AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  


Partagez
 

 That day you came back

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: That day you came back   That day you came back EmptyVen 24 Jan 2014 - 10:40


That day you came back
 
ft. Jack Scarborough

Le soleil commençait à percer doucement au dehors, laissant filtrer quelques rayons à travers les rideaux épais mais vieux et éfilés, il devait être vraiment tard. Loïs aimait la nuit et les premières heures de la journée. Ici, comme là d'où il venait, elle commençait dans le noir et ce n'était pas à son habitude de faire une grasse matinée, il assistait rarement à ce genre de spectacle. Depuis quelques temps, ses matinées étaient de toute façon bien différentes. Se frottant les yeux gonflés de trop de sommeil, il se laissa guider hors de la chambre et sur le plancher grinçant vers la pièce principale d'où se dégageait un délicieux fumet. C'était dimanche, le froid était bien installé au dehors et malgré l'heure tardive, le plus gros changement se trouvait là, planté dans sa cuisine en train de cuir quelque chose de bon sur le feu.

" Mh... c'est quoi aujourd'hui? Pain perdu...? Ah " Il s'approcha de l'autre homme et regardant par dessus son épaule, aperçu l'objet du délit. " Des pancakes... sérieusement, Jack, j'ai pris au moins 3 kilos depuis que tu es là. " Mais le reproche avait beaucoup moins de poids alors qu'il souriait résigné et trempait un doigt dans la crème que l'autre avait disposée sur les assiettes presque remplies, pour le mettre dans sa bouche et s'en aller s'assoir derrière lui. Ses matinées en solitaire n'en étaient plus vraiment, et si d'autres auraient pu craindre pour leur tranquillité, Loïs n'en avait rien à faire et s'était complètement adapté. Leur petit arrangement fonctionnait bien, même s'il avait fallu négocier au début. Jack avait pris pour lui le canapé après avoir refusé que Loïs ne lui cède plus longtemps son lit, et en échange de son hébergement il s'occupait de la maisonnette et du repas. Elle n'avait jamais été aussi propre ni jamais senti aussi bon, mais si son propriétaire jurait à l'autre qu'il n'avait pas besoin de faire tout ça, il balayait le tout d'une simple réplique, Je te dois bien ça.

En réalité, alors que Loïs se servait le café déjà prêt et fumant, il se disait encore plusieurs semaines après le début de leur petit arrangement qu'il n'avait rien fait qui mérite toutes ces attentions. Il regardait son ami cuisiner de dos, le tablier sur les hanches, comme s'il avait toujours été là. Il se souvenait plus ou moins bien de cette nuit là. La pluie battait fort contre les fenêtres, glacée, il s'était retrouvé à courir dessous pour se retrouver nez à nez avec Jack Scarborough. Il le connaissait plutôt bien pourtant. C'était peut être beaucoup dire qu'ils étaient amis, avant, mais il aimait sa compagnie et leurs discussions alors qu'il avait le nez dans (ou sous) sa voiture et source à problèmes, ou quand il passait le voir à la boutique. Ils se voyaient quand même régulièrement, pendant un peu plus d'un an, et lorsqu'il avait disparu Loïs l'avait reçu comme un choc et s'était sensiblement renfermé. Déjà qu'il se liait avec peu de gens, même s'il passait ses journées entouré, il préféra d'avantage travailler dans sa décharge et sur sa voiture que la compagnie des autres. Alors le retrouver, comme ça... Il avait du mal à imaginer ce qui avait pu le mener là. Cette nuit, devant chez lui. Mais quoi que ce soit, il n'en avait rien à faire. Non, il était même reconnaissant et s'inquiétait plutôt son ami. La ville n'était pas tendre envers les nouveaux revenus, et il faisait encore des cauchemars... Il but une longue gorgée en attendant que ce dernier apporte le petit déjeuner. Il s'était déjà fait engueuler la dernière fois qu'il avait voulu l'aider.

" Comment s'est passé ta dernière sortie, au fait? " Il demanda d'un ton neutre. Il savait combien jack avait peur. Ho bien sur, il n'en disait rien, et quiconque ne l'aurait pas connu avant sa mort n'aurait peut être pas fait attention, mais il y avait des détails qui ne trompaient pas. Malgré quelques blancs Loïs se rappelait parfaitement le faible état dans lequel il l'avait ramené, porté... lavé, même. Il faisait moins de crises mais il avait passé certaines nuits courtes, à discuter pour le calmer ou juste à rester assis en silence devant la cheminée. Comme il lui avait promis, il n'avait rien dit à personne de son retour. C'était à lui de régler ses affaires, même si, lorsqu'il passait devant la boutique de l’antiquaire, il lui arrivait d'apercevoir sa sœur Arabelle qui errait comme une âme en peine. Il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir l'aider d'avantage. Il leva les yeux vers lui, attentif à ce qu'il lui répondait.

Spoiler:
 

_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas
Jack W. Scarborough

Jack W. Scarborough

rise out of the ground





› Célébrité : Lee Pace
› Crédits : @tumblr

› Messages : 65
› Arrivée en ville : 21/01/2014
› Âge : 31

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyMar 28 Jan 2014 - 12:48


Jack n’avait pas beaucoup dormi cette nuit-là. Comme la plupart des nuits, il avait dû dormir en tout et pour tout cinq ou six heures grand maximum. Non pas qu’il était insomniaque, mais il avait de sérieux troubles du sommeil depuis qu’il avait « refait surface » comme il disait dans une licence un peu plus poétique. Il s’endormait, plutôt normalement, fatigué après une journée debout à éplucher les journaux sur le réseau internet pour savoir ce qu’il s’était passé durant son absence, à cuisiner, nettoyer la salle de bain, les toilettes, passer l’aspirateur, faire la poussière et récurer les tapis qui en avaient sacrément besoin. Lorsque c’était nécessaire et que Loïs n’avait pas eu le temps avec son boulot et ses jobs d’appoint, Jack se chargeait de couper un peu de bois, ce qu’il pouvait étant donné que son corps se fatiguait encore vite. Bref, à la fin de la journée, il était souvent épuisé et s’endormait comme un bébé sur le sofa que lui prêtait son colocataire temporaire. Ce dernier avait même insisté pour qu’il prenne le lit mais Jack avait refusé. Après tout, Loïs l’avait recueilli, c’était déjà énorme et il dormirait encore moins s’il était dans son lit, rongé par la culpabilité de virer son propriétaire sur le canapé. Non, cela avait été hors de question et, diplomatiquement, il l’avait fait comprendre à Loïs qui avait cessé, dès lors, d’insister. Enroulé dans une couverture chaude, il s’assoupissait et ne se réveillait qu’aux alentours de minuit ou une heure du matin, lorsque son cauchemar le tourmentait. Il se réveillait souvent en sueur, parfois à cause de ses propres cris. Mais cette nuit, il n’avait pas crié. Il avait simplement ouvert les yeux et inspiré à plein poumon car il se sentait oppressé, les yeux grands ouverts, il était terrifié. Il était terrifié de devoir fermer les yeux à nouveau pour revivre ça. Et c’était ça toutes les nuits. Il restait là, étendu, les yeux fixés sur l’âtre de la cheminée éteinte sans pouvoir retrouver le sommeil. Il se rendormait ensuite, sans crier gare, durant une heure ou deux lorsque les premiers rayons du soleil pointaient le bout de leur nez.

Comme à l’accoutumé, donc, il s’était réveillé beaucoup plus tôt que Loïs et, comme à l’accoutumée toujours, il passait le temps à préparer le petit déjeuner. Il avait opté pour des pancakes ce matin car la veille, il avait trouvé du sirop d’érable au drugstore le plus proche où il faisait de petites et timorées excursions. Et pour lui, rien de tel que les pancakes pour accompagner le sirop d’érable. Il avait tranquillement préparé la pâte la veille et elle avait eu tout le loisir de reposer au frais jusqu’à ce matin. Ils seraient parfaits. Enfin, en tout cas les autres. Parce-que le premier avait vraiment une sale tête un peu trop brûlée sur les bords et à peine cuite à l’intérieur. D’ailleurs, il l’avait mise de côté pour le trier plus tard et le donner aux oiseaux. Il avait construit une petite cabane à oiseaux qu’il avait accroché à l’arbre dans la cours et il y mettait régulièrement à manger. Il ne voyait jamais un seul oiseau dessus, mais lorsqu’il rajouter des miettes, les restes avaient disparus. Il continuait donc son manège régulièrement, assuré que les oiseaux adoraient ça.

Cinq pancakes se trouvaient déjà dans la grande assiette lorsqu’il entendit la porte de la chambre s’ouvrir. Il jeta un coup d’œil à la pendule, son ami avait du bien se reposer. Quelques secondes plus tard, il était déjà dans son dos pour regarder ce qu’il faisait à manger et cela n’étonna pas Jack. Il avait pris l’habitude de la curiosité de Loïs. Curieux et gourmand. C’était bien les deux mots qui pour le moment résumait Loïs aux yeux de l’ancien antiquaire. Leur relation était devenue un peu étrange depuis son retour. Enfin, ils étaient passés de simple connaissance avec qui il appréciait discuter à celui qui lui sauvait la vie en le récupérant dans la forêt et lui proposant un logement. C’était à la fois tout à fait normal et déstabilisant. Jack se rappelait mal de cette première journée où Loïs disait l’avoir récupéré à l’orée de la forêt et ramené chez lui. Il avait des sensations, quelques flashs lumineux, mais rien de vraiment concret. Il se rappelait bien mieux le lendemain où il s’était réveillé dans un lit frais, propre, dans un pyjama en coton bien chaud. Il s’était dit qu’il avait dû rêver être mort et tout ça mais lorsqu’il se vit dans le miroir, il y avait peu de chance que tout ça n’ait été qu’un rêve. Ses cheveux avaient poussés, sa barbe aussi et il avait l’air d’un malade souffrant d’inanition. Mais Loïs avait été là. Il lui avait raconté ce qu’il savait et cela avait aidé Jack à comprendre l’affreuse situation dans laquelle il se trouvait à présent. Il était si reconnaissant envers Loïs. Personne ne l’avait obligé mais il l’avait pourtant aidé du mieux qu’il pouvait et il continuait de l’héberger sans même rechigner.

Loïs méritait ses pancakes. C’était une évidence. « Le café est chaud, tu n’as plus qu’à nous servir les tasses. » répondit Jack en souriant alors que son ami s’installait déjà à table. Les jus d’orange étaient servis, tout comme la crème, la confiture, le beurre et tout ce qu’il fallait pour un petit déjeuner digne de ce nom. Jack ne tarda pas à terminer et il s’assit en face de lui et déposa l’assiette pleine de pancakes sur la table. « Bon Appétit ! » dit-il en souriant. Il servit leur assiette et tout en mangeant, il répondit à Loïs. Il faisait beaucoup d’effort pour ne pas paraître traumatisé lorsque ce dernier parlait de « sortir ». Malgré le fait qu’il aille faire un tour de lui-même sous peine de devenir chèvre entre quatre murs, il était toujours nerveux de croiser quelqu’un qui le reconnaîtrait et s’enfuirait en hurlant comme un beau diable. « Oh je suis juste retourné au drugstore hier, j’ai trouvé le sirop d’érable… ça m’a donné envie de pancakes alors… tadaaa » annonça-t-il en désignant leur plat. « Je n’ai pas croisé grand monde à part le vendeur… et je n’ose pas trop m’aventurer dans le reste de la ville. Qu’est-ce que diront les gens s’ils me reconnaissaient ? Ou alors je devrais m’acheter un masque… me laisser pousser la barbe complètement… ou me maquiller. » Il soupira en avalant une bouchée de pancakes. Il s’était déjà posé la question plusieurs fois, mais il trouvait toutes ses solutions passablement ridicules alors il n’avait pas pousser plus la réflexion.


_________________

Ciel en Sauce

Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

(c) about today.
Revenir en haut Aller en bas
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyMer 29 Jan 2014 - 9:39

Ses pieds nus s'enfonçaient dans le tapis sous la table -il avait de nombreux tapis pour lutter contre le froid- et la douceur des fibres glissant entre ses doigts de pieds était un rappel de plus tous les matins. Jack. Il sirotait son café en souriant envers lui même, sans trop le noter, sans rien dire en écoutant l'autre déposer avec fierté la belle assiette remplie sur la table, et expliquer sa provenance. Jack était comme ça, naturel, prévenant, Loïs se souvenait que déjà lorsqu'il prenait une pause clope en plein chargement de livraison pour le restaurant, Jack venait lui proposer à boire. Pas du feu, non, il lui avait déjà dit qu'il fumait comme un pompier. Il se demandait combien de temps il avait attendu pour le lui dire, d'ailleurs, et Loïs s'était empressé d'éteindre sa cigarette. Il aurait bien aimé être prévenant, mais il ne savait jamais trop comment s'y prendre. Alors il réagissait, un peu tard souvent, puis il lui rendait la pareille. Il tira sa tasse vers lui pour le servir de café à cette pensée.

En entamant la première bouchée fondante et sucrée de son brunch-petit-déjeuner, il bénit d'avantage l'antiquaire d'être si reconnaissant. Il était gourmand, mais pas suffisamment pour s'en occuper lui même, semblait-il. Prendre soin de lui c'était tout autre chose que de prendre soin des autres, et à part un bon bouquin dans son bain, ou la tête dans ses moteurs... il ne passait pas beaucoup de temps pour lui, encore moins aux fourneaux. Parfois il se disait que Jack en faisait vraiment trop. Trop pour lui, en tout cas. Il lui confisquait le gaz - ou la serpillère - à ce moment là, allumait un feu, et lui proposait une soirée télé ou autre, quoi que ce soit pour lui changer les idées. Parce qu'il savait très bien pourquoi son ami tenait absolument à s'occuper les mains et l'esprit, autrement que pour lui rendre service. Il ne pouvait pas vraiment imaginer à quel point ces peurs pouvaient le hanter, ce qu'il se souvenait de sa mort, ce qui le pourchassait sans avoir de forme distincte mais le lisait sur son visage. Plusieurs fois en pleine nuit, il avait déboulé dans sa chambre qu'il utilisait encore, forcé d'ouvrir les fenêtres pour qu'il parvienne à respirer et calmer ses crises. Et puis il y avait ces autres peurs, comme celles qu'il énonçait à présent.

" ...Je ne me rends pas vraiment compte, tu étais aussi populaire que ça ? Les gens qui te rendaient visite régulièrement peut être, mais les autres, mh... " Il posa ses couverts et ses coudes sur la table, croisant les mains près de ses lèvres en signe de réflexion. " Peut être que tu peux prendre l'alibi d'une année sabbatique, pour les autres. "

Il comprenait ce qu'était devoir se cacher du regard des autres. Bien sûr qu'il comprenait. Il n'avait pas vu beaucoup de tendresse témoignée envers gens qui revenaient de la Mort. Il ne comprenait pas. Ou plutôt, ne voulait pas admettre que la cruauté humaine qui tirait sa source de l'incompréhension pouvait aller aussi loin. Il l'avait vu sur Charley, quoi qu'il n'était parti que trois jours et avait pu faire passer sa mort pour un coma auprès de certains. Un an, ce n'était pas pareil. Mais levant les yeux sur l'homme inquiet en face de lui, Loïs se demandait comment les gens pouvaient se montrer si dur envers quelqu'un tel comme Jack. Mort ou vivant, ça n'avait aucune importance.

" Et puis te maquiller, vraiment ? " Il haussait les sourcils, amusé, se resservant en pancake et en sirop. " Non, Jack... Si tu veux faire profil bas, ok, mais il faudra que tu affrontes tôt ou tard certains problèmes. Au pire... tu sais ou me trouver. "

Certains problèmes, comme retourner voir sa sœur. Arabelle, une jeune femme douce et fragile, que Loïs n'était pas fier d'avoir laissée seule face à la disparition de son frère. Il s'était renfermé, les premiers mois. Et plus il prenait ses distances avec les autres plus il semblait difficile de revenir à la réalité. Il était différent aujourd'hui, mais il se souvenait bien en buvant son jus d'orange avec réminiscence, que perdre Jack l'avait secoué plus qu'il ne l'aurait imaginé. Ça le faisait beaucoup réfléchir, parfois... Puis il secouait la tête, jusqu'à se mettre des claques. Pas encore, pas Jack. Il avait finit par aller rendre visite à la jeune sœur et ensembles, ils avaient pu aller sur sa tombe. Alors qu'il faisait doucement son deuil pourtant, il était revenu. Il ne voulait pas qu'il se torture comme ça, quand lui même était si content de le retrouver.

" Ecoutes... Je sais que tu me dis que ça n'est pas la peine, mais si tu as besoin que je t'accompagne, au début, ça ne me pose pas de problème. Peut être dans un autre quartier, d'abord. Ou juste un restau que tu ne connais pas ? "

Il n'avait pas grand monde dans sa vie depuis qu'il avait quitté sa petite ville, ni grand chose à se préoccuper d'autre que son boulot, ses quelques connaissances. Il voulait être là pour lui, qu'est-ce qu'il y avait de si compliqué ou bizarre là dedans? Il reprit une bouchée, et la mâcha avec conviction. Ses yeux dirigés vers Jack, il lui ferait comprendre qu'il n'était pas seul.


_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas
Jack W. Scarborough

Jack W. Scarborough

rise out of the ground





› Célébrité : Lee Pace
› Crédits : @tumblr

› Messages : 65
› Arrivée en ville : 21/01/2014
› Âge : 31

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyDim 2 Fév 2014 - 13:41


Loïs semblait se régaler avec les pancakes, Jack souffla un peu. Loïs aimait tout ce que Jack cuisinait, mais ce dernier ne pouvait s’empêcher de penser qu’il avait pu rater sa recette à un moment ou un autre. Il était comme ça Jack, il savait faire beaucoup, mais n’était jamais rassuré sur ses capacités. Pourtant, cette donnée commençait à changer en lui sans même qu’il s’en aperçoive. Cette crainte restait présente lorsqu’il s’agissait de la cuisine mais pour le reste, il ne se disait que rarement qu’il faisait mal. Au contraire, quand il coupait du bois pour oublier, lorsque le dernier morceau était coupé, il regardait le petit tas avec une certaine fierté et fêtait en général ça en faisant un feu de cheminé. Un truc super compliqué qu’il n’avait jamais fait avant de vivre chez Loïs. Essayez, vous, de mettre le feu à un tas de bois. Mais il avait trouvé lui-même une technique sur internet : du papier journal sous le tas de bois, et mettre le feu au papier journal d’abord. Ça marchait à tous les coups. Et là encore, Jack était fier. Avant sa mort, il n’avait jamais été très débrouillard, en tout cas pas dans ce sens-là. Il avait fait sa propre boutique, il funambulait dans les foires et autres marchés, sur internet aussi, pour dénicher de nouveaux objets à vendre dans sa petite boutique. Mais faire un feu, couper du bois, changer le pommeau de la douche qui était cassé, recoller le pied de la table, il ne l’avait jamais fait. Et là. C’était une tout autre vie. Une deuxième chance. Et des pratiques différentes. Jack ne pensait pas avoir tant changé depuis son retour, pourtant chaque petite chose était empreinte de quelque chose de nouveau, d’une sensation différente, d’une envie de faire d’autre chose, des choses qu’il n’avait encore jamais faites et jamais voulu faire.

Jack ne put s’empêcher de rire à la remarque de Loïs. Non, Jack n’avait jamais été du genre populaire dans son lycée ou n’importe où ailleurs. « Populaire ? Non, tu me prends pour un ancien joueur de football ? Mais je m’inquiète de rencontrer mes anciens clients… j’en avais quelques un quand même. Et… enfin… tu sais… ça peut porter préjudice à Arabelle, à la boutique. Et s’ils m’attrapent, et m’enferment pour me découper un morceau pour savoir pourquoi et comment je suis là à nouveau ? … » Son sourire avait fini par s’évanouir à mesure qu’il parlait. Il avait trop d’imagination, ça ça n’avait pas changé, et c’était un tort. « Tu m’as dit toi-même que ma… mort avait fait la une des journaux… l’année sabbatique ça ne marchera pas… » Ce qu’ajouta Loïs vexa légèrement Jack. « Au pire, il savait où le trouver ? » Jack n’avait jamais rien demandé à Loïs et lui dire ça comme s’il lui reprochait d’éviter les problèmes, il trouvait ça déplacer. Il se tut pourtant, se renfrognant légèrement et plongeant le nez dans sa tasse de café. Les pensées défilaient dans sa tête. C’était sa troisième tasse depuis qu’il avait mis un pied hors du canapé et peut-être que la caféine jouait son rôle un peu trop bien.

Se travestir. Ça pouvait être une bonne idée s’il voulait se balader dans la vieille ville, pour voir sa sœur de loin et peut-être avoir la force de lui parler. Enfin, il valait mieux qu’il ne soit pas travesti le jour où il irait lui parler. Car oui, c’était une évidence pour Jack, il finirait par aller la voir et tout lui dire, car elle était Arabelle, elle était sa petite sœur chérie et il ne pouvait pas la laisser continuer à croire qu’il était mort alors qu’il avait eu la chance de revenir. Il retourna à son idée de se travestir mais fronça les sourcils en pensant à ses derniers, un peu trop épais pour passer pour ceux d’une fille à moins qu’elle soit très laide et pas du tout coquette. Le nez toujours dans sa tasse, il en vint à la même conclusion que Loïs, la meilleure solution était de faire profil bas tout simplement. Il pourrait peut-être trouver un travail qui lui permettrait de passer inaperçu… comme le livreur de lait, de journaux ou n’importe quoi d’autres qui lui permettait de rester peu de temps (voire pas du tout de temps) en présence d’une autre personne. Celui qu’on ne remarque pas. Il soupira. Triste deuxième chance si ce n’était pas pour devenir une rock star au final. Il pouvait aussi partir. Dans une ville où personne ne le connaissait et où personne ne savait qu’il était revenu d’entre les morts. Mais l’idée ne lui plaisait pas. Il ne voulait pas partir loin de Loïs et d’Arabelle.

Il repoussa son assiette après son premier pancakes. Il avait moins d’appétit depuis son retour et avait maigri. De potelé, il était devenu mince et sa silhouette ne lui déplaisait pas quand il oubliait qu’il était un tas de chair morte. Quand il y pensait, il se dégoutait plus qu’autre chose. « Je n’ai pas besoin de chaperon Loïs. Merci quand même. » Il s’en voulut instantanément d’avoir pu paraître froid face à celui qui l’avait sûrement empêché de gaspiller sa deuxième chance. « Ecoutes, désolé de t’ennuyer avec ça. Je réglerai ce problème seul. Je dois le résoudre seul, je pense. Et je dois commencer par aller voir Arabelle… et tout lui dire. Elle ne mérite pas ce silence. » Il leva finalement les yeux vers son ami. « Tu l’as vu récemment ? Comment va-t-elle ? »


_________________

Ciel en Sauce

Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

(c) about today.
Revenir en haut Aller en bas
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyLun 3 Fév 2014 - 11:51

" Tu me prends pour un ancien joueur de football ? "

Il sourit à ses mots. Loïs l'était et la popularité involontaire il l'avait vécue aussi. Oh bien sur en dehors du problème de Jack présent, ça avait du bon ce genre de popularité. On n'était jamais seul tant les gens venaient vous acclamer, encenser vos prestations ou votre physique prometteur. Même dans les couloirs en plein semestre, une claque dans le dos ou un mot appréciatif lancé à la volée, tout était bon à prendre et faisait tourner la tête de beaucoup. Des gens qu'on ne connaissait pas vous faisait des déclarations et pourtant, malgré les clameurs et l'équipe soudée autour de soi, on se sentait d'autant plus seul. Pour Loïs surtout, qui avait vite compris les rouages de cette popularité éphémère, il n'y avait jamais eu de plus grande solitude qu'à cette époque. Il ne regrettait pas d'avoir pris la route pour visiter seul du pays après son diplôme. Même s'il n'était pas réellement parti pour les bonnes raisons.

Les yeux dans le vague, il achevait à coups de fourchette le troisième service quand Jack, lui, repoussait son assiette. Il avait l'air vexé. Ou peut être qu'il partait de nouveau dans ses propres réflexions, Loïs n'aurait su dire. Il attrapa la vaisselle pour aller les mettre dans l'évier et lui permettre de le faire sans se sentir observé. Il fit couler l'eau, toujours froide d'abord, puis se mit à frotter vigoureusement faisant saillir ses épaules dénudées et tendre ses muscles. Il avait une vie saine, faisait beaucoup d'exercice entre la feraillerie, l'entretient d'une cabane rustique et ses heures au restaurant et son corps en profitait. Il voulait se débrouiller seul. Loïs souriait sans vraiment y faire attention. Pas qu'il en soit ravi ou plus rassuré pour lui, mais ça lui ressemblait d'avantage. Ils ne se connaissaient pour ainsi dire pas, mais jamais il ne l'aurait qualifié de dépressif, ou de négatif, voire apeuré. Il était de nature ouverte, curieux dans ses souvenirs, et à présent combatif même s'il avait tout à fait raison de douter et de se méfier de son potentiel accueil.

" T'en fais pas ... je comprends. "

Il les mis à sécher et revint s'assoir à table pour boire tranquillement son café, les jambes croisées sous sa chaise. Il voulait juste lui dire qu'il était là, mais insister n'était ni sage, ni vraiment naturel. Après tout, c'est vrai que vu de l'extérieur il pouvait comprendre que ça le gène de recevoir autant d'aide de sa part. Même si pour lui ça n'était rien et qu'il le faisait volontiers.

Et il aborda le sujet de sa sœur. Un nœud se serra dans son estomac. Sur ce point, il ne pouvait pas dire qu'il avait été exemplaire. A l'annonce de sa mort il s'était replié sur lui même et n'avait eu que de rares contacts extérieurs. Il avait finit par y aller, oui, bien évidemment qu'il voulait la consoler et être là même s'ils ne se connaissaient pas tellement. Mais c'était trop dur. Et quand, quelques temps plus tard il avait pris sur lui et frappé à la porte de la boutique, elle ne lui en avait pas tenu rigueur et l'avait accueilli. Arabelle était ce genre de personne dont on se demandait si elle pouvait en vouloir à quiconque. Sa nature généreuse et douce l'avait touché, et il avait fait plus d'effort à partir de ce jour. Il se demandait si ce n'était pas elle qui l'avait aidé plutôt que le contraire... c'était peut être plus simple à deux. Ils étaient ensembles allés rendre visite à Jack sur sa tombe. Quelle ironie. Que penserait-elle si elle savait que depuis plus de deux semaines, son frère était là chez lui, et qu'elle n'en savait rien? Il avait l'impression de le lui cacher, de l'avoir trahie et redoutait qu'elle l'appelle ou vienne le voir au Dipper's. Mais c'était le choix de Jack, pas le sien, il comprenait.

" Elle avait l'air... bien. Je ne sais pas quoi te dire, Jack. Bien sur qu'elle montre un visage souriant... Mais je doute qu'au fond elle soit heureuse. Même si elle ne se laisse pas abattra, elle n'arrive pas si facilement à aller de l'avant.


Tout comme moi. A la différence que je sais que tu es de retour, et elle non. Il ne pu se résoudre à le dire à voix haute. Ça aurait voulu dire lui expliquer combien il avait ressenti son absence comme un manque, alors qu'il ne se l'expliquait pas à lui même. Par réflexe, il glissa une main dans ses cheveux cours et se frotta l'arrière du crâne comme pour y mettre de l'ordre. Il n'aimait pas penser à tout ça. Il ne devait pas. Mais l'air expectatif en face de lui brisait ses barrières. Un soupir, et il reprit contenance. Jack n'avait pas eu le choix de lui laisser savoir qu'il était vivant, et c'était plutôt une bonne chose. Qui sait avant combien de temps il l'aurait appris sinon. Il regardait l'homme assis en face de lui et voyait déjà un grand changement sur les traits de son visage, sur sa silhouette. Il était revenu de loin, sans exagération il n'aurait pas pu revenir de plus loin. Une fois remis, il pourrait reprendre une vie presque normale, il en était persuadé. Mais lui ?


_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas
Jack W. Scarborough

Jack W. Scarborough

rise out of the ground





› Célébrité : Lee Pace
› Crédits : @tumblr

› Messages : 65
› Arrivée en ville : 21/01/2014
› Âge : 31

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyMer 5 Fév 2014 - 13:36


Perdu dans ses pensées, se furent les mouvements dans le coin de son regard qui ramenèrent Jack sur Terre. Il tourna les yeux vers l’endroit qui avait attiré son attention et se surprit à observer pendant un moment. C’était Loïs qui faisait la vaisselle, le dos tourné à Jack (bien évidemment), énervé ou pas, son ami était très énergique dans ses gestes et qui dit énergie dit… et bien… Jack leva un sourcil en remarquant les muscles de ses épaules et de son dos à travers son t-shirt. Il avait déjà noté que son ami était particulièrement musclé pourtant cette fois, il y avait quelque chose de différent. Cette fois, il s’était dit « Loïs a les fesses musclées ». Jack finit par détourner la tête et fronça les sourcils, c’était bien la première fois qu’il regardait les fesses de son ami comme ça, c’était d’ailleurs à peine s’il regardait les fesses des filles en général, son regard tombant plus facilement sur la poitrine lorsqu’il parlait et rougissait car il se retournait rarement pour regarder les femmes de dos. En l’occurrence, ce n’était pas une femme de dos, ce n’était pas une femme tout cours et… une légère moue s’accapara de ses lèvres car il ne comprenait pas les quelques secondes qui venaient de s’écouler. Tout ça lui avait fait perdre le fil de ses pensées et lui avaient presque fait oublier ses problèmes de revenant.

Balayant ces dernières réflexions d’un revers de la main, il écouta Loïs lui parler d’Arabelle et répondre à ses questions. En effet, la première chose à faire, c’était aller la voir elle. Le reste, il verrait plus tard. De toute façon, comme disait Loïs, il ne pourrait pas toujours se cacher. Peut-être même qu’il pourrait faire croire qu’il était le jumeau de Jack revenu de l’étranger où il était depuis plus de dix ans. Ceci expliquerait cela et couperait court à toute autre question. Loïs comprenait. Il comprenait toujours. Jack n’avait jamais rencontré quelqu’un qui comprenait aussi bien les choses. Il se rendait compte du feeling que son ami avait avec le reste de l’humanité, sans s’en mêler, il prenait ce que lui disaient les gens et il les faisait se sentir bien malgré tout. Il trouvait ça beau, ce don qu’il avait mais qui faisait cruellement défaut à l’ancien antiquaire. Lui aimait la solitude et la tranquillité, moins que sa sœur car il aimait aussi parler aux gens, mais il ne les comprenait pas tant que ça, et c’était là toute la différence.

« J’irais la voir… lundi matin… Je vais tout lui dire et j’espère qu’elle me pardonnera d’avoir tant tarder à la mettre au courant. » Il se tut, il avait pris sa décision. Comme pour se convaincre lui-même, il hochait doucement la tête, sa détermination en avant. Il regarda un instant Loïs avant de demander « C’est quoi ton programme de la journée ? » Il se leva de table et plia leur serviette qu’il rangea dans le tiroir de l’évier. « Je vais aller prendre une douche, je voulais pas te réveiller alors j’ai attendu. » termina-t-il en souriant. Dans tous les cas, ils se recroiseraient bien durant la journée. Vêtements… ah oui. Vêtements. Il n’en avait pas beaucoup et il se mit à espérer que sa sœur ait gardé ses affaires. Un an après, il en doutait, mais la connaissant, il y avait peut-être une chance. Il attrapa son jean et le t-shirt propre qu’il avait dans un coin de la maison, son gilet et il sauta dans la douche. Il aimait ce moment de la journée où il pouvait tout lâcher, tout coulait, s’en allait avec l’eau, les impuretés et les doutes s’enfuyaient.


_________________

Ciel en Sauce

Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

(c) about today.
Revenir en haut Aller en bas
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyJeu 6 Fév 2014 - 20:25

"Ne t'en fais pas... Je sais qu'elle ne t'en voudra pas longtemps. Prépare toi à recevoir des coups, par contre."

Il lui offrit un sourire et baissa les yeux aussitôt. Aux mots et gestes de Jack, Loïs se leva à son tour pour ranger les vivres qui restaient et rincer leurs tasses respectives. Il avait vraiment trop d'attentions pour lui ces derniers temps.

" Pas grand chose... j'ai deux trois trucs à réparer, c'est sur ma liste mais j'ai oublié ou je l'ai mise bien sûr. Bonne douche. "

Ils avaient ce petit rituel depuis quelques jours, et vaquaient à leurs occupations sans gêner la tranquillité de l'autre, même lorsqu'ils se trouvaient dans la même pièce. Jack et lui discutaient parfois tout en cuisinant, ce dernier aimait la conversation de l'antiquaire qui en savait tellement sur tous les sujets. Il tergiversait facilement sur tout et sur rien, même avant lorsqu'il prenait sa pause près de sa boutique, et alors que lui gardait les pieds sur terre l'autre partait dans des élucubrations mémorables. Il n'avait pas besoin de s'y connaître particulièrement pour comprendre et s'intéresser à ses propos, c'était parce que l'autre homme savait raconter et éveiller sa curiosité. En semaine Loïs partait bosser au Dipper's la plupart du temps et rentrait tard, ou faisait quelques heures à la ferraillerie que ce soit pour les gens qui venaient déposer leurs pièces, en chercher, ou demander un peu d'aide. Mais aujourd'hui, c'était dimanche, et il n'avait pas encore décidé de ce qu'il allait faire. Sans doute qu'il irait fumer une clope dehors -il savait que Jack n'aimait pas la fumée, et bricoler sa voiture paraissait le meilleur moyen de passer une bonne journée et de se détendre en ne pensant à rien. Ou moins à Jack.

Ha, si, il y avait la radio qui déconnait. Elle lui avait sauvé la vie, sa vieille amie à quatre roues, il lui devait bien ça. Il alla passer un jean propre et un T-shirt déjà à moitié abimé et usé par trop de travaux manuels, pour récupérer ensuite dans l'entrée l'appareil qu'il avait déjà démonté du tableau de bord au préalable. Il jeta le tout sur la table en bois près de la fenêtre lumineuse, avec sa caisse à outils, mais semblait ne pas tenir en place ce matin ni vouloir s'assoir plus de deux minutes. Après plusieurs allers-retours pour récupérer ce qui lui manquait, une nouvelle tasse de café en main il s'assit à nouveau en lançant plusieurs regards du coin de l’œil en direction de la salle de bain sans pouvoir trop se concentrer.

Quelle plaie. Au fond de lui il savait bien ce qui était en train de se passer et faisait de son mieux pour ne pas l'admettre, et l'enfouir plus profondément. Il n'avait pas abordé le problème depuis plusieurs années, en réalité. Ho bien sur, il avait eu des petites amies, d'avantage sur la route que depuis ses deux ans en ville. Mais jamais rien de sérieux, il donnait mais n'arrivait pas à prendre pour lui. Depuis cette histoire à la fac, en fait... Mais Jack ne devait pas s'en douter, malgré ses périodes de latence sur la peau offerte de son ami penché pour ramasser quelque chose, ou sa façon de bouger ses mains, ses lèvres... Lui même n'avait pas compris tout de suite et il tenait à ce que ça reste comme ça. Il ne voulait pas perdre de nouveau un ami à cause de ses conneries. Ça lui passerait. Enfonçant son tournevis avec plus de force que nécessaire, il ripa et s'entailla le doigt. Dans un juron étouffé il prit de quoi bander sa blessure sans trop faire attention, sa douleur légère mais lancinante lui permettait de revenir sur Terre. Il n'y avait pas de solution, à son problème, si ce n'est garder pour soi et continuer de vivre aussi normalement que possible. Il ne voulait pas tout recommencer.

Alors, un bruit monta de la salle de bain, métallique, puis sourd, et la voix exclamée de Jack s'en suivit. Par réflexe plus qu'autre chose Loïs recula sa chaise et en peu de temps se trouvait à ouvrir la porte en grand, inquiet, l'esprit embrouillé et la salle embuée.

" J'ai entendu un bruit, ca va ?! Jack t... "

Le spectacle qui l'accueillait n'était rien de ce à quoi il s'était attendu. Mais à quoi s'attendait-il, vraiment ? Il allait avoir du mal à savoir ou poser les yeux.

_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas
Jack W. Scarborough

Jack W. Scarborough

rise out of the ground





› Célébrité : Lee Pace
› Crédits : @tumblr

› Messages : 65
› Arrivée en ville : 21/01/2014
› Âge : 31

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyJeu 6 Fév 2014 - 21:35


Pourquoi ? mais pourquoi cela n’arrivait qu’à lui ?! Il ne demandait pas grand-chose pourtant, le grand Jack non-mort. Il demandait simplement à pouvoir prendre une douche paisible, tranquille, se mettre peut-être à fredonner Starman de Bowie parce-que c’était son chanteur favoris. Il n’avait jamais eu l’occasion de le voir en concert mais il se souvenait avoir eu sa coupe de cheveux quand il avait encore quinze ans. Ce blond délavé monté en brosse à cheveux. Superbe. Et il s’amusait (sérieusement) à chanter et jouer de la guitare pour sa sœur sur ses chansons préférées. Mais non, là, il avait à peine eut le temps de commencer la chanson que les tuyaux émirent un son particulièrement inquiétant. Une souris prisonnière devait être en train de se noyer dedans et les bulles provoquées par son hoquet dramatique explosaient en un glouglou terrifiant. Et puis soudain, l’eau qui jaillissait si chaude et réconfortante l’instant d’avant frappa le pauvre Jack d’un jet glacé qui lui arracha un cri de surprise.

Sous le coup de l’émotion, il ne se rendit pas compte que le savon dans ses cheveux commençait à couler dans ses yeux et c’est aveuglé par ce dernier qu’il essaya de fermer l’eau. Mais aller trouver le robinet d’une douche que l’on connait depuis si peu de temps les yeux fermés, ce n’est pas de tout repos. Les mains en avant, il tâtonnait comme un beau diable, maintenant glacé et traumatisé par ce qui venait de lui arriver. Alors qu’il parvenait enfin à trouver le robinet en question, il entendit la porte de la salle de bain. Oh mon dieu ! Loïs avait dû être alerté par son cri de surprise et, au lieu d’attendre que Jack lui dise d’entrer, il était entré sans préavis. Nouveau choc. Le cœur qui accélère. La pudeur. La honte. LE FROID. (Qui ne lui rendait pas du tout justice pour l’occasion). Non. Aucune information n’arriva au cerveau pendant de longues secondes et quand le corps de Jack reçut enfin l’ordre d’attraper une serviette, il tendit le bras et… glissa lamentablement au fond de la baignoire. Aoutch. Mal aux coudes qui s’étaient pris les bords. Mal aux fesses parce-que c’est froid et dur une baignoire. Non. Il ferma les yeux. Pourquoi ? mais pourquoi cela n’arrivait-il qu’à lui ?! « Et merde. » lâcha-t-il simplement, piteux et en colère contre lui-même.

D’un autre côté, il aurait pu se demander pourquoi une telle pudeur. Après tout, ils étaient tous les deux des mecs, ils savaient ce qu’ils avaient entre les jambes non ? Et c’était une façon d’exhiber sa virilité de mâle, sa force, sa puissance face à un autre mâle potentiellement concurrentiel si une jolie femelle passait par là. Bon. Sauf que voilà, la société avait évoluée depuis longtemps et Jack ne faisait pas parti des hommes qu’on appelait « viril ». Certes, il n’avait rien à se reprocher dans son corps, il avait ce qu’il fallait de muscles, surtout dans les bras, et un ventre plat mais qui s’arrondirait sans aucun doute à la quarantaine. Ses jambes n’étaient ni trop musclées, ni trop minces… et ses cheveux lui tombaient à présent sur le visage alors que ses yeux piquaient atrocement à cause du shampooing.

Son cerveau n’ayant sans doute par récupérer la totalité de ses fonctions motrices et encore moins le langage, il émit une plainte presque inaudible avant d’articuler péniblement « Y’a plus d’eau chaude Lo’… et j’ai du savon dans les yeux. Ça fait un….PUTAIN de mal de chien ! » lâcha-t-il. Le ton de l’injure lui avait échappé, parce-que oui, ça faisait vraiment un mal de chien, qu’il avait aussi mal aux coudes et aux fesses maintenant et qu’il avait super honte de se retrouver nu devant son ami. Pourquoi ? Il ne se le demanda pas pour le moment, parce-qu’il avait trop mal. Mais le fait est que ce n’était pas une réaction normale entre amis… Il aurait voulu se cacher dans un trou de souris (mais pas avec celle qui était décédée dans les tuyaux de la plomberie). Une vraie adolescente am…. Non… non ! Il s’essuya les yeux avec force, mais il n’arriva qu’à se faire un peu plus mal. Chiotte.


_________________

Ciel en Sauce

Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

(c) about today.
Revenir en haut Aller en bas
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyVen 7 Fév 2014 - 13:49

Son regard descendait et glissait du visage entouré par ses cheveux mousseux collés à sa peau, au torse mouillé de Jack jusqu'à la ligne de son abdomen ou glissaient les goutes, qui descendaient, bas, plus bas qu'il ne s'attendait à voir de lui en réalité.

" Oh. "

C'était le seul son dont il était capable à l'instant, détournant la tête après une pause bien trop longue, comme un adolescent pudibond. Merde, c'était quoi son problème. Il avait vu plus d'un homme nu dans sa vie, même si c'était plutôt des ados que des hommes mûrs à l'époque, dans les vestiaires on ne faisait pas sa sucrée. Les douches ensembles, les serviettes claquées sur les fesses n'étaient pas un mythe et aucun ne se sentait gêné, si ce n'était pour défendre sa virilité blessée par les remarques d'idiots en mal de domination. Sortir. Vite. Il prit la poudre d'escampette en marmonnant un truc à propos d'outils et de tuyau, mais surtout pour éviter de devoir parler et et éviter son regard. Il entendit un nouveau "boom", un juron entre des dents serrées. Il fouillait dans sa boite en fer de quoi desserrer, pincer, visser, tout en essayant de chasser les images de Jack nu comme le jour de sa naissance de son esprit. Mission impossible. Il l'avait déjà vu nu pourtant, lorsqu'il était revenu de la forêt, il l'avait aidé à se débarrasser de la terre et de la pluie qui le recouvraient et maculaient ses cheveux. Il n'avait pas fait attention ce jour là, il était trop inquiet, heureux, perdu à la fois dans ses réflexions pour faire attention.

Mais putain, ce qu'il était beau. Tais toi. Pas un athlète à proprement parler, s'il devait le comparer à son premier et unique véritable crush masculin. Mais les lignes bien dessinées, ce qu'il faut de fermeté... Il était foutu. Poussant la porte de la salle de bain de nouveau il le vit en train de maugréer an fond de sa baignoire, la pomme de douche l'agressant toujours de son eau froide. Il du réprimer un sourire le voyant ainsi trempé et nu, même si de toute façon recouvert de shampoing comme il l'était Jack n'aurait surement rien vu il lui en voudrait certainement de se moquer ainsi de la situation. Il attrapa plutôt une serviette alors que l'eau continuait d'inonder sa salle de bain.

" Merde, tu t'es bien amoché... ça va ? Tiens. " Il lui remis le tissus entre les mains tout en évitant de trop s'attarder. Mais lorsqu'il tentait une nouvelle fois de se lever, posant sa main dans son dos il l'aida à ne pas glisser. Un frisson parcouru son échine au contact de sa peau, alors qu'il prenait sur lui pour ne pas le lâcher et partir en courant de nouveau comme son cerveau le lui criait. " Pas trop mal ? Assieds toi... là, je vais regarder ce qui s'est passé..." Il lui essuya la mousse qui coulait dangereusement sur le visage, et ce fut le geste de trop. Le bas de son ventre se serrait et il le laissa là, se tournant vers la douche incriminée en se maudissant.

" Ah... ok, le robinet ne ferme même plus, génial. "

Stupide, stupide Loïs.

Il posa ses outils sur le rebord de la fenêtre et commença par desserrer le robinet rebelle. La cabane était plus qu'ancienne, il y avait toujours quelque chose à faire pour la retaper mais c'était quelque chose que Loïs appréciait. Il s'appropriait les lieux à chaque nouvelle prise installée, cuisine retapée mais la plomberie c'était autre chose. Il avait beaucoup appris avec son père adoptif pourtant. Mais apparemment pas assez. Alors qu'il fit un tour de plus avec sa clef, le robinet accroché au mur lui resta dans les mains, un jet d'eau lui explosant en plein visage. Il laissa échapper un cri et glissa sur le sol en arrière, se rattrapant de justesse au bord de la baignoire, il évita le pire. Mais pas le ridicule. Il était les quatre fers en l'air dans le bac blanc, l'eau l'attaquant à son tour.

" Merde merde merde ! " Il se redressa après plusieurs essais glissants, et trempé de la tête au pied alla appliquer ses deux mains sur la fuite. " Mais quel con ! J'aurais du couper l'eau d'abord... Jack, tu peux me ramener des torchons? Du scotch aussi... rha... "

Son T-shirt lui collait le dos, froid et humide, sans parler de son jean qui rétrécissait comme une seconde peau hautement inconfortable. Heureusement que ses cheveux étaient propres de la veille. Sa blessure le lança de nouveau, comme pour lui dire qu'il l'avait bien mérité à reluquer Jack de la sorte. Quel dimanche.

_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas
Jack W. Scarborough

Jack W. Scarborough

rise out of the ground





› Célébrité : Lee Pace
› Crédits : @tumblr

› Messages : 65
› Arrivée en ville : 21/01/2014
› Âge : 31

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyLun 10 Fév 2014 - 13:59


Comment expliquer à quel point Jack se sentait bête et stupide en cet instant ? Impossible, c’était presque au-delà de toute imagination. D’autant qu’en plus de se sentir bête, il avait également l’air pour le coup. Loïs n’avait pas prononcé un mot et s’était éclipsé. Jack avait d’abord cru qu’il s’enfuyait, puis, après avoir entendu du bruit, il en conclue qu’il était allé chercher des outils, tout simplement. Avec la mousse et les cheveux dans les yeux, il n’avait pas pu voir la réaction de son ami et il valait peut-être mieux, sans quoi il se serait enfui de la maison pour ne plus jamais y revenir. Au fond de lui, il y avait une sorte de peur indéfinissable qu’il n’arrivait pas vraiment à saisir. Pourquoi éprouvait-il cette peur à l’idée que Loïs ait pu le voir nu ? Une question à laquelle il n’avait pas encore de réponse, ou plutôt il préférait la laisser de côté pour le moment car elle n’amènerait que des problèmes selon lui. Sauf qu’il lui faudrait bien y faire face un jour ou l’autre…

Encore sous le choc de la chute et surtout de la situation, il n’entendit par Loïs qui revenait une nouvelle fois. Croyez-vous qu’il en aurait profité pour se dépêcher de se lever et de s’habiller ? Bien sûr que non, il n’avait pas bougé d’un poil alors que l’eau froide agressait encore le sommet de son crâne. Le point positif, c’était que le shampooing avait fini par se diluer et évacuer la zone sensible de ses yeux qui piquaient pourtant toujours autant. Il souffla et un tissu épais vint cogner contre son visage ce qui le fit sursauter. Il leva le nez en tentant d’ouvrir ses yeux rouges et vit Loïs au-dessus de sa tête déjà affairé à réparer la tuyauterie. A croire qu’il n’avait pas du tout prêté attention à la nudité de son ami. Ce qui, au final, était une réaction bien plus normale que celle de Jack. Il grommela une nouvelle fois, comme ça, pour la forme et en grimaçant, il se hissa hors de la baignoire. Jack à la blanche fesse finit par s’enrouler dans la serviette et il en attrapa une autre pour se sécher les cheveux et le reste du corps.

« Je crois que j’ai rien de cassé… » à part mon amour propre pensa-t-il en complément. « Je suis désolé, je sais pas trop ce qui s’est passé, l’eau est devenue froide d’un seul coup et je n’ai pas réussi à fermer le robinet… » finit-il par expliquer mettant de côté ce qu’il venait de se passer.

Mais est-ce que l’on pouvait mettre de côté une situation comme celle-ci ? Elle amenait à de nombreuses questions notamment sur ce qu’il ressentait vis-à-vis de Loïs. Jack n’avait jamais été attiré par d’autres hommes jusque-là. Bien au contraire, il avait même failli se marier, mais la jeune femme en question n’avait pas supporté que sa sœur passe en premier et après une énième preuve de cela, elle engagea une dispute qui se solda par un ultimatum auquel Jack eut le plus grand mal à répondre. Il avait aimé cette jeune femme de tout son cœur, il aurait décroché la lune pour elle, mais il ne pouvait pas abandonner sa sœur pour elle. C’était un fait. Et elle était partie, sans plus d’éclat, mais amère. Elle avait laissé la bague sur le buffet, et la minute d’après, la porte se refermait sur elle et il ne l’a plus jamais revue depuis. Elle était probablement retournée chez ses parents, ou elle avait trouvé un emploi dans une autre ville, le fait était qu’il n’avait plus jamais entendu parler d’elle. C’était il y a trois ans, quatre si l’on comptait son année « sabbatique ». Le fait était que Jack commençait à avoir du mal à s’imaginer vivre ailleurs, dans un endroit où il n’y aurait pas Loïs, et cette idée l’effrayait un peu. Est-ce que c’était possible ce genre de relation ? une relation à sens unique et platonique ? Et surtout, était-ce vraiment ce que Jack voulait ? Est-ce qu’il s’agissait vraiment de ce genre de sentiment ou se trompait-il ? Il enfila le boxer et le jean qu’il avait amené et jeta un coup d’œil à Loïs, il voyait les muscles de son dos travailler contre le tissu de son t-shirt et il se dit qu’il n’aurait rien remarqué si ça ne lui faisait pas de l’effet. Il s’en voulut dès cet instant car il était persuadé que cela ne ferait que gâcher leur relation.

Et alors qu’il en était là de ses réflexions, la situation prit un tournant passablement chaotique. Un jet d’eau explosa contre Loïs alors que le robinet lui était resté dans les mains. Un cri de surprise, des glissades, une autre chute et un Loïs tout mouillé qui gisait dans la baignoire et tentant maladroitement de reprendre pieds. Le comique de situation eut raison de Jack qui éclata de rire en le voyant ainsi et en pensant à ce qu’il devait ressembler lorsqu’il était à sa place. Son ami avait dû cacher une caméra, ce n’était pas possible d’être deux imbéciles sous le même toit, et pourtant…

« Ex… excuses-moi… » dit-il en reprenant son souffle alors que ses yeux piquaient un peu plus sous le coups des larmes. « C’est que… d’abord moi, puis toi… cette baignoire nous en veut, c’est moi qui te le dit ! » ajouta-t-il en riant plus doucement.

Il finit par se reprendre et demanda plus simplement où se trouvait le robinet pour couper l’eau. Ayant compris, il s’en alla, ouvrit le placard sous l’évier de la cuisine et aperçut ce qu’il cherchait. Il tourna le bouton lentement, car il était grippé, mais il put accomplir sa tâche et revint à la salle de bain les bras chargés de toutes les serpillères qu’il avait pu trouver.

« Sèches toi d’abord, tu vas attraper la… tu vas attraper froid. » lui dit-il en évitant le mot qu’il n’arrivait plus vraiment à prononcer correctement. Il saupoudra les serpillères un peu partout sur les flaques et commença à nettoyer en essayant d’éviter de regarder Loïs et ses muscles saillant à présent sous le t-shirt trempé. C’était bien fait exprès aurait-on dit.
[/color]

_________________

Ciel en Sauce

Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

(c) about today.
Revenir en haut Aller en bas
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyMer 12 Fév 2014 - 11:52

Deux imbéciles sous le même toit, c'est bien ce qu'ils étaient. Alors que Jack retenait difficilement ses larmes de rire, Loïs avait du mal à rester en colère contre lui même. Il avait eu envie de cogner quelque chose face à sa bétise, le mur, lui même, peu importe. Et le rire de l'autre au visage d'ange avait effacé toute trace de cet emportement pour le laisser amusé, riant à son tour, les mains plaquées sur la fuite qui diminuait en intensité mais l'éclaboussait quand même. Jack revint avec les serpillères et le robinet maintenant éteint il pouvait lâcher prise et constater les dégats. Un trou dans le mur n'aurait fait qu'ajouter plus de bricolage, la salle d'eau était dans un état et méritait bien son appellation. Sorti du bac, il pris dans les mains la serviette que l’inondation avait épargnée, et le regardait commencer à écoper.

" Merci, Jack, pour ton soutien dans cette épreuve... Ca me touche beaucoup."
Il faisait rarement de l'humour, encore moins preuve d'ironie, mais dans le cas présent il avait du mal à se défaire de son sourire qui se faisait si rare. Il s'asseyait sur le rebord de la baignoire et grimaça au "squish" que faisait son jean trempé. " Je crois surtout que je n'avais pas assez à faire pour ce weekend, je viens de trouver mon activité du dimanche. "

Il le regardait éponger, et soupira intérieurement en repensant à ce qui lui avait traversé l'esprit un peu plus tôt. Il n'y avait aucune chance, aucune, que cette histoire se termine autrement que mal comme à l'époque de la fac. Il devait s'y résoudre, Jack n'était pas un ami ordinaire et il ne pourrait plus le voir comme tel. Il était devenu bien plus en tout cas à ses yeux, sans savoir exactement quoi. Quand est-ce que les choses avaient changé ? Il n'arrivait pas à mettre de moment dessus. Peut être était-ce quand il l'avait retrouvé, perdu, couvert de terre et qu'il l'avait porté jusque chez lui, lavé, mis au lit et surveillé plusieurs jours durant. On ne pouvait pas prendre autant soin d'une personne sans en être affecté. Et chaque jour avait ajouté à cela depuis. Quoi qu'il fasse pour combattre ce sentiment ça ne changerait rien : là, assis sur le rebord dur et froid, il le regardait se plier en quatre et avait envie de le prendre par le bras pour le relever, d'ignorer son visage surpris et glisser sa main dans ses cheveux mouillés, le regard sérieux. Se haïssant, alors, le serrer contre lui. Et l'embrasser. Longuement. Il maudissait même cette idée qu'il avait eue de se rhabiller et s'interdit en serrant sa coupure pour le ramener à la réalité d'imaginer ce qui aurait pu se passer si... si... Merde. C'était perdu d'avance. Tirant sur son T shirt qui avait tout d'une seconde peau, il le fit passer par dessus ses épaules pour l'envoyer en serpillère à Jack qui faisait tout le boulot et le remplaça par la serviette blanche et moelleuse, se frictionnant les épaules. Loïs se sentait accablé.

" Jack... "

Il serra les lèvres. Il avait sur son visage cet air triste qu'il arborait parfois, ou mélancolique plutôt. Celui qu'il gardait pour les moments de solitude, qui se suivaient souvent d'un tour en voiture ou d'un moment de réflexion sur ce qu'il allait faire ensuite. Ensuite. Il avait trouvé Stonehaven comme un havre de paix et était resté bien plus longtemps que partout ailleurs. Il n'avait jamais épuisé les ressources de cette ville, et ne se voyait pas repartir sur les routes comme il l'avait fait pendant pendant une dizaine d'années. Il n'était pas casanier, avant, n'ayant eu que sa famille d'accueil et l'orphelinat comme véritable foyer il aimait lâcher prise et prendre le volant sans savoir ou la route le mènerait. Prendre un petit job, dormir au motel, rencontrer des gens de passage, être discret. Partir, et tout recommencer. Mais maintenant il avait une maison, un travail avec de chouettes collègues, il ne ressentait plus ce besoin de partir. Ici il se sentait bien, il avait deux ou trois amis, il avait Jack...

" ... hum, tu veux m'aider pour les réparations ? A moins que tu aies autre chose à faire, bien sur, enfin comme tu veux. "

Il fallait changer de sujet, ne pas montrer sa gène. il ne voulait pas le perdre quoi qu'il ressente, ça n'était pas de sa faute. C'était lui.

_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas
Jack W. Scarborough

Jack W. Scarborough

rise out of the ground





› Célébrité : Lee Pace
› Crédits : @tumblr

› Messages : 65
› Arrivée en ville : 21/01/2014
› Âge : 31

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyLun 24 Fév 2014 - 17:47


Loïs riait également à force de voir Jack bien amusé par la situation et le brun s’en félicita intérieurement. Il avait appris ces dernières semaines, que le caractère de Loïs n’était pas aussi simple qu’il le laissait paraître. Il n’était pas seulement ce gentil bonhomme qui plait aux filles et qui rend service à n’importe qui. Non. Il avait aussi son égo et sa fierté et même s’il n’avait pas beaucoup de complexe (et qu’il n’avait pas à en avoir vu son corps et sa vie assumée), il lui arrivait de prendre mal certaine chose qui remettait en cause ce dont il était capable. Autrement dit, à ce moment-là, ses capacités de plomberie et d’équilibre. Jack avait peu à peu appris à désamorcer ces petites bombes pour que Loïs soit moins souvent triste, qu’il prenne du recul et puisse acquérir une autodérision un peu plus prononcée. Jack avait toujours été un tantinet maladroit alors l’autodérision était un art dans lequel il était passé maître. Même si le sentiment de honte persistait, notamment dans des situations comme celle-ci, il ne s’en voulait pas, et n’en voulait à personne d’autre car s’il devait cogner dans tout ce qui se mettait sur son passage pour le faire tomber, il aurait probablement des cicatrices sur les poings qui n’auraient jamais eu le temps de guérir avant de s’aggraver encore.

Tout en souriant, il tentait toujours d’éponger l’eau comme il pouvait lorsqu’il se prit un tissu mouillé en plein dans la courge. Grommelant par pure formalité, il attrapa le tissu et se retourna vivement vers Loïs, à présent torse nu. Ben tiens, comme si le t-shirt mouillé n’avait pas été suffisant. Jack commençait à penser qu’ils allaient devoir en discuter… tôt ou tard, si cela continuait comme ça. Il ne se voyait pas partager le logement de quelqu’un sur lequel il avait envie de se jeter ad vitam aeternam et… à vrai dire, même à court terme. Peut-être allait-il se donner une semaine pour voir s’il s’agissait d’une passade, après quoi, il le prendrait entre quatre yeux pour lui expliquer qu’il devait prendre du recul, pour le bien de leur amitié.

« Eh ! Aides-moi au lieu de me jeter ton t-shirt qui sert à rien puisqu’il est déjà mouillé ! » rouspéta Jack avant de se détourner.

Il avait marqué une pause. En fait, à ce moment-là, ça devenait un peu intolérable cette tension qu’il ressentait et il s’en voulait extrêmement. Une semaine, il lui fallait attendre au moins une semaine. Il n’entendit pas la petite voix de Loïs qui l’appelait. Il n’entendit que la question suivante et la réponse plus cruelle qu’il n’aurait voulu qui sortit de sa bouche.

« J’ai déjà des projets, désolé. Je payerais les frais de réparation, promis ! » s’empressa-t-il de répondre avant de sortir de la salle de bain précipitamment.

Que pouvait-il faire d’autre ? Risquer de gâcher leur amitié avec un geste qui lui aurait échappé en restant avec lui ? Hors de question. Quitte à avoir des sentiments, il voulait faire les choses correctement et ne pas mettre son ami en porte-à-faux. Il lui dirait simplement, clairement, et trouverait un autre logement dans lequel il ne verrait pas se balader Loïs au réveil avec un jogging sous lequel se dessinaient ses parties intimes pour lesquelles sa curiosité semblait de plus en plus développée.


_________________

Ciel en Sauce

Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

(c) about today.
Revenir en haut Aller en bas
Loïs Campbell

Loïs Campbell

we will not destroy





› Célébrité : Jensen Ackles
› Messages : 74
› Arrivée en ville : 22/01/2014

That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back EmptyMar 25 Fév 2014 - 9:30

Il avait Jack. Il le croyait. Mais Est-ce que Jack voulait de lui ?

Il l'entendit donner une excuse sans vraiment porter son attention sur ses mots. Son attitude était assez claire, et son travail terminé, il s'éclipsait de la salle de bain laissant Loïs à son jean trop serré et ses réflexions. Est-ce qu'il l'avait réellement? Il n'avait pas l'impression d'avoir imaginé leurs pauses respectives en discutant sous le soleil froid de Stonehaven. Ni les quelques cafés qu'ils avaient pris ensembles, Loïs réparant quelque chose pour lui, Jack lui parlant d'Histoire, d'art et de plein d'autres choses. Mais si lui pensait qu'ils étaient devenus bons amis, peut être que Jack ne recherchait pas ça. L'avoir reccueilli ne voulait pas dire qu'il lui appartenait. Non pas qu'il pense qu'on puisse posséder les gens ou qu'il le veuille, il était beaucoup trop solitaire pour ça. Mais dans la ville il y avait peu de gens qu'il aurait hébergé chez lui avec autant d'enthousiasme. C'était peut être à sens unique, comme le reste.

Prenant la clef de la bonne dimension, il commença à dévisser le tuyau incriminé et récupérait les joins pour faire un tour en ville racheter le nécessaire. Il jeta avec le tas de serpillère pantalon et boxer pour se diriger en serviette vers son placard sans chercher Jack du regard et s'habiller. Il devait le laisser vivre, penser moins souvent à lui, peut être moins le voir pour éviter tout dérapage ? Il était hors de question qu'il s'épanche ou qu'il lui dise quoi que ce soit. Qu'ils soient amis ou pas il n'avait pas envie de le perdre. Et il ne savait que trop bien comment les amis réagissaient à ce genre de déclaration. Il ne pouvait pas les blâmer.

Sorti de sa chambre il fourra le matériel dans un sac, alla vers l'entrée récupérer son portefeuille, ses clefs et son blouson et se tourna vers la pièce principale, où Jack n'était pas. S'il partait... non, quand il partirait, la maison allait lui sembler vide. C'était la première fois qu'il voyait chez lui comme ça.

Il poussa la porte, et ne se retourna pas.


A suivre...

_________________


❝ Would you lie with me and just forget the world?  ❞
I know how you look in a mirror and hate what you see

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé







That day you came back Empty
MessageSujet: Re: That day you came back   That day you came back Empty

Revenir en haut Aller en bas
 

That day you came back

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
HOW TO CATCH A MONSTER. :: Administratif :: the news aren't good :: sujets rps-