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 sèche tes pleures. | LORNA

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Daniel C. King

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MessageSujet: sèche tes pleures. | LORNA   sèche tes pleures. | LORNA EmptyVen 28 Fév 2014 - 4:01



♢♢SÈCHE TES PLEURES
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LORNA&DANIEL

LORNA&DANIEL


J'ouvre les yeux.

J'ai encore ma veste de Rush ringarde. Et mon denim délavé.

Il y a l'exquise poussière d'une idée de plomb sur ma joue qui sort couchée sur le papier. Il est quelques tours d'horloge passés d'un sommeil de vapes. J'ai encore laissé Morphée me plaquer le visage contre un dessin à moitié terminé. Je bats des paupière au rythme fracassant de coups à la porte de mon appartement. Il est neuf heure moins le quart. C'est une heure adéquate pour dérager les gens, il me semble. Je fais sourire plat qui apprivoise déjà la surprise de cette visite.

C'est Lorna qui apparaît dans le cadre de ma porte. Comme toujours, elle a la respiration d'une fleur de cerisier et la douceur de son goût. Je lui souris alors que j'ai toujours un oreiller au visage. Elle me propose d'aller faire une ballade avec des amis en voiture. C'est bête comme idée. C'est simple. C'est alléchant. C'est merveilleux.

Il en prend trois minutes que je prenne place côté passager juste à côté de ma belle amie qui empoigne le volant comme le dard d'un canon et s'amuse à faire crisser les pneus. Ou bien elle n'en fait pas exprès d'y aller de cette symphonie caoutchouc. Peu importe. Il y a trois personnalités qui rient et qui crient en arrière. Je ne retiens pas leur nom et je leur souris en grande timidité. Je ne suis pas à ma place, mais...

Mais il y a de première fois que je fais une «sortie» en groupe d'amis. Je regarde Sarah la conductrice qui porte les prunelles où une rangée de réverbères s'y alignent et se succèdent. J'aime cette fille, comme une amie ou comme une sœur. Il n'y a pas à dire que ses folies me donnent plaisir d'attention. Et elle me respecte et m'apprécie avec les précautions les plus pétales qui soient, sans qu'elle ne perde sa vivacité de fleur. Et je lui porte mon cœur, comme je porterais à ma famille et... À ma famille simplement en fait. Je n'ai personne d'autres à aimer.

Je gâche le moment de mes moroses idées encore pour très peu de temps. Je me laisse entraîner par la vitesse du véhicule, les saccades de voix dans mon dos et les plumes de dents de mon amie. La radio nous offre une musique que j'ignore alors elle me sert de berceuse. Je suis content. Je me sens normal. Et part entière d'un groupe. Je suis content, content et épanouit. Il y avait quinze minutes, mes cauchemars sur mon bureau de travail n'auraient mériter le charme de cet élan amical de Lorna. Je suis dans mon coin de l'automobile, enfouit dans mon pull. Mais je la regarde, lui sourit franchement. Et je la remercie. Elle se doute peut-être que je suis triste? Me donne-t-elle cette joie d'occasion parce qu'elle a une générosité qui balaie les braises des ennuies avec grande planification? Je ne me charge pas d'y songer encore longtemps. Je l'aime.

Les pneus crissent encore, mais cette fois le bruit est moins poétique que la dernière et première fois. J'entends un cri. Deux. Il y a un arbre qui s'approche en un clin-d'oeil sur le pare-brise.

J'ouvre les yeux.

J'ai encore ma veste de Rush ringarde. Et mon denim délavé.

Ce n'est pas de table de travail qui flotte sous ma joue, mais une boue qui patauge dans l'herbe. L'herbe est mouillée, comme mes vêtements, il me semble. Je me relève. Mes jambes sont tant engourdies qu'elles me laissent choir mon tout entier sur le sol avant de prendre la marche.

Je ne sais pas trop où je vais. J'ai cet air qui ne veut rien dire sur le visage. Sourcils qui cherchent. Bouche qui se froisse. Jouent qui s'engouffrent, peut-être, dans des pommettes d'incompréhension. Je ne rêve pas. Je rêve trop rarement et jamais d'aussi grande texture. C'est si stupide comment l'évidence nous frappe que trop tard, alors qu'elle nous entoure et nous diffuse la vérité en travers de ragots de citoyens ou d'histoires pour enfants. Il me prend trente-trois minutes avant de capter en souvenance mes dernières heures. Fracas. Contre un arbre. Des pneus. Je suis en voiture. Avec des inconnus. Et Lorna.

Je m'arrête soudainement à sentir une boule d'air me bloquer la gorge. Je ne réalise même pas être en abord de la ville pour longer l'eau et sa beauté. Lorna. Il y a une tristesse qui m'envahit soudainement. Elle conduisait une voiture et il y a eut un accident. Ce n'est rien qui soit de grandes tortures, quoi qu'il m'est difficile de m'évoquer la scène en pensée sans vomir un gémissement de mal aise, mais soudain je me sens vide. Plus qu'avant, je veux dire.

J'ai décédé. Je le sais. C'est tout.

Mais d'un autre côté, je ne le sais pas. Enfin, qui dans sa vie est déjà arrivée à une telle conclusion? Je tâte mes doigts en les observant d'un curieux chagrin. Pendant un moment. Comment est-ce possible? Sans doute que les fables de la ville ont grandis d'une force telles qu'elles ont rendu l'impossible possible. Ou je perds les pédale. Mais un fou ne saurait croire un instant qu'il l'est, alors ce n'est sûrement pas ça. Mais je m'en contrefous. L'irrationnel n'est pas de mon instant, car je pense à Lorna.

La pauvre. Elle doit se faire un sang d'encre. S'en ronger la moelle. Se tordre de larmes. Peut-être était-elle gravement blessée. Elle toujours en vie? Elle est revenue à la vie aussi? Pourquoi cette question glisse-t-elle aussi facilement dans mon crâne?

Je n'ose imaginer ces scénarios. Ils sont trop gris. Mon cœur fait sa chamade en débile – si, je vous l'assure – et je m'éprends ami d'un téléphone public. La sonnerie de Sarah tinte dans le vide pendant interminables essaies. Je me mets à trembler. Vertige cuisant, comme l'avare qui perd tout son or. Elle est morte. Alors je pleure. Non, retiens mes pleures plutôt. Elle est toujours vivante. J'en sens dans mes tripes. Qu'un désastre aussi flagrant ne peut survenir. Que mon décès est un passé et que le présent se trouve dans ses bras. Je dois lui donner une consolation et une berceuse. Puis je lui dirais d'arrêter de pleurer et je caressera ses cheveux en m'excusant.

Mon pas est de double rapidité jusqu'à l'hôpital de Stonehaven. Il y a les soins des urgences. Je racle les tuiles du sol sur une quantité indomptable de foulées. J'accoure presque. Les gens ne me prêtent pas ne serait-ce que le respire d'une attention. Rien n'a changé sur ce point. Lorna, soit dans cet hôpital.

Ascenseur. Escaliers. Trompé d'escaliers. Corridors. Le bon escaliers. Radiologie, pédiatrie, endoscopie, résonance magnétique, soins palliatifs. Il y a de sections comme j'ai de peur. Et enfin, abrupte porte, je me mène à la salle des urgences ou qu'importe. C'est bondé, craqué et étouffé. Je me fraie chemin et suis un sarrau blanc au hasard. Il me mène à quelque part de très très blanc. Comme le reste de la bâtisse. Il n'y a plus le n'importe quoi sur mon visage. Il y a carrément de l'inquiétude. Et du chagrin. De l'énorme peine. Je veux retrouver ma Lorna. Je dois la retrouver. J'entre dans une chambre. Vide. Dans une autre. Une vieille dame dort. J'essaie une troisième. Une infirmière fait injection à un homme. J'ouvre une autre porte. Face à face avec une asiatique. Ce n'est pas Lorna. Elle me fonce presque dedans puis réalise qu'une personne se dresse dans son chemin. Oui oui, je suis bien là. Elle me fait gros yeux, les cligne presque d'outrance.

Qu'est-ce que vous faites ici Monsieur? Les invités ne sont autorisés qu'entre midi et quatorze heures. Je vous prierais de regagner la sortie.



J-j-j-je cherche Lorna Sarah Jeong. Jeong. C'est... Une jeune coréenne. Dans la vingtaine. Cheveux courts et clairs. Un regard doux. Très émotive. C'est une patiente. Dites-moi que c'est une patiente... Elle a eut un accident de voiture. Je ne sais pas quand mais-mais-mais-



Je parle vite et ma voix est craquelé de pleures qui veulent s'enfuir. Je parle tout de même calmement, échos en clapotis dans le corridor. Je veux exploser. Mais je ne le ferai pas. Je ne veux pas déranger. Je ne veux que ma Lorna. Et je retiens mes pleures.


©BOOGYLOU.

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C'est sans doute pourquoi on m'a donné deuxième chance dans cet accident à la con. Pour consoler. Consoler et effrayer. Ça rime bien, je trouve.  
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MessageSujet: Re: sèche tes pleures. | LORNA   sèche tes pleures. | LORNA EmptyVen 28 Fév 2014 - 5:07



♢♢ SÈCHE TES PLEURES
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DANIEL

&LORNA


Il est mort. C’est cette phrase qui tourne en boucle dans l’esprit de Lorna. Cette phrase. Il est mort. Et tout ce qui peut graviter autour. Elle n’allait plus revoir son visage. Plus jamais. Plus de photographie, plus de sourire timide. Rien. Elle n’allait plus pouvoir lui sourire. Simplement lui sourire. Lui parler, parfois. Mais ils n’avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Vingt ans. Ça faisait vingt ans qu’ils se connaissaient. Vingt ans plus tôt, elle était arrivée vers lui avec sa petite robe à la couleur oubliée depuis longtemps et ses longs cheveux, devenus courts, qui lui claquaient le visage. Vingt ans plus tôt, elle lui avait offert un sourire, et puis un dessin. Et du temps, de son temps pour jouer à des jeux d’enfants. Lui.. Lui, il lui avait offert l’amitié. La pure, la vraie. Celle qui n’a aucune ambigüité, qui n’a rien de compliqué. La facile. La douce. La réconfortante. Elle l’aimait. Elle l’aime. Un amour pur, un vrai. Le sincère, celui qui ne s’estompe pas avec le temps, qui ne disparait pas à la première contrariété. L’amour d’une sœur. Il n’était plus. Lui, Daniel. Son meilleur ami. Son frère. S’il ne l’était pas de sang, au moins l’était-il par le cœur. Et il était mort. Par sa faute à elle. Juste par sa faute. Si elle n’était pas venue frapper à sa porte, si elle ne l’avait pas emmené dans cette voiture.. Si elle n’avait pas perdu le contrôle.. Tant de « si » inutiles. Comme elle. Elle était aussi inutile que ses pensées qui lui vrillaient l’esprit. Aussi inutile que la mort de Daniel. Il ne méritait pas la mort. Pas maintenant. Pas si jeune. Pas à cause d’elle. C’était la vie qu’elle aurait voulu lui offrir. Les rires, le bonheur. Et elle l’avait condamné au silence. Au rien. Il était mort.

Elle se souvenait à peine de l’accident. Commotion cérébrale, perte de la mémoire immédiate. Aucun souvenir. Juste le traumatisme. Violent, brutal, vil et infâme. Comment pourrait-elle seulement vivre avec ça ? Comment pourrait-elle seulement vivre, tout simplement ? Elle avait pensé au suicide. Et maintenant. Maintenant, elle ne pensait plus à rien. Il n’y avait que la triste réalité qui lui sautait encore aux yeux, que le traumatisme qui venait l’étouffer et que l’immonde petite bête qui venait parfois la bouffer. Mais elle se taisait. Elle essayait. Les seuls mots qu’elle disait faisaient pleurer ses parents, trop vieux pour encaisser tout ça. Elle avait oublié de compter les jours. Ou de compter sur les légendes de cette ville. C’était idiot de croire que les morts pouvaient revenir à la vie. C’était idiot de croire qu’on pouvait encore changer le passé.. Une larme, silencieuse et solitaire, roula sur sa joue. Vite rejointe par d’autres, jusqu’à noyer son visage aux traits tirés, aux cernes violacées. Ça faisait des jours qu’elle ne dormait plus qu’avec des cachets et qu’elle se réveillait en hurlant. Ça faisait des jours qu’elle ne mangeait plus que par perfusion, parce qu’elle refusait de se nourrir seule. Ça faisait des jours qu’elle avait arrêté de vivre, quand bien même elle était vivante. Et elle se prenait même à penser – Seigneur, elle se trouvait horrible – qu’elle se fichait de savoir comment allaient les autres. Daniel était mort. Son monde s’écroulait. On n’efface pas vingt ans de sa vie comme ça. On ne soigne pas les vraies blessures aussi facilement. Point final.

« Mlle Jeong ? » Elle tourna à peine la tête. Juste suffisamment pour voir une infirmière et pour reporter son regard sur le plafond. « Voulez-vous sortir un peu ? »

Aucune réponse. Lorna continua à fixer son plafond en ignorant la pauvre femme qui n’avait pourtant rien fait. Elle n’y était pour rien, cette blonde dans son uniforme blanc. Personne n’y était pour rien. Sauf elle. Elle, la fille d’immigrés coréens et restaurateurs appréciés. Elle, qui avait enterré son meilleur ami il y avait peu de temps. Elle se foutait, royalement, de sortir. Ou de quitter cette pièce un jour. L’infirmière insista et Lorna trouva sa petite voix terriblement agaçante. Dérangeante. Qu’on lui foute la paix. Qu’on la laisse crever, qu’on la laisse fixer son putain de plafond.. Elle serra les poings, faisant remonter un peu de sang dans la perfusion qu’elle avait au bras. Juste assez pour l’hypnotiser. Serrer. Relâcher. Elle voyait le sang se mêler au liquide transparent qui devait sans doute contenir tout un tas de conneries. Serrer. Relâcher. Trouver un truc pour faire reculer l’immonde petite bête qui la menaçait en se nourrissant de l’agaçante petite voix de l’infirmière. Serrer. Relâcher. Le même procédé que pour un souffle, finalement. « Mademoiselle ? Attendez, je vais arranger votre perfu.. » Un Non net et franc, presque crié, s’échappa des lèvres de l’écossaise, figeant l’infirmière sur place. Non. Elle ne voulait pas qu’on l’approche. Elle ne voulait pas qu’on la touche. Qu’on l’effleure seulement. Qu’on la regarde. « Non. S’il vous plait. » Elle avait daigné parler. Elle s'était forcée. Un petit miracle en somme. Pour replonger dans le mutisme et dans la contemplation du plafond. Serrer. Relâcher. Elle ferma les yeux. Elle avait encore envie de pleurer. Envie de hurler. Elle était fatiguée.

Ses yeux se rouvrir avec la violence d’un désespoir. Hallucination ? La porte ouverte sur le couloir lui porta des éclats de voix.. Mais elle se fichait de celle de la femme. L’autre, celle de l’homme.. Elle l’aurait reconnu entre milles. Elle l’aurait reconnu même en étant sourde. Elle se redressa brutalement. Sa tête lui tourna, fort. Si fort qu’elle eut la crainte de ne pas réussir à se lever suffisamment vite. L’espoir. La peur. Les larmes. Les larmes qui noyaient ses joues à n’en plus finir. Qu’il parle encore. Ce n’était sûrement qu’un mauvais tour de son esprit. Qu’un vieux tour de l’immonde petite bête. Mais l’espoir.. Les regrets. Daniel. Elle se leva. Vacilla dangereusement. Et se retrouva à nouveau assise sur son lit, avec l’envie infâme de vomir. Commotion cérébrale.. Elle avait presque oublié. Elle pleura plus fort, ses larmes silencieuses se transformant en sanglots qui lui firent mal à la poitrine. Plutôt mourir que de ne pas être sûre ! Elle se leva à nouveau, attrapa sa tige à perfusion. Le sol ondulait sous ses pas, et les médecins l’auraient cru folle de se lever dans son état. Elle était folle. Folle de chagrin, folle d’espoir, folle de douleur. Mais folle. Ses pieds nus avancèrent avec la même vivacité que ceux d’un zombie. Et sa main se plaqua violemment contre sa porte, alors qu’elle y prenait appui.

« Dan.. Daniel ? » Elle avait la vision brouillée, et la voix brisée. « Laissez.. LAISSEZ-MOI LE VOIR ! » cria-t-elle dans le couloir, alors qu’une infirmière accourait vers elle. Avec le peu de force qu’il lui restait encore, Lorna gifla la pauvre femme « Je veux voir Daniel.. » pleura-t-elle encore. Mais, peut-être que cela n’avait été qu’un mirage.. Elle était presque sûre de faire une crise. Encore une. Elle tenait à peine sur ses jambes. Toute prête à tomber.. Mais elle voulait juste Daniel. Personne d’autre que Daniel.. Elle ne laisserait personne d'autre que Daniel ne serait-ce que la frôler..
 


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Je n'étais qu'un mauvais présage, on s'est aimé puis vint l'orage, moi qui aimait tellement ton sourire.. J'espère n'plus jamais faire souffrir quelqu'un comme je t'ai fait souffrir.. Pourquoi, pourquoi même quand les gens s'aiment, il y a, il y a toujours des problèmes ?          ► La vie à 2, Manu Chao.
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MessageSujet: Re: sèche tes pleures. | LORNA   sèche tes pleures. | LORNA EmptySam 1 Mar 2014 - 19:21



♢♢SÈCHE TES PLEURES
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LORNA&DANIEL

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Et je remarque qu'à cet instant un goût dans l'air. Un goût de malade, un goût de mort. C'est la saleté des lustres néons qui enduisent ce qu'attrapent nos poumons au vol de ce je-ne-sais-quoi qu'ont les hôpital. J'en suis persuadé. D'abord, la lumière fait un reflet macabre dans mes prunelles, ensuite celles-ci veulent pleurer jusqu'à s'en épuiser à l'aveugle. Je ne perçois que vains désastres dans cette ambiance de morgue. De morgue? D'hôpital. Très semblable. Mais pas la même chose. Parce que dans le second lieu, il y a l'espoir.

J'imagine c'est ce que je pêche avec l'infirmière asiatique qui s'obstine à me faire déguerpir. Oh! mais si elle savait! Si elle savait tout ce qui m'amène à désirer voir mon amie à cet instant près! Si seulement elle pouvait octroyer l'idée de la situation à sa radicale pensée d'heures et de visites! Je veux me mettre à genoux devant elle pour la supplier. De me dire que Lorna va bien. Que je pourrai la prendre dans mes bras et lui dire de sécher ses pleures. Je ne veux que consoler cette toute chère qui a perdu la tête dans cet accident morbide si ce n'est le pouls.

J'entends alors un tranchant qui vient épater mon aorte d'une sèche poignarde bien placée. C'est sa voix. Que je reconnais d'entre toutes celles que mon ouïe ait enregistrées. Encore une fois, une bouffée de souffle me bloque la gorge. Mais parce que mon myocarde est trop heureux et cogne mes côtes d'une croissance spontanée. Il y a mon visage qui s'ouvre, qui prend une forme légère. Et je me retourne, sans empressement, vers cette parole qui porte toute la soie du monde.

Elle est en jaquette. Plus loin dans ce corridor. Je ne la vois pas. Pas encore, mais je l'imagine à merveille. J'entends une claque. Je souris comme une fleur qui s'étire pendant des heures à l'aube. Elle a sa vivacité de cœur, comme toujours, que malgré la mort et les voitures tombées, sa meilleure amie restait la perle de sa vie comme elle l'avait toujours été. Je ne sais trop ce qui est advenu de l'infirmière asiatique, mais je crois qu'elle nous eut laissé reposé en paix à partir de cet instant.

Alors je prends marche vers cette chambre. Cette fois, le carrelage du sol est aspiré derrière mes traces d'une rapidité à faire bouillir les premiers coureurs. Les néons ne puent plus. Ils sont un chemin vers le trésor, et ils me guident pour qu'en quelques secondes de rêve flou je sois devant déjà à imaginer l'odeur nostalgique de Sarah. Ma précieuse Sarah. Que je veux et dois faire sourire. Une infirmière sort de la dite chambre d'un air accablé. Elle a une main sur la joue et marche en sens inverse à moi. Elle disparaît de mon champ de vision et ne laisse que sur mon visage un air encore plus gamin et joyeux.

J'atterris dans le cadre de la porte. Je suis essoufflé. Je n'ai pas tant couru, mais je suis le plus heureux des hommes. Et Lorna est là. En jaquette. Juste comme je l'avais imaginé. Plus mal en point, certes, mais bien vivante. Je rayonne sur elle et prend une bonne dizaine de seconde à jouer le silence à la regarder avec un bonheur immense. Un œil étincelant. Et un sourire qui lui donne tout mes vœux. Ma Sarah qui est là, toujours vivante et magnifique. Elle est de tristesse, de colère, de chagrin, de folie, de remords, de dégoût, de tout, de tout, de tout. Je le sais. Elle ne prend jamais ce qui lui traverse par le cœur à la légère. Je soupire à faire lever ma poitrine et secoue ma tête à ne pas croire à une si belle fin. Non, un si beau commencement.

Et alors je saute sur elle. L'agrippe dans mes bras, l'emprisonne qu'elle n'éclate. Je la serre fort, mais pas trop, je sens le rythme de ses battements dans son cou et ça me donne le courage d'ouvrir les mots:

Tu vas bien, Lorna... Tu vas bien! J'étais si inquiet... Ma douce Lorna... Je ne veux plus te laisser partir...



Je ferme fortement les yeux, presque aussi fortement que je donne l'étreinte. Et je caresse ses cheveux. Ils sont une sauce parfumée sur ma joue. Et je me rappelle du premier câlin que nous nous sommes échangé. Et du second. Les rares, qui sont gravés dans mes pores. Puis je défais mes serres, garde toutefois mes mains sur ses épaules. Et je la regarde dans les yeux. Je souris tellement. Je lui donne un gratitude immense. D'être ce qu'elle est. De toujours être, tout simplement.

Tu n'as pas trop de mal, hein? J'ai courut pour venir de voir dès que... Dès que... Je sais pas trop en fait. Mais je ne voulais surtout pas que tu restes dans cet état plus longtemps... Je suis si content que tu ailles bien...



C'est stupide mais je ris. En faiblesse, mais en enfant. Il y a encore chamade dans mes tempes, mais c'est pour le mieux. Et simplement j'espère que ma Lorna ne tombera pas à mille miettes. Sans doute l'est-elle déjà? Si oui, je prendrai ma vie à faire ce casse-tête et à la rapiécer. Parce que c'est tout ce que j'ai à accomplir de ma nouvelle vie.

 


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C'est sans doute pourquoi on m'a donné deuxième chance dans cet accident à la con. Pour consoler. Consoler et effrayer. Ça rime bien, je trouve.  
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MessageSujet: Re: sèche tes pleures. | LORNA   sèche tes pleures. | LORNA EmptyVen 7 Mar 2014 - 16:42



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DANIEL

&LORNA


Etait-ce un mirage ? Oh Seigneur, qu’elle s’en foutait ! Qu’elle se foutait de savoir si elle délirait, à entendre des pas qui martelaient le sol ! A entendre son souffle, à le voir arriver et se stopper quelques secondes devant elle. Il était mort, pourtant. Elle le savait. Il était mort à cause d’elle, et il était là pourtant. Là, devant elle. Il semblait si irréel  à cet instant, cet instant qui s’étirait alors que les larmes n’avaient de cesse de former des petites rivières sur les joues un peu pâles de l’asiatique. Lui, il la regarde avec ce bonheur enfantin qui lui fait briller les yeux. Ce même bonheur, sûrement, que le jour où elle lui avait tendu la main alors qu’ils n’avaient été que de si petits enfants.. Comment pouvait-il être à la fois là, et dans sa tombe ? C’était de telles questions superflues, finalement. Des petits morceaux de pensées qui s’évadaient, pour essayer de trouver une logique inutile à cette situation. Elle se sentait défaillir, presque. Elle avait envie de le toucher, pour se dire que c’était vrai. Que ce n’était pas une hallucination de son esprit de plus en plus atteint. Il avait l’air si vrai ! Si réel, face à elle, à la regarder avec cette joie ! Personne, à part eux, ne pouvaient comprendre leur amitié tendre, fusionnelle et pudique. Personne ne pouvait comprendre ce que Lorna ressentait face à Daniel, et ce que Daniel ressentait face à Lorna. C’était leur jardin secret, leur petit truc à eux deux. Le temps semblait s’être figé pendant ces quelques secondes où ils s’étaient retrouvés. Lorna était d’une tristesse accablante, et Daniel d’une joie si enfantine.. C’était beau, et triste. Incompréhensible et réel. Elle le su à la seconde où Daniel fonça sur elle pour la prendre dans ses bras.

Les sanglots de la jeune femme redoublèrent, lui déchirant l’âme et la voix. Elle le serrait fort, si fort, à s’en faire mal. Elle respirait son odeur. Incapable de rompre ce contact, alors que ses mains allaient se perdre dans les cheveux de Daniel, sur son cou, que sa bouche posait des baisers sur chaque parcelle de peau qu’elle pouvait rencontrer. Qu’importe le goût de terre, elle s’en foutait. Elle se foutait de tout. Elle ne l’écouta même pas lorsqu’il parla la première fois, ses sanglots trop forts et la réalité si brusque l’emmenant ailleurs. Elle avait juste entendu sa voix, sans comprendre les mots qu’il avait lâchés. Oh ! Sa voix ! Elle avait tellement cru qu’elle ne l’entendrait plus jamais ! Elle n’avait de cesse de baiser cette peau, de toucher les cheveux de ce meilleur ami qu’elle avait cru perdre. Elle pleurait de tristesse et de joie, d’émotions trop fortes qui lui donnaient le tournis. Elle emmerdait l’immonde petite bête à cet instant, parce que Daniel était là. Daniel était dans ses bras, qu’importe qu’il ai été mort un jour. Il était son tout, elle n’était rien qu’une poussière inutile sans lui. Elle avait peur de le lâcher. Peur de le voir s’évaporer dans l’odeur aseptisée de l’hôpital. Lorsqu’il se desserra d’elle, elle eut un mouvement possessif, un moment qui semblait dire « Ne me lâche pas, s’il te plait. » mais elle accepta l’inévitable rupture de leurs corps qui ne se rencontraient plus qu’à peine. Juste deux mains sur les épaules de l’asiatique. Deux mains d’hommes, qui furent rejointes par des petites mains de femme. Il parla, et il rit. Et un son entre le rire et l’étouffement par les larmes sorti de la bouche de Lorna.

« Tu es là.. » dit-elle simplement, dans un murmure tremblant, alors que ses mains serraient celles de Daniel. « Je t’aime Daniel ! Je suis si désolée.. Je suis tellement désolée.. » Elle baissa la tête, sentant de nouvelles larmes descendre en cascade de ses yeux fatigués. « Tu étais mort.. Par ma faute.. Je t’ai tué, Daniel.. Je t’ai tué et tu viens me prendre dans tes bras, comme si j’étais une amie.. Pardonne-moi.. Je t’en prie.. Ne m’abandonne plus.. » Ses mots étaient coupés de sanglots incontrôlables, qui balayaient son corps en secousse indomptables. Elle se sentit fondre à nouveau, elle sentit sa tête lui tourner comme dans un manège vomitif. Elle brisa le peu d’espace entre leurs corps, pour revenir se blottir contre lui, de toute sa force de désespoir. Elle l’avait vu descendre en terre, elle avait vu les parents de Daniel pleurer. Elle savait qu’elle l’avait tué. Elle le savait, et pourtant, il était là.. Ses doigts se crispèrent sur le tissu qu’il portait, si forts qu’elle en eut mal. « Dis-moi que tu es réel, Dan’.. Je t’en supplie.. Dis-moi que je n’hallucine pas, que ce n’est pas mon esprit qui t’invente.. » Sa voix était si basse, moins qu’un murmure, à peine suffisante pour être entendue de Daniel lui-même. Mais ce n’était sûrement pas le plus important. « Je suis désolée.. » répéta-t-elle encore. Sa culpabilité était exacerbée à cet instant, la détruisant doucement, alors que les bras de Daniel tentaient de la reconstruire.. « J’aurais dû mourir à ta place.. Je donnerai tout pour mourir à ta place.. » lâcha-t-elle encore dans une tristesse plus grande encore que tout ce qu’elle avait articulé jusqu’à maintenant.

Et elle resta collée contre lui. Ils ne se câlinaient pas si souvent, mais elle avait besoin de le sentir si proche, si vrai. Si réel. Elle voulait que tout cela soit vrai. Que ce ne soit pas un rêve. Que ce ne soit pas l’immonde petite bête sous une autre forme. Mais comment cela pouvait-il être réel, alors qu’elle l’avait vu mourir ? Elle ne croyait qu’à peine à ces histoires de revenants, mais si seulement ça pouvait être vrai.. Si seulement.



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MessageSujet: Re: sèche tes pleures. | LORNA   sèche tes pleures. | LORNA EmptyLun 10 Mar 2014 - 21:15



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LORNA&DANIEL

LORNA&DANIEL


Il n'y a d'intensité que de larmes à dénombrer. Lorna devient peu à peu un étang. Je le sais, je la sens dans mes bras. Et ce n'est point la première fois que je tâte ses sanglots et ses chagrins, de chute et de désespoir, poignant jusqu'au creux du cœur. Je le ressens jusqu'à mes veines de mes poignets enroulés autour d'elle. Je pleure à mon tour. Sarah a cette capacité de véhiculer et apporter le sentiment le plus vif et carnivore. Chez moi en tout cas. Parce que je suis bien trop heureux, je ne peux cesser de sourire. Alors je verse une larme timide, de joie, et je continue ce visage de bonheur. Ma belle Lorna se porte bien. Elle me caresse, m'embrasse et m'enlace comme si elle ne voulait plus jamais me perdre. Et j'enfouis mon visage dans son cou, hume le jasmin de sa peau, et adopte l'attention de baisers et de souffles qu'elle me donne. Je compte une heure bien facilement de passé à écrouler mon amour et mon réconfort sur elle. Je la sens si fébrile que j'ai peur qu'elle ne se cases en mille porcelaines. Mais je sais qu'elle va bien. Qu'elle est toujours ma belle Lorna en chaire et en os. Alors je souris. Toujours.

Et même le dernier soubresaut de ses griffes qui ne voulaient s'enfuir de mon emprise m'écorchèrent le cœur. La pauvre était un tas de peine et de mélancolie. Si seulement les choses avaient pu être autrement... Souhait stupide, puis que rien du passé ne pouvait être changé. Rien sauf la mort, apparemment. Drastique mais sauveteur. Dans quel gouffre mon amie se serait perdue et échafaudé le non-retour si jamais je n'avais remis main sur elle? Je n'ose en imaginer de telle. Je l'entends rire et je frissonne de chaleur.

Et c'est la tirade de la belle amie qui donnent fin à mes lèvres tirées. Même que mes sourcils se froncent comme des vagues houleuses. Bien simplement et doucement. J'attendais l'inévitable maintenant. Où elle s'excuse et se confonds. Elle ne comprend pas, elle est sous le choc, c'est bien naturelle. Elle ne sait pas qu'il n'y a que d'amour pour contrer la mort, et que la hargne ne la définira que de plus en plus dans l'ombre. Ou plutôt, je sais qu'elle a cette brillance d'esprit. Mais les larmes lui font voir flou. J'avale difficilement. Sa voix était un violon qui ne pouvait que donner l'entaille à ma gorge qui avait mal à avaler et régurgiter son air. Non... Elle n'avait pas à mourir. Pas ce rayon de soleil. Pour rien au monde l'innocence de ce jeune volcan d'émotions ne devait rendre l'âme. Elle n'avait décidé à la recevoir et ne devrait pas choisir quand la redonner. Lorna, ma belle Lorna... Elle qui avait fait reprise de mon corps si abruptement, dans toute sa beauté. La plus doucereuse des crises, il me semble, jusqu'à goûté moi-même la bile amertume de son ventre en galère sous ma langue...

Moi qui est ici, à cet instant, qui a accourut pour lui donner une nouvelle joie, une consolation, un réconfort... Je ne sais que dire. Je la serre avec une force parcimonieuse et je vais déposer un baiser sur le sommet de sa tête. Même ses cheveux goûtent le salé des ruisseaux. Les gestes ont toujours été plus évocateurs que les mots, en mon sens, et Lorna comprendrait. Nous sommes de si fines proximité de cœur... L'inverse serait illogique. Je pince mes lèvres. Et les entortillent. Je ne veux pas qu'elle s'inquiète de ce silence, moi-même j'ai peur de disparaître comme je suis apparut. Car non je ne peux plus l'abandonner, non je ne vais plus jamais la laissé, et certainement que je veux la voir rendre le souffle sur son chevet la première avant de quitter la vie sous ses yeux comme j'ai déjà fait... C'est stupide, sans doute, mais je pense alors à notre rencontre. J'étais tellement gêné. Elle était tellement radieuse. C'est anodin et surprenant à la fois comme deux personnes de réalités totalement différentes peuvent entrechoquer et entremêler leur vie pour ensuite la partager... à leur manière.

Tu te souviens quand on avait pas plus de quatorze ans... Tu m'avais invité à manger une crème-glacée même s'il faisait super froid. Parce que tu savais que j'adorais la crème-glacée. Tu es si gentille... Puis quand je suis revenu avec mon cornet, je l'ai échappé au complet sur ton chandail. Tu te rappelles?



C'était un murmure très candide qui s'était terminé sur un léger rire. Un rire qui laisse mes larmes s'incruster dans mes pores et disparaître. J'avais simplement conté cette anecdote parce qu'elle m'était spontanément passé par la tête, puis par la bouche. Je ris encore, sans la lâcher, un peu plus fort.

À l'époque j'avais vraiment pas trouvé ça drôle. J'étais certain que tu voudrais plus jamais me parler. Que tu allais te mettre en colère de mes bêtises. Je sais pas comment tu fais pour garder ta patience. En fait, oui je sais: tu es si gentille...



Je caresse ses cheveux. Ils sont doux comme sa peau de lait. Elle me fait penser à ma mort et ce qu'elle n'en est plus. Je ne cherche pas la logique, pas encore. Je gratte l'hypothèse et la soumet à des songes de Lorna. Je soupire. Et de franchise et de pure instinct, je n'ai rien d'autre à lui chuchoter, toujours de grande fragilité:

Je sais pas trop si je suis réel. Faudrait croire que oui. Mais je crois pas qu'un Dan' sorti de ton esprit aurait frustré autant d'infirmières en si peu de temps, et je prends pause à sourire. Comme je suis heureux de l'avoir dans mes bras! Et s'évapore ma joie pour en prendre du sérieux: Ne dis pas cela. Je t'en supplie. Ne pense pas cela. Tu es si gentille, jamais tu n'aurais put tuer quelqu'un et je le sais bien trop. C'était un accident. Comme... comme la crème-glacée. Pas tout à fait pareil, mais semblable. Et jamais je ne pourrais en vouloir à ma meilleure amie qui a fait un accident. Je pourrais lui en vouloir si elle prévoyait mourir à ma place. Et encore là... Mais pas pour un accident si bête. Pleure comme tu le souhaites, je serai ton épaule. Pour toujours. Mais ne sois pas désolée et ne te ronges pas de remords.



Bourdon de pleures en fond de l'ouïe. Je prends pause pour avaler et garnir ma langue d'autres paroles, qui soit du ton le plus rassurant cette fois:

Chut... Je suis là maintenant. N'oublie jamais que jamais tu ne m'auras tué, si ce n'est que de rire ou de tendresse. Moi aussi je t'aime. Tellement... Et pour le reste de ma seconde vie je tâcherai de te faire sourire. C'est promis.



Okay ça suffit les tourtereaux.



Cette dernière voix était grave, basset et sévère. Ou plutôt exaspéré. Ce n'est pas la mienne. Je sursaute et me retourne contre courant de mon accolade, sans toutefois me décoller de mon amie. Il y a dans le cadre de la porte un docteur et la même infirmière qui semble bien heureuse d'être aller chercher le patron pour me faire déguerpir. Je porte l'air déçu et baisse le menton. Le docteur et son stéthoscope me font un air bizarre. Je pince mes nerfs qu'il ne sache mon autopsie. Et je placarde mon iris sur le sol et je bats de l'aorte. Je me colle presque en chaton contre sa mère sur Lorna qui fait une tête de moins que moi. Je réplique à l'induit en erreur:`

Non non n-



Les invités ne sont autorisés qu'entre midi et quatorze heures, s'obstine contre moi l'infirmière.



Et à mon tour de faire la plainte: Qu'est-ce que Lorna fait encore ici? Elle se porte bien. Elle ne devrait peut-être pas rester dans un endroit mort, elle rayonne trop.



Je serre le point par grande nervosité. Je n'ai jamais été à l'aise dans ce genre de situation. Surtout pas devant quelqu'un qui a peut-être fait mon autopsie devant lequel je garde coulé en béton mon regard sur les dalles du sol. Mais celui-ci dévie sur l'œil de Sarah à qui je fais un petit sourire complice. Il n'y a rien de ce monde qui pourrait me séparer d'elle. Pas même la mort: j'en suis la preuve.

Si elle ne peut pas sortir, alors je reste.



 


©BOOGYLOU.

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C'est sans doute pourquoi on m'a donné deuxième chance dans cet accident à la con. Pour consoler. Consoler et effrayer. Ça rime bien, je trouve.  
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