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 Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)

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James Bannerman

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MessageSujet: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyMer 22 Jan 2014 - 19:52


La bonté des étrangers
6 janvier 2014


Quand il comprit l’origine de ce silence en lui, James s’évada. La logique et la raison laissèrent place à une panique pure. Celle qui monte du bas du ventre et transforme vos organes en un amas grouillant d’insectes creusant pour sortir. Et dans sa tête il n’y eut plus qu’une pierre lancée à toute vitesse par la main d’un Dieu invisible. Et ricochant sur la surface d’un lac d’actions inconscientes. Il s’était mis à courir. Courir pour se donner l’idée d’arriver plus vite à une solution. Courir comme un chien fuyant sa propre queue.

Un instant il était dans la rue à hurler à l’aide à la nuit et aux rares passants. L’heure d’après il errait dans une ruelle plus inconnue encore. Un nouveau ricochet l’emporta devant un homme lui postillonnant dessus de fureur. Il se trouvait alors dans un quartier résidentiel pas vraiment chic et l’homme le menaçait d’appeler les flics s’il ne déguerpissait pas aussi vite. Il y eut un bond dans son crâne, et l’aube fut là.

Aller voir la police aurait pourtant été la meilleure idée du siècle. Mais alors que le clocher de la vieille ville sonnait 6h, James recroquevillé sur lui-même doutait de la fin de ce raisonnement. Il ne croyait pas vraisemblablement à la perspective de n’être plus qu’un cadavre. Son cœur ne battait plus – il en sentait l’absence sur son cou et à l’intérieur de sa chemise mais aussi, plus profondément, dans la voix de la Teigneuse qui ne l’avait pas lâché. Mais cela signifiait-il sa mort ? Il s’inquiétait, et donc pensait. N’y avait-il pas eu un trou du cul de barbu en toge pour lui dire à l’école que celui qui pense, « est » forcément ?

Il n’avait pas la sensation d’être mort. Juste d’être dans la merde. Il y avait un putain de problème sur son cul, le poids lourd à porter d’un cœur immobile. Mais il pouvait trouver des solutions à ce merdier à défaut de la vérité.

Peut-être que ce n’était qu’une maladie locale. Et où était-il d’abord ?
En Enfer ?

Alors l’Enfer se présentait sous la forme d’une ville d’Ecosse du nom de Stonehaven. Un Enfer remplit de gens bien vivants et méfiants.

Puis il rouvrit les yeux, et il était 9h du matin. Devant lui se tenait un gamin. Le gamin était vêtu d’un anorak épais, d’un bonnet et d’une écharpe multicolore. Ses deux mains supportaient le poids de deux boules de neige conséquente. Sa bouche grande ouverte et ses yeux écarquillés étaient rivés sur lui. Ils allaient et venaient de son visage à son costume de croque mort. Pour revenir à ses yeux verts délavés de sommeil ou de neutralité. James fronça les sourcils.

« Qu’est c’tu m’veux » marmonna-t-il, la langue empâtée.
« Vous en êtes un hein ?! »


On héla son prénom dans son dos (Un genre de Bruce ou de Bryce, allez savoir). Puis trois autres gamins apparurent. Le gosse se tourna vers eux avant que James n’ait répondu (et que pouvait-il répondre à ça ? Il était un quoi parmi qui ?).

« Les mecs ! J’en ai trouvé un putain ! »


James recula d’un pas nerveusement. Le gosse avança de même.

« Vous venez de la forêt ? J’ai entendu la voisine le dire à ma mère  et putain c’était pas des conneries ! Vous avez vu votre gueule ? »

« Tais-toi. »

Apparemment son merdier était un phénomène local.

« Vous êtes un PUTAIN de ZOMBIE ! »
la voix du gosse s’était faite plus excitée. Et un de ses copains marmonna derrière lui que tout ça c’était que des foutues conneries.

James tourna la tête pour évaluer ses chances de fuite. Il y avait bien la ruelle par laquelle il lui semblait être venu mais.

« C’est vrai que vous êtes genre. Vous savez ? »

Non il ne savait pas.

« C’pas un cadavre Bryce. C’est juste un con de péquenaud vêtu comme un Men In Black. Laissons tomber ! »

« Non mais regarde sa TRONCHE Mery ! Ca peut être que l’un d’eux ! »

« Ben même si c’est le cas moi j’veux pas parler à des cadavres. Cassez vous ! » renchérit la seule fille du groupe. Et son ordre fut aussitôt encouragé par le dernier des gamins, jusque là silencieux.

Une boule de neige lui tomba sur le visage. Bryce eut un sourire incertain avant d’éclater de rire tandis que James s’ébrouait.

« Regardez ça, ça lui fait rien de se balader avec rien sur le cul. L’a même pas froid. »

Une autre boule de neige le frappa dans le cou. James sentit la présence lointaine de l’eau glacée qui s’infiltrait sous sa chemise. Distant comme un effleurement.

« Sales petits connards » cracha-t-il en reculant définitivement.

Une boule le frappa dans le dos.

« Cadavre ! »

« Ouais putain de cadavre ! »


Et comme un cri de guerre : « Chopons le ! »

James se remit à courir.

Puis il fut 10h07. Et il se retrouva adossé à un mur. Son esprit s’écartant des limbes comme il marcherait près d’un gouffre réinvestit son corps un peu brutalement. Il fixa ses mains pâles en se demandant à quel moment il avait semé les gosses. Attendit de sentir son souffle précipité et la brulure des muscles sollicités. Mais son corps était calme. Il aurait sans doute pu courir ainsi pendant des heures sans risquer autre chose que de bousiller ses chaussures.

La perspective le fit sourire.

Puis une goutte de sang tomba sur ses mains.

Épaisse et gluante comme une pièce de 2£, elle était d’un rouge si profond qu’il en paraissait noir. James cligna des yeux machinalement. Approcha la paume de sa main sous son nez. Puis glissa ses doigts sur son crâne.

Il sentit la plaie, profonde. Et le sang épais qui s’en échappait comme un résidu liquide de graisse. C’était collant,  et empâté. Le froid autour commençait à le figer sur son crâne, ralentissant encore plus sa chute. Et sous ses doigts il y eut l’os de son crâne.

Comment s’était-il fait ça ?

Son esprit chercha le ricochet. Ne trouva pas la réponse.

Les insectes dans son ventre s’envolèrent.

Son dos racla le mur en s’affaissant. Il entoura ses genoux de ses bras.

Et ironiquement, souhaita être mort.




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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptySam 25 Jan 2014 - 18:59


au premier jour, il y eut le néant


(alpines) ▽ Lights all around, in the morning, and the ghosts make no sound, they're warning.
Son regard, aiguisé, suit les traces infimes dans la neige. Ses pas lents. Le blanc craque, immaculé, sous ses bottes. Serrer les dents. En alerte. En chasse. Le coeur battant. Il s'accroupit lentement. Les sens en éveil. Devant lui, la bête. À quelques dizaines de mètres. Le daim. Il fouille la neige, de son museau fin. Ses pattes graciles le portent doucement, petits pas. Et lui, lui derrière la lunette visée, a le doigt sur la gâchette. Face au vent, la bête ne le sent pas. Ne le sentira pas. Son index ganté flirte avec le métal. Une pression. Rien qu'une pression. Il retient sa respiration. Pulsations lancinantes. Un long frisson. Lentement, mouvement empli de grâce, le daim tourne la tête. Dans sa direction. Ses yeux en amandes. Son regard bleuté. Les deux s'entrechoquent. Il relâche lentement la menace. Alors que son oeil se dégage de la visée. Qu'il se redresse légèrement. Son regard vrillé sur le mammifère. Par réflexe, habitude, il a déjà remis la sécurité sur son arme. Il le dévisage. Ils se dévisagent. Deux étrangers en face à face. Battre des paupières. L'instant s'étire. Et finit par se briser. Milles éclats disparus dans la neige. Phoenix soupire, détournant le regard. La bête s'est volatilisée, en quelques foulées élégantes. Et il se relève, chargeant de nouveau son arme sur son dos. Abattu, tout-à-coup. Abattu comme s'il avait été fauché par sa propre balle jamais tirée. Ses pieds se traînent. Jusqu'à l'orée du bois. Il frissonne, dans son sweat, sous sa veste épaisse. Rejoindre son pick-up. Il marmonne. Contre lui-même. Incapable de tirer. Incapable de l'abattre. Il y a eu plus fort. Plus fort que lui. Ce quelque chose lui disant qu'il n'avait pas le droit. Qu'il était trop beau. Il pose son fusil de chasse sur la place passagère. Il grimpe dans son véhicule. Et démarre sans un mot. En même temps, avec qui communiquer ? Il est encore tôt. Il est parti à sept heures du matin. Trois heures pour revenir bredouille. L'auto-radio grésille. Des annonces, des infos, des chansons hachées par la mauvaise réception. Il l'éteint sans cérémonie. La ville. Il rentre de nouveau dans cet espace rongé sur les champs. Encore calme, endormie par le froid, en ce matin glacé. Son regard glisse d'une alerte à une autre, d'un point à un autre. Réflexe incontrôlé d'épier les détails insignifiants. Il y a des choses dont il ne se défait pas. Il déambule un peu, dans les rues, sur les avenues. Cartographie de l'état de ces lieux. Il connaît bien trop Stonehaven. Et pourtant, il s'en sent parfois étranger. Les délices d'avoir grandi en tant qu'un dans une agglomération, et d'y être revenu en tant qu'autre. Il roule pour rejoindre la boutique. En passant par les quartiers plus animés. Il connaît quelque raccourci pour lui éviter les carrefours aux attentes éternelles. Il roule au pas, malgré les chaînes à ses roues. Les enfants sur les trottoirs, les marmots joueurs, ces gamins ; Ils ont envahi les rues. Il soupire. Acheter quelques denrées, cela lui revient en tête. Et aussitôt qu'il aperçoit une place se gare-t-il. Ranger un peu plus précautionneusement son arme. Et il enroule une écharpe autour de son cou et met pied à terre. La neige ici n'a pas la même couleur éternelle. Des allures de souillure pour la plus ancienne. Le blanc a déjà l'air plus cassé pour la fraîche. Et puis des bruits. Des piaillements d'enfants. Mais des injures. Une verve étrange. Alors qu'il arrive à l’embouchure d'une rue en perpendiculaire. Tourner la tête, tendre l'oreille. Quelque chose lui semble étrange. Alors qu'il s'engage dans cette direction, les enfants semblent se disputer. Un petit groupe, quelques garçons et une seule fille. Phoenix fronce légèrement des sourcils en les dépassant. Avancer encore. Il prend les rues presque au hasard. Son but premier, celui de remplir son frigo et ses placards, lui a déjà échappé. Un mec bizarre. J'te dis, j'crois que c'en était un. Leurs mots aiguës résonnent encore dans son crâne. Il soupire. La buée se fige doucement, myriade de gouttelettes, à chacune de ses respirations. Il passe devant un clochard comme un autre, pensif. S'arrête quelques mètres plus loin. Battre des paupières. Se retourner lentement. Son coeur se serre, manque de rater un battement. Un gamin. Ce n'est pas un de ces simples errants pour lesquels son muscle cardiaque se serre à coup sûr, d'autant plus l'hiver venant. C'n'est qu'un gamin. Teint pâle, l'air frigorifiant. Et le rouge à sa tempe. S'avancer, avec lenteur et précaution. « ... Hey. » Le ton bas, le ton doux. Un simple mot, simple son. Le regard légèrement inquiet. Il renifle. Se tasse un peu plus dans ses épaisseurs, mais fait encore un petit pas. Il n'a l'air que d'un gosse. Un peu étrange. Mais rien qu'un gosse.
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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyDim 26 Jan 2014 - 11:28


La bonté des étrangers
6 janvier 2014


S’apitoyer sur son sort n’était pas dans la personnalité de James. Mais la situation était à ce point intolérable qu’il se permit quelques secondes d’arrêt d’orgueil. Il n’avait aucun moyen de trouver son chemin ici. Cette ville en labyrinthe allait finir le rendre dingue. Il avait une gueule de travers et des ennuis sur les bras. Rajouté à cela une blessure nouvelle dont il ne sentait aucune souffrance autre qu’un tiraillement distant. Il n’avait dans ses poches que de la terre. Sur le cul qu’un costume de merde et un blouson en cuir. Que d’autres solutions que de compter sur les réponses des gens. Et tout ce qu’il se prenait dans la gueule c’était des pierres.


(Non. Il ne s’était pas pris une pierre. Il avait glissé sur une plaque de verglas et s’était cassé la gueule à l’angle de cette ruelle justement)


James releva la tête entre ses bras. Surprit et éberlué par la conscience soudaine de ce souvenir. Ce n’était pas grand-chose dans son état mais il prenait soudain conscience de ce que ça ferait pour un clodo de voir un type lui tendre un billet de 100£. Il avait une petite corde, fine et courte qui le ramenait à un point obscur de son esprit. Ce qui signifiait qu’il y en avait peut-être d’autres qui allaient pouvoir lui expliquer les raisons de sa présence ici. Et peut-être le ramener à un passé qui ne serait pas formé uniquement que de ses noms et prénoms.


(Henry. C’est James Henry Bannerman. Mais j’ai jamais aimé ce deuxième prénom parce que)


Et le reste se perdit dans un brouillard.

James gronda sa frustration. Plaqua ses poings de part et d’autres de ses tempes. Appuya comme si les souvenirs étaient un tube de ketchup presque vide qu’il fallait presser de toutes ses forces. Ne récolta qu’un blanc brumeux et des étoiles devant les yeux. Rien.

La neige continuait de tomber sur la ville. Recouvrant ses épaules et son crâne d’une nappe glacée. James tourna la tête pour s’ébrouer. Essuya la larme de sang gluante qui glissait sur sa tempe. L’étalant sur sa peau comme une tâche d’encre. Et ferma les yeux.

Il devait trouver une solution. N’importe laquelle, même une stupide.

Peut-être juste trouver son chemin hors de cette ville et rejoindre ce qu’il connaissait. Mais justement : il ne connaissait rien ! Rien qui lui laissait une impression familière alors quitte à se perdre autant le faire ici qu’il savait le nom de cette bourgade pourrie d’Ecosse.

« ... Hey. »


Ses yeux se rouvrirent aussitôt.

Conforté à ses pensées comme on combattrait un lion, il n’avait même pas entendu le type approcher.

Il n’était là que depuis 24h mais les réactions du quidam moyen avaient forgé sa paranoïa. Ce qui expliqua sa réaction face à ce type barbu et coincé dans sa parka. Il avait peut-être l’air sympathique et attentif, mais James ne voulait pas lui laisser la chance de lui balancer un gnon sous prétexte qu’il ressemblait à dieu seul savait quoi.

Il se redressa vivement. Recula d’un pas en s’éloignant du mur. Et releva le menton pour parer à toute attaque verbale. Le type devait faire au moins 10 centimètres de plus que lui et sa parka ne dissimulait pas le fait qu’il avait bien plus costaud qu’une brindille de 19 ans. Lâche, James l’était demeuré dans cette non-vie. Mais la ruelle se terminait en cul de sac et ce con bouchait la sortie. Alors quitte à montrer les poings…

« Quoi ? » aboya-t-il sèchement. Il était parfaitement conscient du rendu visuel qu’il devait donner. Un gamin paumé et blessé montrant les dents à tout hasard mais pas décidé pour un sou à attaquer. Histoire de pas dégrader ses affaires quoi.



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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyDim 26 Jan 2014 - 17:04


au premier jour, il y eut le néant


(alpines) ▽ Lights all around, in the morning, and the ghosts make no sound, they're warning.
Le gel lacère le peu de peau qu'il offre au vent. Onde glacée se répandant dans ses os. Glissant sur son épiderme. Et l'impossibilité. D'imaginer passer son chemin. Parce qu'il fait bien trop froid. Que sous les ponts des errants se font cueillir par la nuit givrée. Qu'en dépassant cette silhouette pâle, une alarme a résonné dans son crâne. Un jour, tout cela lui jouera des tours. À trop vouloir apaiser les peines des autres. Il y a bien déjà eu ce chat. Y repenser. Rien que ce flash. Instantané. Qui le secoue d'un éclair interne. Les griffes raclant sa peau. S'accrochant à ses mains. Battant l'eau. Les râles. Les bulles. Il se débat. Et lui ne lâche pas. Sa poigne tenant enfoncée la petite tête sous la surface de l'onde. Les larmes naissent sur ses joues. Coulent en résonance. En écho avec les échos des derniers souffles d'une vie. L'eau qui s'infiltre avec force dans ces poumons quémandant l'air. Et le bain est devenu rosâtre. Du sang de ses poings. Ses avant-bras profondément entaillés, dans la dernière marche du désespoir du félin conduit à l'échafaud. Mais il l'avait fait pour son bien. Pour son bien. Parce qu'il n'arrivait quasiment plus à manger. Qu'il se laissait dépérir. Il crispe des paupières. Une fraction de seconde. Le temps de chasser l'image. De renvoyer le souvenir. Même si ses avant-bras le picotent encore quelques instants, après l'évanouissement de la mémoire. Tendre la main. Geste de la parole. Et geste tout bonnement, qu'il commence à esquisser lentement quand le jeune rouvre les paupières. Et le choc. Un instant, Phoenix ne saisit pas. Et il range machinalement sa main dans sa poche. Alors que la lumière au creux de ses iris s'attriste. Blessé. De la réaction du jeune homme. Et de son état indescriptible. En arrière, fin fond de son crâne, les paroles des enfants passent en boucle, comme un disque rayé. Tenter de ne pas y songer. Même si son rythme cardiaque s'est sensiblement accéléré. Il reprend une large inspiration, et laisse ce gamin monter sur ses grands chevaux. La garde bien haut. Et pour conclure, ce simple mot, question raccourcie au plus nécessaire, agressive. Et pourtant. Il y a quelque chose de ridicule. Dans cette position de défense. Un chien aboyant et hurlant, mais qui ne se décide pas à attaquer et mordre. Earnshaw se tait. Laisse le silence passer. Une seconde, deux secondes, trois secondes. Son regard céruléen vissé à cet anonyme au bord du gouffre. « Hé, j'te veux pas de mal. » Voix douce. Posée. Le regard apaisant. Fou comme il arrivait à faire passer aux autres les choses qu'il était obligé de quémander. Sortir. Lentement. Sa main de sa poche. Même si pour l'instant elle reste quelque peu ballante, le long de son corps. « ... Est-ce que... ça va ? » Et voilà le propre de la situation. Il lui répond oui. Et Phoenix ne fera que demander une confirmation, et se verra bien obligé, malgré ses cris intérieurs, à l'abandonner sur ce trottoir. Il lui répond non. Et là c'est une toute autre histoire. Sa respiration lente mais soutenue fait flotter aux orées de sa bouche des nuages éphémères. Il se mordille inconsciemment l'intérieur de sa lèvre inférieure. Déglutit. Ses yeux le détaillent. De long en large. Il ressemble aux légendes. À ces histoires. Qu'on l'empêchait d'écouter, petit. Ces ragots. Ces contes urbains. Il n'en avait jamais eu la confirmation visuelle en face à face. Sa nature cartésienne et pragmatique lui dit de ne pas rêver. Il a déjà de ses propres monstres, dans sa tête. Pas la peine de les calquer sur les passants.
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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyDim 26 Jan 2014 - 17:20


La bonté des étrangers
6 janvier 2014



Il ne cherche pas vraiment à faire fuir l’homme. Même si attitude et ses pensées convergent sur le même point. Il veut se sortir de cette situation. Et extérioriser par le même coup une angoisse qui le ronge. James abaisse légèrement les poings alors que le regard de l’homme cille et tente de le rassurer. Et dans ce geste il y a comme une excuse, parce qu’il n’est pas la véritable cible. Il s’essaye juste à reprendre un contrôle qui lui échappe. A se défendre de quelque chose qui d’un coup devient matériel, et extérieur à lui. Il ne veut pas faire peur à cet espèce d’ours au visage mangé par la barbe. Il n’a pas envie de titiller ses réactions pour déclencher une action née de la peur. James attend simplement à ce que l’autre s’éloigne en bougonnant. Ce qu’il ne fait pas.

A sa question, l’autre attend sans doute lui aussi une réponse simple. La déception va être partagée.

« Si je vais bien ? »

Sa voix, incrédule, vacille sous un rire un peu hystérique. C’est la question la plus con qu’on lui ait posé depuis ces dernières 12h. Mais enfin, c’est une tentative comme une autre de s’enquérir de son état. De s’inquiéter sans doute. Ce con aurait pu faire comme les autres et l’ignorer. Non, il signe et persiste dans son attention. Les yeux ne cillant pas de sa cible blafarde. James rentre la tête dans les épaules comme pour affronter un vent fort. Et enfonce brutalement ses poings dans les poches de son blouson en cuir.

« Est-ce que j’ai une gueule à aller bien sérieux ? Est-ce que tu m’as regardé ? T’as vu le spectacle ? T’es rassuré ? »

Puis plus brutalement encore.

« Qu’est-ce que ça peut te foutre que j’aille bien ou pas hein ? Ca va changer quoi ? »

Le sang a gelé au bord de la plaie. Des cristaux écarlates s’accrochent à ses sourcils et aux cils de son œil droit. Son regard est furieux et à la fois désespéré. Dans sa perte il se raccroche à la seule chose qu’il croit connaitre : l’orgueil.

« J’vais pas bien mais j’ai rien à carrer de l’aide des gens moi, j’ai besoin de personne ok ? »

Besoin ni de cet inconnu, ni des autres. Parce qu’ainsi il ne porte pas cas de ses blessures internes à avoir été ignoré ou repoussé. Ou même pourchassé.

Par ces mêmes gosses dont on entend soudain les cris à l’autre bout de la rue. Peut-être qu’ils le cherchent encore ou peut-être sont-ils passés à autre chose. Mais ils sont là, et la tête de James se tourne un peu trop vivement dans leur direction. Encore invisible, il fixe le mur comme s’il devinait les silhouettes. Et n’a pas le temps d’avoir honte de sa peur à être retrouvé par ces morveux d’une douzaine d’années.

Il va se sauver tout seul en commençant par maintenant. Dès que le bouseux de cette ville de merde se sera écarté de l’entrée de la ruelle.

« Allez casse toi Teddy Bear. Rentre chez toi. » Veinard.



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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptySam 1 Fév 2014 - 9:16


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Retour de bâton. À quoi d'autre s'attendre ? Puisqu'on s'écrie que tout va bien quand tout va mal. L'agressivité suinte. Dégouline. Agressivité et colère. Désespoir et emportement. Il y a le sang qui colle et le sang qui gèle. Ses yeux inévitablement attirés par ces signes douloureux. Et son crâne renferme des images séparées. Comme si son esprit ne fonctionnait plus qu'en binaire. Un hémisphère soulignant à chaque seconde chacun des détails un peu plus frappant. L'autre, l'autre, toujours aussi obstiné. À lui sauver la peau. Aussi naïf et stupide cela soit-il. Les mâchoires se serrent. Les colères grondent. Le renard assombri. La tempête des mots emplis de hargne le frappe. Bien au coeur. Mais bon. Que peut-il y faire alors ? Il reste un mince silence. Et Phoenix qui barre la route. Phoenix, bienheureux s'étant posé là où il fallait. Bien en vu. Bloquant parfaitement la sortie. Il y a ce creux, contraction musculaire, qui s'est creusé juste au coin de sa joue. À la jointure de ses mandibules. Casse-toi, Teddy Bear. Il n'a qu'une seule impression. Celle de faire face à une pauvre bête méritant d'être rabrouée. Un chat qu'on attraperait par la peau du cou. Une respiration. Un battement de cils. Il a tenté d'être sympathique. Tenté d'être diplomate. Agréable. De prendre des pincettes. En vain. Mais il y a ces gamins. Il y a leur rumeur qui se soulève, plus loin. Et au fond, bien au fond, Phoenix a cet étrange sensation. Celle de faire face à une situation typique. Du front. Un marmonnement ressemblant plutôt à un vague grognement. S'échappe d'entre ses lèvres. Du creux de sa gorge. Tu sais ce qu'on fait des soldats récalcitrants ? On s'en fout. On les attrape par la peau du cou, eux aussi. Et on les traîne. Tant pis si ils miaulent. Tant pis si ils griffent. On abandonne personne. Déglutir. Un soupir. Un de ces regards sans mots. Impossibles à déchiffrer. Du genre à transporter le mépris comme la peine. Sans doute ça. C'est sans doute ça. Certes. Certes, il devrait n'avoir rien à faire du demeurant d'un inconnu. Qui plus est des plus singuliers. Mais il est montagne à côté de lui. Tout autant se sent-il frêle face à ce monde. Tout autant se sent-il faible face à Maddox. Il ne s'agit là d'aucun des deux. Ses doigts s'enroulent autour du col de ce gamin. Puisque ce n'est que cela. Un gamin. Un enfant. Un simple gosse. La prise serrée sur les pans de sa veste. De ses vêtements à l'abandon. Un instant, son regard se vrille dans le sien. Et entre les mâchoires serrées, les mots se glissent. « Tu mériterais une bonne claque. » L'air résigné. La claque sera en dernier recours. Ou avant-dernier. Mais loin derrière, loin derrière la tête de liste. Son regard, vif, se repose sur l'autre bout de la rue. Sur les piaillements. Et il ne sait ce que tout cela augure. Il semble marmonner de nouveau. Et sans ménagement. Il se met à marcher. En sens contraire. En embarquant l'autre gosse. « Je sais pas ce qu'ils te veulent, mais vu ta gueule, tu ferais mieux de plus traîner dans la rue. » La délicatesse incarnée. L'agacement a finalement chassé les bons mots et les bonnes manières. Il sait peut-être, quelque part dans le marécage de sa tête, qu'il doit actuellement passer pour un taré. Un déséquilibré. L'homme le moins rassurant qu'il soit. À embarquer avec lui un pâlot qui doit à peine sortir de l'adolescence. Mais à quoi bon ? Il fait bel et bien la gueule, maintenant. Sans d'autres mots pour le décrire. Le visage fermé. Détermination doucement dépeinte dans la sclérotique de ses yeux. Et si l'autre tente de se débattre, tant pis pour lui. ► CAPTAIN CORNFLAKES
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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyLun 3 Fév 2014 - 11:27


La bonté des étrangers
6 janvier 2014



Dans sa mémoire trouée un éclair de lucidité passe soudain. Comme un éclair. Il sent la tension qui habite l’homme. Il ouvre ses yeux pour contempler dans son entier cette rage qui l’anime. Et il sent le mouvement venir avant même que sa main n’ait agrippé le col de sa main. C’est une prescience instinctive, ou alors un réflexe, une habitude. Il quitte son air bravache et défiant pour arborer le visage d’un enfant. Il n’a plus 19 ans. Il n’est plus ce garçon devenu homme par la force des choses. Ce petit trou du cul trop conscient de la vie qui se permet de lui cracher à la gueule. Il est un minot éberlué face à une colère qui ne comprend pas.

Quand le poing attrape le col de sa chemise de cadavre James a déjà levé les bras. En signe de protection. A demi replié sur lui-même il rentre la tête dans les épaules. Se penche en avant pour protéger ses côtes. Et se protéger de la rafale de coups qui va pleuvoir. Que voit-il à travers le visage de l’inconnu ? Pas juste un homme en colère. Plus un souvenir qui tressaute vivement. Et replonge dans les limbes.

Et sa voix veut piailler « pardon pardon ! ». Des excuses sans fond mais c’est forcément sa faute. Pour s’être retrouvé dans cette situation il est coupable de tout. De tout les maux du monde. Les coups vont pleuvoir sur lui comme de la grêle. Et tout cela sera justifié parce qu’il a eut le malheur d’énerver L’AUTRE. Tout le monde sait pourtant qu’il vaut mieux se faire petit.

Petit jusqu’à se glisser sous les meubles. Petit en chouinant sans bruit quand il a mal. Et s’empêcher de vomir par terre sous la frayeur ou de pisser dans son froc. Dans la maison du PATRON ça marche droit ici. On vomit pas par terre et on pisse pas dans son pantalon à moins de se faire balancer par la fenêtre


(C’est ce qu’elle a eut ELLE et elle a eut du bol parce qu’elle est pas tombée EN BAS
mais il a fallu la conduire à l’hôpital et marmonner des excuses sous le regard des médecins et le PATRON au visage fermé attendait qu’on la répare et qu’on la renvoie chez elle
ou plutôt chez lui car l’appartement n’est pas à elle comme la carte bancaire ou la bagnole ou comme sa vie, tout est au PATRON)

James sursaute. Se braque. Attrape le poignet. Et la menace tranquille ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.

Il gronde. S’arque-boute. Refuse de se laisser trainer (de se laisser vaincre par ce souvenir de lui qui n’a aucun sens – QUI EST IL ?).

« Essaye de me cogner espèce de connard et je t’arrache les couilles t’entends ?! »

Ca n’a aucun effet sur l’autre. Sa force est sûre. Comme sa prise. Il l’entraine déjà loin de cette ruelle qui fut son refuge sommairement. Le sang a arrêté de couler à la tempe de James. Il se glace en cristaux et rend l’aspect de cette plaie plus cauchemardesque encore. Ils croisent quelques passants qui leur jettent des regards effarés. Mais James se refuse d’appeler à l’aide. Apparemment l’autre a décidé que l’aide à lui apporter était sienne. Et puis, dans cette ville, appeler au secours « vu sa gueule » ne serait pas une bonne idée.

Ca ne signifie qu’il compte se laisser faire par cet espèce de trou de balle.

« Mais lâche moi merde ! »

Un cri retentit derrière lui. Les gamins ont pris le tournant en haut de la rue, continuant à le chercher. L’un d’eux, celui qui lui a demandé « s’il en était un » le repère aussitôt. Et pointe son doigt pâle sur lui.

« Il est là ! MONSIEUR ! »
Ce n’est même pas à James qu’il s’adresse, mais à l’inconnu. Les gamins forcent le pas en évitant de courir. C’est plus prudent vu la neige qui dissimule encore les plaques de verglas au sol.

« HEY M'SIEUR ATTENDEZ ! »

James ne sait pas ce que les mioches lui veulent encore. Mais ça ne risque pas d’être bon pour lui. De toute façon ils attirent trop l’attention.




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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyJeu 6 Fév 2014 - 9:57


au premier jour, il y eut le néant


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Une pauvre bête. Une pauvre bête qui a peur des coups et des représailles. Une pauvre bête qui glapit et qui chouine, quand la main se lève et lui fait de l'ombre. Et Phoenix serre les dents. Serre les dents pour ne pas lui faire du mal. Se faire du mal. Les sentiments qui se mélangent. Il les mérite. Ces baffes. Ces claques. Il ne lèvera pas la main sur ce gamin. Même si il mérite une correction. Il fait ça pour son bien. Pour son bien, pour l'aider, lui sauver la peau, le tirer d'affaire. Mais ce n'est pas la notion la plus simple à intégrer. Surtout dans une telle situation. Surtout quand c'est un tel ours qui vous attrape par le col. Surtout quand c'est une telle carrure qui vous intime d'arrêter de faire le malin. Et pourtant. T'étais comment, toi, quand t'étais gamin ? Un brin arrogant. Un brin de trop. Déjà un ours dans l'âme, mais ça faisait ton charme. T'avais dix-neuf ans. C'est pas vieux, dix-neuf ans. Il doit avoir à peu près cet âge, ce truc qui gesticule et t'insulte et pourtant voudrait éviter tes possibles coups. Dix-neuf ans. C'est largement assez vieux pour faire une bonne grosse connerie. Une bombe à retardement, n'est-ce pas ? Dix-neuf ans, un papelard que tu signes, des cheveux que tu coupes, un uniforme que t'enfiles. Et une famille que tu quittes. Une ville. Des amis. Et ils ne comprennent pas. Ne veulent pas comprendre. Et Thaïs te maudit. Et Thaïs t'insulte. Mais c'est ce que tu veux faire. Tout ce que tu veux faire. Il déglutit. Lenteur. Sûreté. Les phalanges solides. La prise acharnée. Le regard droit. Oui. Il passe pour un détraqué. Peut-être même un pervers. Manquerait plus que ça. Qu'il passe pour un pervers embarquant une victime innocente. À son expression, son esprit rejette l'idée. Manquerait vraiment plus que ça. Et il se tait donc. Rien ne sert de gâcher de la salive et du temps. À expliquer à ce pauvre enfant qu'il est en train de l'aider. Vu comment il semble obstiné. C'est peine perdue. Ou peut-être pas. Des piaillements. Le retour. Le retour du murmure innocemment effrayant. Et les voix et les gamins. On le hèle. Un vague regard par-dessus son épaule. À peine une fraction de seconde. Le temps de lâcher à mi-voix une bordée d'injures. De laisser ses yeux bleus se reposer sur son poids mort. « Qu'est-ce que tu leur as fait, à ces gamins, pour qu'ils t'en veuillent autant ? » Un vague marmonnement. Il y aurait presque un sourire ironique pour venir se glisser sur ses lèvres. Les pas crissent dans la neige sale. Et ça craque sous ses pieds et ça glisse légèrement. Et il se bénit, intérieurement. De ne pas avoir quitté ses chaussures de randonnée en montant dans son pick-up. On a toujours le pas plus assuré dans ce genre de cas. Soupir. Le véhicule est juste là. Quelques mètres. Avec la boue et la souille qui va avec, éclaboussée sur les pare-chocs et les côtés. Dans sa poche, il saisit la clé et déverrouille déjà les portes. Ces gamins pourraient lui faire peur. Ou pas. En réalité le sentiment est mitigé. C'est cruel, un enfant. « Monte. » Un instant de battement. Une seconde. Et il soupire. Tentant de retrouver un semblant un peu plus agréable. Pas gagné. Tout ça l'a fortement agacé. « J'vais pas t'frapper, hein. Eux, je sais pas. » Un haussement d'épaules. Un mouvement de tête pour désigner ces marmots qui avancent avec précaution vers eux. L'avantage indéniable des temps neigeux et du froid glacial. Il a ouvert la portière, côté passager. Et il la tient. Bien libre. Une invitation à monter. Mais plus qu'une invitation, on devrait dire qu'il en somme cet errant au teint blanc. ► CAPTAIN CORNFLAKES
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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyJeu 6 Fév 2014 - 18:59


La bonté des étrangers
6 janvier 2014



La panique le submerge à un tel point que sur le moment, James entend et comprend à peine la question de l’autre type. Il ne cherche même plus à se débattre. Tourne juste la tête pour essayer de repérer les gosses – beaucoup trop proches. Et s’il n’a pas peur de ce qu’ils pourraient lui faire – même si fracasser la tronche de mioches dans ce genre ne lui semble ni un bon plan, ni une chose correcte à faire faut pas déconner – James ne donne pas cher de sa peau si ces petits cons s’amusent à brailler la vérité sur son état dans une rue un peu plus bondée que les précédentes.

C’est un grommellement un peu figé qu’il offre à l’ours en posant une main glacée sur la poigne qui enserre son col. Il ne lui coupe pas le souffle – même s’il le pourrait. C’est juste que les regards sur eux sont trop méfiants et qu’à tout moment le quidam moyen pourrait réagir en appelant les flics. Quitte à créer un bordel, autant que ça ne se complique pas avec les forces de l’ordre de cette putain de ville.

« Je leur ai rien fais putain. Ils se sont excités sur moi tout à l’heure et m’cherchent. Et j’aimerais mieux pas qu’ils me trouve tu vois. Alors si tu peux me lâcher que je puisse juste me tirer… »

Mais ce n’est pas dans les plans de son superman de pacotille. Bien au contraire. D’un geste décidé il l’emmène vers une camionnette qui a vu des jours meilleurs. Le regard effaré du garçon se pose sur le véhicule, dans un piteux état, puis sur l’homme. Essaye de faire le lien, de connaitre la vérité qui se cache dans son acte là. Allez quoi, il déconne ou –

« Monte. »


James cligne des yeux. Amorce un geste négatif.

« MON-SIEUR ! »
le cri se détache avec plus de force. Ils doivent être à quinze mètres à peine d’eux. La fille glisse et l’un de ses copains la rattrape de justesse. Les plaques de verglas au sol ralentissent leur rythme. Et James sent les semelles lisses de ses chaussures de ville patiner un instant tandis que le type le relâche, et lui fait reprendre le contrôle de sa démarche par la même occasion.

« J'vais pas t'frapper, hein. Eux, je sais pas. »

« J’ai pas peur d’eux j’te dis ! Ils peuvent rien me faire »

Mais c’est un mensonge. Un homme au pas d’une boutique sort presque aussitôt son portable. C’est peut-être rien, peut-être juste le hasard. Mais la paranoïa dans la tête de James s’agite comme un rat affamé. Creuse des tunnels entre les choses et les relient. Il a un dernier regard sur le visage du mioche le plus proche – et c’est un mélange d’excitation, de rage et de crainte tout à la fois qu’il lit dans les yeux de l’enfant.

La portière est ouverte. Il ne perd plus de temps à discuter. Se jette presque dedans. Et a le culot de bramer d’une voix ferme.

« Putain mais t’attends quoi ? Monte et tirons nous de là ! » à croire que c’est une meute féroce qui le poursuit et pas trois chialeurs encore au collège.

« NON MAIS M’SIEUR ! M’SIEUR C’EST L’UN D’EUX ! »

James enfonce la tête entre les épaules en verrouillant d’un geste vif la portière. Le pick-up se met en branle. Le rugissement du moteur ne couvre pas assez la voix du garçon quand il hurle une dernière fois.

« C’EST UN CADAVRE M’SIEUR J’VOUS JURE ! ATTENDEZ ! »

La distance par contre, la distance étouffe tout.

James se cale contre la portière (un geste qui lui deviendra habituel maintenant, dans n’importe quel véhicule, comme s’il n’attendait à chaque fois qu’un prétexte pour en bondir). Il ferme les yeux pour ne pas regarder le conducteur. Pour ne pas avoir à répondre de ce que le mioche a balancé. De toute façon il comprend rien.

Il comprend le silence en lui.
Et pourtant. Il comprend rien.





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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptySam 8 Fév 2014 - 9:44


au premier jour, il y eut le néant


(alpines) ▽ Lights all around, in the morning, and the ghosts make no sound, they're warning.
La fièvre. La fièvre des gestes empressés. De la panique non-avouée. La fièvre. Qui serre le coeur. Qui vivifie les corps. Énerve les mouvements. À repenser un peu à tout ça. À écouter d'une oreille. Un pied dans l'avant. Un pied dans l'après. Frisson. Frisson incontrôlable. Et pourtant impalpable. Frisson qui se répercute sur les échos de sa peau. Quand tout semble menace. Ses yeux accrochent les secondes. L'enfant qui glisse. L'homme qui sort son téléphone. Menace constante. Cela faisait longtemps. Longtemps que le monde extérieur ne lui avait pas fait cet effet. Longtemps que la vie réelle ne l'avait pas fait suffoquer. À se fondre dans les souvenirs. À se mêler aux cauchemars. La vie de tous les jours. Qui revient aux aubes d'avant. À la peur galvanisant ses os. À la fièvre pompant son coeur. Et à la rage glissant dans ses artères. De pulsation en pulsation. Un battement de coeur. Un autre. Des mots qui suintent. Cotonneux. Pas besoin de lui rappeler la menace. Pas besoin de lui gueuler dessus. Il n'y a eu qu'un instant de battement. Un instant de latence. Quelques fractions de seconde entre deux eaux. À se laisser porter par les courants. Pour mieux se remettre à nager. Nager avec violence. Pour retrouver la sortie. pour retrouver l'air libre. La frontière entre l'onde et l'atmosphère. Pester. Une bordée d'injures, encore. Série d'insultes. À mi-voix. Dans sa barbe. Et pourtant avec violence. Comme il ignore ces enfants. Comme il grimpe lui aussi dans le pick-up. La portière qui claque. Les phalanges qui tremblent. Sous la pression des instants à rattraper. Boucler sa ceinture, en vitesse. Et le moteur démarre. L'engin ronronne. Les vitres sont bouclées. Et il est en train de sortir de sa place, aussi vite qu'il le puisse. Et les pneus crissent sur la neige et le grognement de la machine se réveille. Mais il laisse encore passer les voix. C'est un cadavre, monsieur. Ses iris fixés sur l'asphalte et la route. Les phalanges blanchies, à se serrer sur le volant. Retenir sa respiration. Ou presque. Les mots résonnent. Les gamins sont derrière. Mais la distance fait écho. C'est un cadavre. Et il se dit qu'il doit cauchemarder. Non. Ce n'est pas possible. Un cadavre. Ce n'est pas possible. Pas possible. Tu sais bien ce qu'on dit. Ce qu'on racontait. Des histoires à mi-voix. Des légendes. Pour faire peur aux gamins. Des cadavres. Et puis quoi encore. Mais putain, ça expliquerait un paquet de trucs. Mais non. Non. Ce n'est pas un cadavre. Ce n'est pas un cadavre. Merde. Silence. Mutique. Après quelques rues, de longues secondes de vide. Phoenix finit par jeter un coup d'oeil à ce gamin. Et instinctivement, ses yeux glissent jusqu'à ses pieds. Là où, sous une couverture qui dans l'action s'est légèrement déplacée, se trouve son arme. Il déglutit avec lenteur. Détendre ses doigts, un instant. Un soupir. Un frisson. Il se mord l'intérieur de la lèvre inférieure. Plus si certain d'être en totale sécurité, là dans son habitacle habituel. Pas un mot. Il ne dit plus rien. Et maintenant, tu fais quoi, nigaud ? Il est dans ta voiture. Dans ton pick-up. Et tu peux simplement pas l'abandonner sur un trottoir ou à un coin de rue avec une vingtaine de livres et une couverture. Merde. Tu fais quoi, hein ? Tu fais quoi ? La seule issue. La seule issue, en attendant. C'est de rouler. Alors tant pis. Tant pis pour la réserve d'essence. Le ronronnement du moteur, au moins, arrive en partie à le détendre et le rassurer. C'est déjà ça. Et avant de faire quoique ce soit, il y a quelques points à régler. Mais enseignement numéro un. Avant tout. Oublier. Oublier, ou faire comme si. Il n'a pas entendu ce que disait cet enfant. Il n'a rien entendu. Il n'a absolument rien perçu de sa voix qui n'a pas encore mué. Rien de rien. « ... C'est quoi ton nom ? » Le talent d'être abrupt. Il fixe le pavé. Calme. Rester. Calme. Respiration contrôlée. Plus ou moins. C'est comme dans toute situation. Se contrôler. Calme. Et tout va bien se passer. ► CAPTAIN CORNFLAKES
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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptySam 8 Fév 2014 - 18:01


La bonté des étrangers
6 janvier 2014



James attend que le pick-up s’arrête et que l’homme réagisse aux accusations des gosses. Mais cette attente est vaine. Et il finit par abaisser ses épaules tendues. Par jeter quelques coups d’œil au profil du type qui en fait de même avec lui. Quand leurs regards se croisent James a un grognement. Cela ressemble vaguement à des excuses. Mais c’est soumis au verdict de chacun. Il s’attend à tout. Sauf à la question que l’autre lui pose. Pourtant c’est naturel. Cela fait partie des choses à savoir quand on fait monter un inconnu dans sa bagnole. Quand le dit-inconnu a une plaie profonde au front et semble avoir des emmerdes jusqu’au cou. Quand l’inconnu flippe de se faire courser par des gamins - malgré ce qu’il peut vous cracher.

Et il est de son devoir de lui répondre sans doute. Parce qu’ici il est sur le territoire de l’autre. Et même s’il ne sait pas d’où lui vient ce malaise à se retrouver dans une voiture qu’il ne connait pas, James garde son calme. Fixe le paysage, la route. Garde la main proche de la poignée pour sauter à tout instant. Pourquoi un tel instinct ? C’est aussi nébuleux que les justifications de son malaise. C’est présent en tout cas, et il ne peut pas l’ignorer. Comme il ne peut pas ignorer le fait que l’autre attend une réponse. Et sans insultes sans doute.

« … James. Je m’appelle James. … Et je m’en fous de savoir comment toi tu t’appelles. Le coup de main était cool. Mais je viens pas gratter l’amitié ok ? »

Que les choses soient bien claires dès le départ. Cela lui vaudra peut-être un coup de frein. Et l’invitation prompte et déterminée à quitter le véhicule pour aller voir ailleurs si d’autres se tamponnent de son état actuel. James n’est pas certain d’avoir envie de quitter la sécurité relative de l’habitacle. Et retourner à la rue se perdre dans la méconnaissance de ce qu’il est.

Un cadavre. Un zombie précisément, puisqu’il marche et parle et pense. C’est une explication comme une autre. Normal que les gens y réagissent mal. Mais cette explication n’a aucun sens, aucune logique. Ca n’arrive pas, dans la vraie vie. Ce sont des contes de bonne femme ou des scénarios de film d’horreur. Des métaphores pour les uns, des présages pour d’autres. Mais pas la réalité.

Il n’est PAS un cadavre. Il se le répétera jusqu’à se convaincre mais il le fera.

Et il lui semble plus prudent en tout cas de nier toute accusation face au type. Sait-on jamais.

« Ces gosses étaient teubés. Je sais pas pourquoi ils beuglaient ce genre de connerie. Enfin je comprends, mon costume est moche et j’ai pas une bonne gueule aujourd’hui. Mais j’suis rien de plus qu’un mec à la rue okay ? J’ai eu des emmerdes. Voilà tout. Et dans votre ville on est pas très accueillant quand on cherche de l’aide. Je me suis fais grave jeter en arrivant ici. »

Son regard est à la fois accusateur et colérique. Comme si l’ours était responsable de toute cette merde.

Puis James mime un soupir. Cale son front contre la vitre. Et demande dans un grommellement.

« Tu m’emmènes où là comme ça ? »

Il doit bien avoir une destination en tête. Même si ce n’est qu’un coin de rue plus loin.






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MessageSujet: Re: Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix)   Au premier jour, il y eut le Néant (pv Phoenix) EmptyMer 12 Fév 2014 - 13:38


au premier jour, il y eut le néant


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Silence. Conducteur mutique bercé par ses propres pensées. Silence qui s'étend et s'alourdit, entre les mots et les maux, les bribes de paroles, les respirations. Silence. Et puis. Et puis quand même. Des mots. Formuler une question. Interrogation. Base des liens humains. Si c'était pour chercher. Pour trouver. Pour ne serait-ce que saisir un instant un brin de chaleur humaine. Il n'aurait eu qu'à frapper à une porte annexe. Mais loin était la certitude que ce soit pour cela qu'il avait tendu la main. Bien loin. Alors. Sourire. Un minuscule sourire. À tenter de se dérider un peu. Comédien des quotidiens, s'il le fallait. S'il le faut. Le gamin en rajoute. Après un nouvel instant de battement. Le gamin. James. Les phalanges se serrent et glissent sur le volant. Le maniement adroit. Les habitudes. Les bonnes vieilles habitudes. Des temps passés comme des temps présents. Et il écoute. Les négations. Les dénigrements. Les reniements. Regard abyssale sur la brèche de l'asphalte. Respiration lente. Posée. Pas un cadavre. Et puisqu'il l'affirme. À se dire, dans ces instants, qu'il faudrait y croire. Le croire. La confiance. Un brin de confiance, relâcher la méfiance. Il l'avait bien fait quand il touchait le fond. Il le faisait encore trop aveuglément, de temps à autres, même maintenant. Mais des indices se semaient. Des détails. Des détails qu'un oeil entraîné savait relever. Des détails que ses réflexes aiguisés n'avaient pas pu laisser échapper. Même s'ils se logeaient dans les coins sombres de son esprit. Au creux des négations et des affabulations. Phoenix soupire. En silence. Toujours, le silence, de son côté du navire. Concentration et abnégation. Si il fallait ainsi le résumer, dans ces minutes incertaines. Il est encore sans nom, dans les yeux de cet autre. Qu'il a déjà pris l'habitude, en quelques instants, d'appeler gamin dans son crâne. Il est l'autre. L'étrange, sans doute. L'inconnu. Teddy bear, comme il l'a appelé, toute à l'heure. Un ours. Peut-être pas forcément en peluche. Un ours quand même. Pattes de géant pour tendre un grand coeur. Tu m'emmènes où, là, comme ça ? Paupières battantes, comme ce coeur à l'unisson des coups de tambours. Les évidences ne lui apparaissent qu'à lui-même. Forcément. À oublier ainsi de dire le fond des choses aux autres. À croire qu'ils comprendront par eux-mêmes. Tout n'est pas aussi simple. Aussi simple que de ramasser un gamin, un vagabond, sur un trottoir enneigé. Que de l'embarquer. Sans lui préciser sa destination, en le laissant deviner. Là, ici, beaucoup en auraient déjà prié pour leur peau et leur santé. Leur salut, leur vie, leurs lendemains. On leur dit bien, aux enfants, de ne pas suivre les inconnus. Mais il fallait se faire à l'idée. « Chez moi. » Ce n'est pas un "quelque part" évasif. Un lieu indéterminé. Une destination à l'horizon. Chez lui. Il l'emmenait clairement chez lui. Dans son antre. Son havre de paix. Son dernier lieu de replis. Et pourtant le lieu de tous ses massacres. Personnels comme ne l'étant pas. Il déglutit. Un regard. Un coup d'oeil. « Phoenix. J'te l'dis quand même. J'm'appelle Phoenix. » Bourru ou timide. À chacun son avis. Phoenix. Main tendue vers les autres. Main se faisant écorcher par les barbelés. Main sanglante rattrapant pourtant celle d'autrui. La relâchant, parfois, aussi. Pour le bien de tout un chacun. Il faut savoir lâcher prise, parfois, aussi.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.

► CAPTAIN CORNFLAKES
(c) AMIANTE


_________________


- desolate wasteland -
It's hard letting go. I'm finally at peace but it feels wrong. Slow I'm getting up. My hands and feet are weaker than before. And you are folded on the bed where I rest my head. There's nothing I can see, darkness becomes me. But I'm already there, I'm already there.
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