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 Retrouvailles ▽ Olivia

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Nicol R. Dunegan

Nicol R. Dunegan

rise out of the ground





› Célébrité : Mads Mikkelsen
› Crédits : mélopée

› Messages : 284
› Arrivée en ville : 30/06/2013

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MessageSujet: Retrouvailles ▽ Olivia   Retrouvailles ▽ Olivia EmptySam 19 Oct 2013 - 12:11









Deux heures après la résurrection ;
Mon errance se poursuit entre le dédale des arbres du pendant que je tente de démêler les nœuds de mon esprit récemment éveillé. Voilà moins de deux heures que je m’étais éveillé au beau milieu du parc de Stoneheaven, en me doutant des raisons qui m’ont amenées à sortir des limbes d’une longue torpeur. Ma rencontre avec ce jeune homme, Nils, jeune infirme que j’ai rencontré une heure plus tôt alors qu’il promenait son chien, a sitôt fait de confirmer ces innommables doutes.

Je suis revenu à la vie…

La magie, ou plutôt la malédiction de la ville a eu raison de mon sort. Plutôt que de ressusciter l’une des nombreuses âmes souhaitant ardemment revenir dans le monde des vivants, il avait fallu que ça soit moi. Moi qui ne voulais pas de cette seconde chance. N’avais-je pas assez souffert ? Ne pouvais-je escompter le repos du guerrier après avoir bataillé trois années durant contre des souffrances psychologiques parfois insoutenables ? Il fallait croire que non. Hanté par un destin capricieux, me voici donc de retour dans ma chère patrie. Vêtu d’un jeans délavé aux pans déchirés et d’un fin sous pull noir, je délaisse la caresse de l’herbe humide pour le bitume poussiéreux. Les grains s’accrochent à la chair durcie de mes pieds nus tandis que je délaisse le parc au profit des quartiers silencieux de la ville. Pas une âme errante outre moi-même. Outre Nils, dont je ne suis pas sûr de croiser la route de sitôt.

Je ne suis rien de moins qu’une âme vagabonde qui souffre en silence. Ma visite au cimetière n’a fait qu’enliser cette indicible douleur. Le nom de ma femme, celui de ma fille et de moi-même gravés sur des tombes alignées. Une famille réunie dans la mort… jusqu’à aujourd’hui. Que puis-je faire maintenant ? Attendre le petit matin pour ne point perturber le sommeil des habitants ? C’est ce que je fais. Aussi dignement qu’un sans-abri, je vais m’abriter sous un pont où le bruissement de l’eau pansera les plaies béantes de mon âme l’espace de quelques heures. Recroquevillé contre la pierre humide, j’attends que le sommeil m’ensevelisse, mais ce dernier ne vient pas. L’engourdissement me prend, mais je demeure éveillé jusqu’à ce que les premières lueurs sonnent le carillon d’un nouvelle journée.  

Il est temps…
Engourdi, je dois puiser dans les ressources qui me restent pour me hisser  sur mes pieds abîmés par une longue marche nocturne. Avant que les habitants les plus matinaux ne sortent de chez eux, je rejoins d’un pas soutenu un quartier d’habitation familier pour m’aventurer dans l’allée d’une maison bien connue. Arrivé devant la porte, je sonne. Une fois seulement. Je sais qu’elle est déjà levée à cette heure. Tout au long de sa vie, elle n’a jamais vraiment beaucoup dormi. Me laissant aller contre le mur adjacent, tête posée contre la pierre, le glissement étouffé de pas me parviennent depuis le hall d’entrée. Le stress commence à grandir en moi. Est-ce une bonne idée ? Devrais-je rebrousser chemin et aller me pendre pour de bon ? Et ainsi éviter de nouvelles douleurs...? Le crissement de la porte ne me laisse pas le temps d’aborder une échappatoire. Mon cœur loupe un battement. Devant la porte, une petite silhouette vêtue comme toujours d’habits élégants se tient d’une stature droite, mais tout de même un peu affaissée avec l’âge. Les rides qui parsèment son visage sont signe d’une jeunesse lointaine. Je déglutis lorsque les deux prunelles d’un bleu incandescent s’écarquillent à ma vue.

« Bonjour maman… »

Murmure rauque, presque inaudible. En moins d’une seconde, je retrouve l’étreinte chaleureuse et apaisante de celle que je chéris par-dessus tout. Les bras autrefois vigoureux de ma mère me serrent dans un élan maternel qui m’étourdit. Je prends moi-même ce corps aminci avec l’âge dans mes bras forts, comme si elle était le seul pilier auquel je pouvais m’accrocher pour ne pas défaillir.  « Nicol…mon tout petit, tu es de retour! » Je sens la douleur dans sa voix.  La douleur, la tristesse, mais aussi un indicible bonheur. Nous restâmes ainsi pendant de longues minutes avant qu’elle ne me prenne la main pour me guider à l’intérieur de la maison où j’ai grandi pendant toute mon enfance. Les souvenirs surgissent en même temps que je vois les décors se superposer. Du hall, elle m’entraîne dans le petit salon demeuré inchangé depuis toutes ces années. Une odeur de camomille nimbe l’air de son arôme amer. Les heures qui suivirent furent parsemées de longues conversations. Parfois de longs silences où nous savourions la caresse brûlante du thé. Puis quand onze heures approcha, elle se décida enfin à téléphoner à Olivia. Ma chère sœur. Je ne pouvais imaginer leur peine de m’avoir perdu une semaine plus tôt. Qu’en serait-il de me retrouver ? L’idée d’un rejet me terrifiait.

« C’est l’heure de ma promenade….prendre l’air…me fera du bien…Olivia ne devrait pas tarder » Sa voix vacillante me pourfendait le cœur, mais le baiser chaud qu’elle déposa sur mon front dissipa cette nervosité suffocante. Lorsque la porte claqua suite à son départ, je choisis d’errer dans la maison en attendant l’arrivée de ma sœur. La matinée m’avait permise de prendre une douche et d’enfiler des vêtements corrects. Perdu dans mes pensées, l’esprit démantelé par les derniers évènements, j’entends finalement le ronronnement d’une voiture s’éteindre devant la maison.  Puis le claquement régulier de talons contre les dalles du trottoir. C’est elle. L’anxiété revient à la charge si bien que je délaisse le hall pour m’aventurer dans le salon où la décoration a sitôt un effet apaisant sur mon âme. La porte claque. Plus aucune échappatoire. Le claquement des talons se rapprochent inexorablement pour finalement dévoiler ma sœur à l’entrée du salon.  Je ne sais même pas ce que ma mère a pu lui dire au téléphone. Lui a-t-elle seulement demandé de venir pour une urgence ou a-t-elle précisé que l’urgence n’était autre que moi ? Voir Olivia en chair et en os suscite une décharge électrique dans tout mon corps. Un sentiment indescriptible. Ce sentiment me prends les tripes. J’ai une soudaine envie de la serrer dans mes bras pour y trouver le réconfort, mais je réprime le geste  en affichant seulement un sourire douloureux. « Hey soeurette... »

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MessageSujet: Re: Retrouvailles ▽ Olivia   Retrouvailles ▽ Olivia EmptySam 19 Oct 2013 - 15:55

Le café était froid. Avec une grimace, Olivia se leva pour le mettre quelques instants au micro-onde. Elle avait du s'endormir une heure ou deux dans la chaise de bureau, du temps perdu. En congé pour cause de deuil récent, la psychiatre essayait d'en profiter pour rédiger quelques articles jugés important. Cela occupait ses nuits et l'empêchait de prendre des cachets. Bien qu'Olivia sache le nom de toutes les épreuves psychologique qu'elle traversait en ce moment, et puisse les détailler de manière précise et chirurgicale, cela ne l'empêchait pas de souffrir. La vie, cette hypocrite.
Désormais, pour la psychiatre, toutes ses nuits se déroulaient devant l'écran d'ordinateur à se remplir l'esprit de jargon médical pour ne penser à rien d'autre.
Dans la journée, elle retournait à la maison familiale pour vérifier qu'Amy ne manquait de rien. Evidemment, à chaque fois sa mère la sermonnait sur sa mine affreuse, mais c'est ce que font toutes les mères, non ?

La cloche de l'appareil retentit. Olivia récupéra le café, rajouta du sucre et bu à s'en brûler la gorge. Une habitude prit dans se années étudiantes, à toujours  courir pour ne pas arriver en retard. Mariée, la psychiatre s'était forcée à petit déjeuner plus lentement, passer un moment à table avec John, mais depuis le divorce les mauvaises habitudes revenaient au galop. Tout faire vite lui donnait l'impression de tout maîtriser. Parce qu'elle se savait fragile psychologiquement depuis quelques jours, Olivia s'autorisait à faire n'importe quoi au moins de ce côté là.
Un patient lui avait laissé un message : si elle n'avait personne en consultation du fait de ses congés, Olivia devait malgré tout rester joignable autant pour ses patients, que les collègues les prenant en charge le temps voulu. Rien de grave ici, juste un homme un peu paumé qui commençait à ressentir pour elle une certaine attirance en la considérant comme le seul événement stable de sa vie. Ils passaient tous par cette phase, plus ou moins, Olivia avait apprit à gérer et l'avait connu elle-même, par son propre psychothérapeute. Pour donner des consultations, il fallait déjà avoir consulté.

Elle rappellerait sûrement ce pauvre monsieur plus tard pour mettre les choses au point sans pour autant le rejeter. Lui parler plutôt que de simplement laisser un message vocal pourrait peut-être lui montrer que bien qu'elle n'accepte aucune relation, elle n'en restait pas moins présente pour lui dans sa thérapie. Il fallait toujours jouer vec finesse, danser sur le fil du rasoir... A la longue, on s'y habituait.

Un peu plus réveillée, elle vérifia que le travail de la nuit sur l'ordinateur était bien sauvegardé. Un article sur le retour à l'animalisation comme but de l'homme moderne et en même temps , peur profonde. Quelque chose dont elle espérait faire un livre un jour, une fois qu'elle aurait collecté assez de données, et surtout de cas pour illustrer. Pour le moment, Olivia travaillait surtout via des témoignages de soldats, dont certains avaient sombré dans la toxicomanie. Elle cherchait néanmoins d'autres profils.... Peut-être envoyer des mails à des collègues ?

La tête ailleurs, elle prit sa douche, s'habilla et se maquilla ainsi qu'elle le faisait comme toujours. La radio allumée transmettait une musique pop complètement anonyme, elle ne parvint cependant pas à cacher le bruit du vibreur. Prenant le temps de terminer son trait au crayon noir avant de décrocher, Olivia salua sa mère de la voix la plus neutre possible. Celle-ci semblait agitée, pas hystérique cependant mais juste.... Bah, au fond d'elle-même, la psychiatre savait pourquoi. Son inconscient le lui disait, le nœud dans ses tripes le confirmait aussi. Amy hésitait : tout dire, juste sous entendre, laisser deviner ? Olivia coupa court à la conversation d'un simple « Je sais ».

Dernièrement, la mère et la fille avaient passé beaucoup de temps à discuter. Pour Amy il était encore dur de parler de Nicol sans que sa voix ne se brise complètement, là elle n'avait pas craqué. Comme si la douleur n'existait plus. La douleur, la mort...

Olivia raccrocha et contempla son reflet dans le miroir. Alors, avec précision, elle se coiffa les cheveux, mit une touche de rouge à lèvres et quitta la salle de bain. Elle pouvait être là bas dans dix minutes environ mais qu'est-ce qui était le plus sage : se dépêcher, attendre un peu ? Peut-être un deuxième café, avoir les idées claires, ne pas se précipiter... Si pour les actions, Olivia se révélait brouillonne et rapide, les choses relevant de l'esprit avaient toujours droit à réflexion. Il s'agissait là de se retrouver face à quelque chose de contre-nature, de biologiquement impossible, soit. Mais ce n'était pas tout : il s'agissait aussi de se retrouver devant un être humain, quelqu'un qu'elle connaissait personnellement et lui était relié par le sang. Il y avait donc plusieurs facteurs à prendre en compte entre son propre ressenti, et celui qu'aurait Nicol...

Bien, maintenant que les différentes options et possibilités se retrouvaient classifiées dans sa tête, Olivia se sentait prête. Un peu plus détendue, Elle attrapa une veste, ses talons qu'elle enfila en équilibre précaire tantôt sur un pied, tantôt sur l'autre, et quitta l'appartement. Le voisin du dessus sortait les poubelles. Il grogna quelque chose d'inaudible dans les escaliers, manquant de la renverser et disparu bien vite avec son nuage de mauvaise humeur. Dehors, la lumière lui agressa les yeux après sa semi nuit blanche. Cachée derrière des lunettes de soleil, Olivia se mit au volant. Il lui fallut peu de temps pour rejoindre la maison familiale, elle resta cependant quelques secondes dans la voiture à l'arrêt, prenant de longues respirations et calmant ses mains tremblantes. Une fois certaine d'avoir retrouvé le contrôle d'elle-même, qu'elle ne craquerait pas, Olivia sortit. Nicol ne l'attendait ni à la porte, ni dans l'entrée et Amy n'était pas là non plus sinon elle se serait déjà jeté sur elle pour lui enlever son manteau et lui proposer ou une tisane.

Après une dernière inspiration, Olivia se rendit au salon. Le sourire de Nicol était ignoble douloureux, et pourtant il le rassura dans toute son horreur. La psychiatre connaissait ce genre de mimiques et les traumatismes que cela pouvait cacher. Elle recevait et parlait à des gens qui avaient le même sourire, tous les jours avant qu'elle ne se mette en congé. Le ton était calme, la voix mesurée, son frère semblait maître de ses moyens et avoir pleinement conscience des événements.
Un bon début...

« Salut, toi... »

Elle lui embrassa les deux joues : Nicol sentait le savon et le shampoing 'Amy, rien ne semblait se deviner de l'odeur de la terre, de la mort ou de l'Après. Elle en profita pour observer rapidement ses pupilles. Aucune n'étant écarquillé, l'homme, même si choqué, possédait toutes ses fonctions et ses moyens.

« Allez viens »

Sans lui laisser le choix, Olivia les mena tous deux sur le canapé où ils s'assirent l'un à côté de l'autre. Elle lui tenait la main fermement, consciente de son propre rôle dans les événements : c'était elle, qui avait fait rapatrier le corps ici.

Sans geste brusque, elle le força à poser la tête contre son épaule, et l'entoura de ses bras. Les contacts humains avaient toujours eu quelque chose d'un peu gauches avec elle, entre le devoir d'objectivité qu'elle se devait d'avoir dans sa profession, et sa vie sentimentale dernièrement inexistante.

«  Tu veux me raconter, manger quelque chose ? Les deux à la fois, peut être... »

Peut-être pas aussi bien que ne le ferait leur mère, Olivia tâchait de bercer avec amour ce grand frère mort et revenu, que désormais elle tenait dans ses bras. Elle savait ce qui allait certainement survenir : pourquoi lui ?
Pourquoi lui alors que sa femme, sa fille, les deux peut-être...auraient pu revenir ? Personne n'avait jamais vraiment trouvé de réponse à cette honte d'être en vie, que cela soit pour le soldat sur le front ou l'homme qui s'éveillait de la tombe. Des choses ne pouvaient pas être expliquées, chaque vie en valait une autre, tout le monde avait droit à une seconde chance... Olivia tenait souvent ce genre de discours à ses patients : ce n'était pas la vie par rapport aux autres -un ami perdu au combat, quelqu'un de tué par un tir de pistolet alors qu'il avait femme et enfants- qui comptait, mais la vie par rapport à soi.
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