fraicheur des lieux qui le mettait dans cet état. Mais il n’en était rien. Il n’y avait qu’elle pour provoquer ce léger tremblement de chair et faire en sorte que sa poitrine se soulève ainsi. Son coeur manqua un battement alors qu’il réalisait qu’il était enfin autorisé à prononcer le prénom de la jeune femme à haute voix sans passer pour un fou. Combien de fois s’était-il surpris en train de lui parler quand les jours étaient trop longs et que le temps passait trop lentement, cloitré entre les quatre murs de la prison dans laquelle il avait passé les sept dernières années de sa vie ? Il se souvenait encore de sa lettre, des adieux qu’elle avait écrit pour lui dire qu’elle ne reviendrait plus. Elle lui avait rendu sa bague de fiançailles, tirant ainsi un trait sur toutes les promesses que Jared lui avait pourtant faites, sur tout ce qu’il était prêt à accomplir pour elle. Tant pis s’il était privé de sa liberté tandis qu’elle continuait de danser quelque part, il savait au final que ses rires viendraient faire s’écrouler les murs et qu’elle le libérerait. Oui, il allait croupir dans cet enfer pendant sept misérables années mais au final, Ivy était celle qui lui redonnerait espoir et elle briserait ses chaines, il en était certain.

La jeune femme l’avait effectivement rendu libre, mais pas de la bonne manière. Elle lui avait rendu son célibat, voilà tout. Jared ne pouvait pas dire qu’il ne s’y attendait pas. Il avait confiance en elle, certainement aveuglé par l’amour qu’il portait à son égard. Mais au fond de lui, inconsciemment, il craignait toujours que ce moment survienne plus tôt que prévu... Il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de lui demander de l’attendre pendant tout ce temps. C’était bien trop cruel, et si elle était le seul petit rayon de soleil qui venait scintiller dans sa cage, il était les barreaux à sa fenêtre qui l’empêchait d’avancer dans la vie comme elle l’aurait souhaité. Tant pis, il l’avait laissée filer sans même répondre, sans essayer de se battre. Ivy devait voler de ses propres ailes et il l’avait laissée faire, encore bien trop amoureux d’elle pour la contraindre à renoncer au bonheur. Et apparemment elle l’avait trouvé avec un autre, l’enfant qui se tenait à ses côtés en était la preuve. Elle n’avait pas trainé, à en juger par l’âge de ce gosse, mais après tout, Jared pouvait-il véritablement lui en vouloir ? Et son... Mari. Dieu que c’était difficile d’y songer seulement... Cet autre homme était humain après tout, alors comment ne pas succomber aux charmes de ce merveilleux bijou ? Ivy. Elle était rare comme l’ivoire et belle comme le jour. Et Jared songeait à quel point il était ridicule, se surprenant à avoir ce genre de pensées. Mais au fond, il n’y avait rien de plus vrai que cela et il pouvait bien se permettre ce qu’il voulait, le plus niais des poèmes s’il le fallait. Après tout, il avait passé des mois à contempler cette bague en rêvant de pouvoir s’échapper de sa cellule pour traverser la ville à pieds, s’effondrer sur le pas de sa porte, les deux genoux à terre, et les mains tendues vers elle pour la supplier de l’épouser. Des nuits entières s’étaient écoulées sans qu’il ne parvienne à fermer les yeux, trop absorbé par les souvenirs resurgissant du passé qui étaient encore trop présents, et le futur sur lequel il devait maintenant tirer un trait. Il avait longtemps gardé cette bague sous son oreiller jusqu’à ce que l’un de ses co-détenus ne lui subtilise tandis qu’il s’était absenté. Jared n’avait jamais retrouvé le coupable, mais il l’avait pourtant cherché, ne serait-ce que pour lui refaire le portrait. Oui, pour la première fois de sa vie, Jared aurait frappé sans qu’on lui donne l’ordre et simplement pour satisfaire ses poings qui commençaient à le démanger. Et pourtant, Dieu seul savait à quel point ce n’était vraiment pas dans sa nature de s’emporter de la sorte.

Et voilà à présent qu’il se trouvait devant elle. Ce n’était plus un rêve mais bien la réalité. Que faire alors ? S’agenouiller comme il l’avait tant espéré en attendant qu’il la retrouve ? Lui dire que sa bague était quelque part dans la nature mais qu’il lui en promettait une autre, plus belle, plus scintillante encore ? Qu’elle pouvait l’enchainer pour le restant de ses jours et qu’il la suivrait au bout du monde s’il le fallait ? Il aurait aimé s’en sortir capable, vraiment, mais les mots ne vinrent jamais. Il était simplement gêné de sa question. Évidemment. Bien sur que c’était elle. Ivory. Son prénom se suffisait à lui-même et il n’avait besoin d’aucune rime pour sonner comme le plus beau des poèmes... Peut-être fallait-il qu’il l’embrasse et qu’il pose ses mains sur ses hanches, comme avant, comme si rien ne s’était passé ? Oublier le temps perdu et recommencer une nouvelle vie. Il aimerait cet enfant comme si c’était le sien si elle voulait bien de lui... Mais non, ce n’était pas possible. Ce n’était bon que pour le contes de fée. Et puis, il y avait Samuel, qui était loin d’être un obstacle puisqu’il était celui avec qui il envisageait de passer le plus clair de son temps à présent. Son avenir. Il l’appréciait beaucoup, pour ne pas dire que ses sentiments allaient au-delà de la simple tendresse. Après tout, Ivy avait eu sa chance et elle l’avait saisie ; c’était maintenant au tour de Jared d’en faire autant et il devait aller de l’avant.

« Non tu n’as pas changée, vraiment pas. Tu... » Tu es toujours aussi ravissante. Voilà ce qu’il aurait du ajouter. Il n’y parvint pas. Passant une main gênée sur sa nuque pour se masser et tenter de paraitre ainsi plus détendu, il esquissa un léger sourire en coin. Après toutes ces années et malgré leur séparation, Jared avait encore envie d’être celui qui pourrait la rassurer et il la connaissait assez pour sentir dans sa voix qu’elle ne l’était pas le moins du monde. Sa présence l’embarrassait sûrement mais il n’y avait pas de raison après tout. Elle ne devait pas se sentir coupable d'avoir tranché. Elle avait été assez intelligente et forte pour prendre une décision, la plus douloureuse que Jared ait jamais eu à subir. « Je suis sorti il y a quelques mois maintenant, j’ai vadrouillé un peu avant de revenir ici... Je suis retourné à Edimbourg... » Sa ville natale, la maison de ses parents, les rues de son enfance. Sur son vélo, il avait passé des heures entières à reconquérir cette ville qu’il avait toujours porté dans son coeur. Un peu comme une femme qu’il aurait perdue et dont il aurait enfin croisé le chemin... « Je suis même retourné dans ce village tu sais... Celui qu’on n’arrivait jamais à prononcer correctement. » Jared se mit à rire, souriant jusqu’aux oreilles avant de se rendre compte que sa joie n’était certainement pas partagée. Il observa la jeune femme un instant avant de poser son regard sur son fils. Le pauvre gamin devait être perdu, et Jared avait presque envie de lui dire qu’il était loin d’être le seul à cet instant précis. Toi et moi on est pareil, gamin. Il s’excusa à travers un regard, ne sachant plus vraiment s’il devait fuir ou s’il avait le droit de rester là encore quelques instants pour la contempler et emporter avec lui le souvenir de son visage. Après tout il était libre maintenant, pas vrai ? Il avait le droit de fuir à son tour.

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MessageSujet: Re: Don't you remember the reasons you loved me ?   Don't you remember the reasons you loved me ? EmptySam 19 Oct 2013 - 10:35


Le cœur de la jeune femme palpitait à un rythme dangereux. Il frappait contre sa cage thoracique trop petite pour contenir le poids de la culpabilité qu’elle portait depuis cinq années. Ça lui faisait mal et elle aurait pu suffoquer si elle n’avait pas voulu cacher son angoisse de voir son premier amour ici-même face à elle. Elle regrettait tant ce qu’elle lui avait fait mais il était à présent hors de question de revenir en arrière. Elle avait pris une décision récente et peu importait que Jared soit en ville, peu importait si son sourire était toujours aussi doux et nonchalant, peu importait s’il avait l’air d’avoir oublié leur relation, peu importait … elle avait une famille. Dont il ne faisait pas partie. Sa gorge se noua, les traits de son visage se contractèrent et se forcèrent à sourire. Le regard d’Ivy brilla un instant de larmes qu’elle ne verserait pas, cela ne dura qu’une seconde. Elle inspira profondément alors qu’il lui annonçait qu’elle n’avait pas changé. Lui non plus n’avait pas beaucoup changé. Son regard s’attarda une demi-seconde sur les bras vigoureux qui la protégeaient à une époque mais sur qui, à présent, elle n’avait plus aucune autorité. Elle l’écoutait pourtant toujours, il était sorti, il était retourné à Edimbourg, sa ville natale et il était passé dans le village qu’ils avaient visité il y a bien des années. Est-ce que l’endroit avait changé ? Elle eut un léger rire alors qu’il se rappelait comment ils butaient à chaque fois sur le nom de ce village. « Oui, je me souviens… le nom était dans un gaëlique imprononçable… je riais toujours quand tu essayais de le prononcer. »

Les souvenirs, c’était de cela que la vie était faite. La sienne était faite de souvenirs et de regrets mélangés. Il n’avait pas l’air de lui en vouloir pour ce qu’elle avait fait, mais il ne savait pas tout et c’était sans doute pour cela qu’il avait peut-être réussi à tourner la page et pas elle. Peut-être que si elle le lui disait, elle parviendrait à passer à autre chose et se laisser aller dans les bras de Neil. Mais aurait-elle un jour la force de le lui avouer ? Rien n’était moins sûr. Elle savait qu’il pouvait être impulsif et une nouvelle pareille pouvait le mettre dans une colère noire. John gigota dans le caddie en observant sa mère et l’homme massif qui avait baissé les yeux sur lui et l’inspiration lui vint comme à un poète trouvant sa muse. « Je m’appelle John ! Maman et Papa m’appelle aussi Johnny ! » Ivy sentit ses joues rougir honteusement lorsque son fils de cinq ans se mit à se présenter. Elle allait le faire mais n’arrivait pas à s’y résoudre. C’était sans compter le tempérament de l’enfant qui ressemblait beaucoup trop à son père. Et si Jared faisait de lui-même le rapprochement ? L’enfant avait cinq ans et s’appelait John ? Jared savait qu’Ivy connaissait sa passion pour Pocahontas. De là à assimiler les éléments pour trouver la solution, il n’y avait qu’un maigre pas. Et elle le sentit furieusement. Elle se mordit la lèvre et se mit à rire doucement pour ne pas montrer son désarroi. « Quel bavard ! » Elle passa une main dans les cheveux de John et hocha la tête. « Jared, je te présente mon fils… John. Il n’a pas la langue dans sa poche comme tu le vois. » Elle se tourna vers son fils et lui expliqua que Jared était un vieil ami de maman et qu’elle ne l’avait pas vu depuis longtemps. « Pourquoi tu ne l’as pas vu depuis longtemps Maman ? Moi mes amis je les vois tous les jours à l’école ! » continua-t-il. Elle releva les yeux vers Jared, les joues cramoisies. « Excuses-le, c’est une vrai pipelette quand il s’y met… co…. Comment vas-tu, toi ? » finit-elle par lui demander comme si de rien n’était. Elle s’en voulu immédiatement. De quel droit pouvait-elle lui demander ça alors qu’il n’était même pas au courant qu’il avait un fils. Si seulement elle pouvait s’éclipser dans un trou de souris le plus vite possible… mais c’était Jared, elle ne pouvait pas partir comme une voleuse. Elle l’avait fait une fois, cela suffisait largement.
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MessageSujet: Re: Don't you remember the reasons you loved me ?   Don't you remember the reasons you loved me ? EmptyDim 10 Nov 2013 - 14:20

Ce sourire. Son sourire. Il en avait rêvé pendant tellement d’années que de la voir ici semblait presque irréel. Que quelqu’un le pince, il allait émerger d’un instant à l’autre. Il avait observé le peu de ciel bleu auquel il avait droit derrière les barreaux de sa cage en songeant à ce sourire, son soleil caché derrière les nuages, sa lune scintillante quand la nuit semblait trop noire et effrayante. Oui, Jared aussi avait eu peur. Il avait craint de ne plus jamais pouvoir sortir de cet enfer, convaincu qu’il était condamné à périr entre ces quatre murs et qu’il ne pourrait plus jamais recroiser ceci... Ce sourire. Celui-là même qui lui avait redonné espoir quand tout semblait s’éteindre autour de lui. Ivy riait maintenant légèrement à l’évocation de ce souvenir, et pris de court, Jared fut parcouru d’un frisson. Il n’aurait jamais cru qu’après toutes ces années, il réagirait encore de cette manière en voyant le visage de la jeune femme s’illuminer de cette façon si particulière. Elle était tellement belle. Il aurait voulu la prendre contre lui, simplement une dernière fois. Après tout, ils n’avaient pas eu le temps d’apprécier leur dernière étreinte, Jared ne l’avait pas ancrée assez précisément dans sa mémoire pour qu’elle soit suffisante, pour qu’il puisse vivre en ayant l’intime conviction que cette accolade là fut effectivement la dernière. Il aurait souhaité pouvoir mettre un point final à leur histoire, ne plus être sans arrêt rattrapé par le passé. Il se devait d’aller de l’avant, et si ce n’était pas pour lui, c’était essentiellement pour Samuel et leur histoire qui valait vraiment la peine d’être vécue, Jared en était certain. L’affection qu’il ressentait pour l’autre homme n’avait rien à voir avec celle qu’il nourrissait à l’égard d’Ivy, elle était nouvelle et différente, et certainement pas empreinte de regrets et de mélancolie...

Le coeur de Jared se resserra légèrement dans sa poitrine tandis qu’elle évoquait distinctement ce souvenir. Alors elle aussi s’en rappelait, Jared n’avait pas inventé toutes ces choses dans le seul but de se raccrocher à un rêve et s’évader de cette prison par tous les moyens possibles ? Il n’était pas devenu fou, et elle avait bien été présente, à ses côtés pendant tous ces voyages, encore là quand il décidait de s’arrêter sur le bord de la route pour contempler les magnifiques paysages de son pays natal. Il n'avait donc rien imaginé quand il se voyait sur le haut d’une colline, ses mains posées sur les hanches fines de la jeune femme tandis qu’il se tenait juste derrière elle, se penchant de temps en temps pour poser un baiser sur sa joue, ses beaux cheveux blonds battant dans le vent frais de l’Écosse... Cela s’était véritablement produit. Et rien qu’en y songeant à présent, il avait envie de se mettre à genoux devant elle et de lui demander pardon. Pardon d’avoir été aussi imparfait, de ne pas avoir été à la hauteur de ce qu’elle attendait. Pardon de n’être qu’un homme que la justice avait choisi d’enfermer loin du reste de la civilisation. Si seulement il pouvait s’excuser et l’embrasser, juste un dernier baiser sur ses lèvres fines avant de disparaitre... Mais cela ne changerait rien. Cela n’amoindrirait pas la peine. Cela ne panserait pas les blessures ni ne refermerait les cicatrices. Ils étaient tous deux condamnés à vivre ainsi, à travers leurs souvenirs, et c’était sans doute la pire des prisons.

Heureusement que le gamin prit la parole, sans quoi Jared aurait pu faire demi-tour sans ajouter un mot, soudainement submergé par toutes ces pensées qui ne lui ressemblaient pas le moins du monde. Non, Jared était enjoué, souriant, optimiste malgré toutes les situations dans lesquelles il s’était retrouvé par le passé. Il se tourna vers le garçon qui était assis dans le caddie et qui devait certainement se demander ce qui se passait. Au moment où il se présenta, le McFire ne put s’empêcher de sourire, retrouvant sa gouaille naturelle et gratifiant le petit John d’un clin d’oeil complice avant d’ajouter un rapide « That’s a cool name, buddy. » en se penchant vers lui afin qu’il soit probablement le seul à l’entendre. C’était évidemment le prénom le plus classe auquel Jared pouvait songer, puisque c’était celui de l’un de ses héros préférés. John Smith. Mais il n’y avait certainement aucun lien avec le prénom du petit. Après tout, Ivy était assez intelligente pour ne pas prénommer son fils comme le personnage favoris de son ex compagnon, elle n’allait quand même pas s’infliger cela... Il y avait sans doute une autre explication, et dans la tête de Jared, il était clair que le garçon avait hérité du prénom de son père ou de son grand-père paternel. Il n’eut pas le temps d’y songer davantage de toute manière, puisque déjà le petit reprenait la parole, répondant aux propos de sa mère. Il n’écoutait plus franchement leur échange, trop distrait par le fait qu’Ivy vienne tout juste d’expliquer à son fils qu’il n’était qu’un ami, un vieil ami. Voilà ce qu’ils étaient devenus. De toute manière, elle n’avait pas trente-six solutions ni d’autres façon de présenter les choses, surtout à un enfant de cet âge, mais cela ne manquait pas pour autant d’atteindre Jared. Ce n’était rien en revanche, comparé à la question qui suivit. Elle lui demandait simplement comment il allait, mais Jared resta immobile, soudainement paralysé, muet et plus capable d’ouvrir la bouche. Bien sûr qu’elle osait lui demander, elle n’avait pas été enfermée avec lui pendant les dernières années, elle n’avait pas vécu le quotidien du pénitencier, et Jared n’avait même pas eu l’occasion de lui en parler. De toute manière, il était hors de question pour lui d’évoquer tout ceci avec elle, et même s’ils étaient restés ensemble, le McFire n’aurait jamais pu lui faire part de tout ce qui s’était produit au sein de la prison. Elle avait été libre, le quotidien pour seule prison, et elle ne se rendait sans doute pas compte qu’on ne posait pas ce genre de question banale à un ancien détenu dont la libération était trop récente pour que tout aille comme sur des roulettes dès le début... Encore moins quand on était celle qui l'avait lâchement abandonné derrière ses barreaux et qui avait renoncé au mariage. Bon, Jared n’était pas du genre à se morfondre et il avait à peine posé le pied dehors qu’il dansait déjà tout seul dans la rue, chantonnant et se ruant sur le premier centre commercial pour acheter toutes les denrées dont il avait rêvé pendant les sept dernières années. Mais tout de même.

« Je... » Il soupira. Pendant une fraction de seconde, il aurait aimé pouvoir tout lui dire. Lui faire la leçon de moral qu’il aurait du lui faire dès le début, juste après avoir reçu cette lettre. Enfin se libérer de toutes les choses qui l’avaient empoisonné tandis qu’il n’avait pas pu être à ses côtés. Mais son regard se posa simplement sur l’enfant qui se trouvait à côté de sa mère, trônant toujours dans son chariot. Elle n’avait pas besoin d’entendre ce discours là, elle était passée à autre chose à présent. Inutile de lui faire perdre son temps en lui disant tout ceci, elle n’y prêterait sans doute pas attention. Et puis John ne devait être témoin de ce genre de scène, il n’avait pas à subir les reproches qu’un inconnu aurait pu soudainement faire à sa mère. Soutenant le regard d’Ivy sans perdre véritablement son sourire, il se décida enfin à répondre à sa question. « Je vais bien. Iain m’a engagé comme jardinier. J’ai une bonne raison pour trainer dehors et rentré couvert de terre maintenant. » C’était plus fort que lui, il ne pouvait pas s’en empêcher. Il fallait que le passé le rattrape et qu’il évoque cette fois où Ivy lui avait fait remarqué que ses chaussures pleines de boue salissaient le sol propre de leur appartement. Il avait sourit jusqu’aux oreilles ce jour-là, soulevant la jolie blonde sans même faire attention à ses protestations pour aller l’allonger sur leur lit avant de lui faire remarquer qu’elle appréciait pourtant de voir son homme dans un état pareil, sa main remontant alors doucement le long de sa cuisse pour venir s’aventurer sous sa robe tandis que ses lèvres s’égaraient dans son cou. Peut-être était-il le seul à s’en souvenir, mais qu’importe après tout, une petite piqure de rappel ne ferait sans doute pas de mal à Ivy, simplement parce qu’on ne pouvait pas oublier une telle chose aussi facilement... Et même si elle avait refait sa vie, toutes ces années appartenaient à Jared, elles leur appartenait. Il était libre de les évoquer de manière détournée et il le faisait sans aucune honte. Et si cela pouvait réussir à faire rougir la jeune femme, c’était encore mieux.

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