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 (woody) ☞ supermassive black hole.

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D. Woody Knox

D. Woody Knox

rise out of the ground
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› Célébrité : casey affleck.
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MessageSujet: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyLun 24 Mar 2014 - 18:30



woodrow dexter "woody" knox
« there's no country for old men. »


NOM ✢ Knox. C'est un prénom relativement court, mais il s'en complaît plutôt. Après tout, quoi de plus simple que d'avoir une identité simple ? PRÉNOM ✢ Woodrow, c'est son prénom le plus courant, celui qu'on utilise, et qui lui rappelle le moins de mauvais souvenirs. On le surnomme pourtant Woody, parce que Woodrow, faut avouer que c'est pas hyper sexy. Son second prénom est Dexter. Passez les références. Mais à part ça, on aime bien l'appeler comme ça. Surtout les petits cons de collègue, une fois qu'ils ont lu son dossier. DATE ET LIEU DE NAISSANCE ✢ C'était un certain huit août mille neuf cent quatre-vingt-un, à Stonehaven. ÂGE ✢ Trente-deux ans. Il n'aime pas trop parler de ce genre de choses, d'autant qu'il trouve que la vie passe beaucoup trop vite. Et à la fois beaucoup trop lentement. En bref, il n'aime pas vieillir, mais il n'aime pas non plus être si jeune. Ne cherchez pas. Il n'aime pas, c'est tout. PROFESSION ✢ Journaliste, de formation. Ancien militaire et ancien vigile de sécurité pour payer ses études. Il est néanmoins un peu trop curieux, semble-t-il, ce qui lui vaut une obligation de changer d'employeur tous les trois-quatre matins... De gré ou de force. SITUATION MATRIMONIALE ✢ Célibataire, célibâtard. Il n'aime pas l'idée de devoir s'attacher à quelqu'un, et de rester avec jusqu'à la nuit des temps. Il n'est pas prêt pour ça. ORIENTATION SEXUELLE ✢ Hétérosexuel, ça ne lui viendrait pas à l'idée de coucher avec un homme, même pour tout l'or du monde. Cependant, il n'en est pas homophobe pour autant. Il respecte. Mais très peu pour lui. SITUATION FINANCIÈRE ✢ Moyenne, voire basse, en fait, mais chut. Il a un appart' pas glorieux, qu'il remplit de la manière la plus glorieuse possible, histoire de faire croire que ça va, qu'il va bien. Et on ne s'étonne pas que personne n'ait le droit d'y mettre les pieds, lorsqu'on sait qu'il a bien du mal à joindre les deux bouts. Il n'aime pas avoir l'air de cet homme qui a besoin d'aide. Mais pourtant, c'est le cas. EN UNE CHANSON ✢ i'm a man, black strobes GROUPE ✢ name in stone.


QUALITÉS ET DÉFAUTS ✢ Curieux, provocateur, obstiné — que dis-je, borné —, instable, violent, agressif, sur la défensive, peu bavard, sauf lorsqu'il a bu, renfermé, secret, charmeur, étrange, se cherche, et ne sait pas trop ce qu'il cherche dans la vie, faux-calme, plus suicidaire que courageux, lâche, orgueilleux, intelligent, malin, rusé, à chaque problème sa solution, handicapé par ses souvenirs, difficile à vivre, pas vraiment tactile, pense qu'il n'est pas doué pour rassurer et consoler les gens — en est même persuadé —, mais c'est juste avec les interactions humaines qu'il n'est pas doué, arrive étrangement à obtenir ce qu'il veut, de par sa curiosité et sa ruse, la plupart du temps. En gros, il part au quart de tour et pour un rien, et peut être aussi gentil que con, aussi réfléchi que simplet, et aussi violent que pacifiste. Son caractère dépend des jours, de son humeur, de la météo, du nombre de fois où le chat de la voisine a miaulé pendant la nuit, et du temps qu'il lui reste avant que ses réserves de pain de mie ne soient périmées.

À SAVOIR ✢ Woody est instable. Plus que cela, même, on pourrait le décrire comme quelqu'un possédant plusieurs facettes. Woody boit. Woody fume, plus des clopes qu'autre chose, mais ça lui arrive parfois de se perdre dans des substances peu recommandées. Woody est un junkie de l'adrénaline, et il ne recule devant quasiment rien pour s'en procurer. Woody se bat lorsqu'il peut. Woody est provocateur. Woody est insupportable, parfois — souvent. Woody est un chieur, Woody emmerde son monde avec ses problèmes, une fois qu'il est un peu soûl. Woody a une vision du monde qui dépasse beaucoup de simplets, et qui peut être intéressante à écouter pour bien d'autres, mais qu'il ne fait que rarement partager. Woody a aussi une mémoire quasi-absolue, dont il ne parle quasi-jamais, mais dont il se sert quasi-tout le temps. Woody est violent, et il a fait des combats pendant bien longtemps. Woody garde souvent ses plaques militaires pas loin de lui. Woody adore les chiens, il en a d'ailleurs chez lui, il s'en occupe mieux que de lui-même, parfois. Woody est tatoué, aussi, et chacun de ces dessins veut dire quelque chose, mais il n'en parle jamais. Woody est un homme débordant de secrets, mais que voulez-vous, Woody est comme ça, et on ne le changera pas.

PETITS SECRETS ✢ Un secret que la vie lui réserve ? Il est père, mais l'ignore. Une fille passée dans son lit, il y a cinq ans de ça, et qui est tombée enceinte de lui, sans qu'il ne le sache, et sans qu'elle ne le sache non plus. Une fille qui a mis au monde un fils — leur fils. Il l'ignore, et n'a même aucune idée de ce que cette fille a pu devenir. Un autre secret ? Il est mort, quand il était petit. Ça non plus, il ne s'en souvient pas très bien. Il était enfant, à cette époque. Un gosse, paumé. C'est une zone d'ombre de sa vie, dont il cherche à se souvenir plus en détail. Certains horreurs restent, mais étrangement, pas vraiment celle-ci, et il ne s'obstine à vouloir découvrir la vérité. Sur lui, et sur ce putain de mystère qui entoure la ville.
Moi ?

Qui j'suis ?

Mon nom ? Mais qu'est-ce que ça peut te foutre ? ...

Tu crois que c'est important ? Tu crois que mon nom me définit, fait toute une partie de ma personnalité, juste à l'entendre prononcé dans la bouche de mes proches depuis que je suis né ? Tu crois que ça joue, ces quelques petites lettres qui nous donnent une identité aux yeux du monde ? Je pense que ce n'est qu'une illusion d'optique. Ouais, une putain d'illusion.
... Moi ? J'pense. Ouais. J'sais pas. Non. J'ai peut-être trop bu, qui sait. Ouais, ça doit être ça. Un peu trop bu. Désolé de t'emmerder avec tout ça.

Je sais pas pourquoi tu m'demandes tout ça... J'ai pas les idées claires tu sais. J'voudrais bien que tu me laisses tranquille. Ouais, juste quelques minutes. S'te plaît. Besoin de respirer.

Pourquoi t'veux pas m'laisser s'rieux ? ...

Oh. Merci. Ouais. À la tienne.

C'pas comme ça que tu vas m'amadouer tu sais. J'en ai vu d'autres, des filous dans ton genre. On en voit partout, de nos jours. Ils te parlent, sont gentils, t'offrent un verre, foutent quelque chose dedans, et... Merde, t'as foutu un truc dans mon verre ?

Bon, j'espère bien. Fais chier, j'ai flippé. J'ai pas envie de me réveiller menotté à ton lit demain matin, enfin tu vois le genre, hein, le prends pas mal.

Hm ? Non, j'suis pas parano. Ni pessimiste. Je sais simplement que toutes ces conneries, ça arrive, et la vraie connerie serait de se dire que ça n'arrive qu'aux autres, tu sais. J'veux pas te déprimer, hein, mais l'horreur elle est partout, et je dis pas ça parce que j'ai l'alcool triste — et en plus c'est n'importe quoi, j'ai pas l'alcool triste. Mais la vie c'est un ramassis de connerie, une belle blague, une grosse salope — pas pute, elle ne se fait pas payer et prend quand même un malin plaisir à nous en faire baver. Dieu il a pas assez de doigts pour compter les morts, et s'il en avait assez, s'il était si parfait, Dieu il aurait que des doigts pour les compter, ces putains de cadavre, et rien d'autre en guise de corps. Faut voir les choses en face. Mais bon, que veux-tu que j'te dise. Les médias nous font croire que ça n'arrive que chez le voisin, et la vie se charge assez bien de te rappeler que non, ça peut arriver à tout le monde. J'ai pas tout vu et tout vécu, j'peux pas encadrer les gens qui pensent comme ça.

On nous a pas prévenu. C'est tout. Moi, si ma mère m'avait dit que la vie c'était comme ça, j'crois que j'aurais préféré rester dans son ventre, ou qu'elle fasse une fausse couche. Je sais que c'est triste pour elle, mais franchement, qui voudrait expulser un môme dans un univers comme ça ? J'étais mieux avec mon skateboard quand j'étais gosse. J'étais mieux à ne rien connaître de ce que c'est, la vie, la mort, la guerre, la faim, l'alcool, la drogue, l'amour, la baise. On est mieux à se vider les poumons en riant avec des potes, quand on est encore jeunes et cons. Maintenant c'est trop tard. Maintenant, on a grandi, et on n'a plus qu'à regarder par la fenêtre ces souvenirs qui s'échappent, et leur couler un regard triste, nostalgique. Ils r'viendront pas. Ils ont foutu le camp, sont partis hanter d'autres jeunes qui méritent bien quelques heures d'insouciance avant que le glas ne sonne. — wow, j'parle comme un vieux, sérieux ça d'vient grave, on dirait que j'ai quatre-vingt-dix piges moi avec tout ça...

Hein ? Mais non, t'es fou. J'suis bien trop heureux de vivre pour ça. C'est vrai, quoi, si j'étais pas là, comment j'lui dirais d'aller se faire mettre, moi, à c'te chienne de vie ? J'suis quand même d'accord qu'on est tous faits pour crever un jour, et que quand c'jour viendra, ben j'me laisserai faire — quel autre choix j'aurai ? En fin de compte, on n'est que des grains de poussière dans l'univers. Et encore. Si petits. Si infimes. On veut nous faire croire qu'on vaut de l'or, et d'ailleurs ils ont bien raison ; on en vaut, non ? Tout n'est que... Produits de consommation, rendement au taf, et toutes ces merdes, ces conneries... Franchement, dans la pub l'Oréal, la meuf dit « je le vaux bien ». Et personne s'indigne ? Merde, la meuf dit qu'elle vaut un putain de shampoing ! Et tout le monde trouve ça normal, qu'elle ait la valeur d'un foutu truc pour les cheveux. En gros, 3£ en supermarché quoi. Mais ouais. On trouve ça normal, personne ne dit rien, et toutes les nanas voudraient pouvoir dire un jour « je le vaux bien » dans la pub l'Oréal. C'est la vie. Je sais pas, en fin de compte je me suis presque fait à toutes ces absurdités. Que veux-tu. Le temps passe, les jours s'effilochent, et on n'a pas d'autre choix de que de se lever, s'habiller, boire un café, bouffer un toast, aller au boulot, rentrer chez soi le soir, retrouver son célibat, ses gosses, sa femme ou sa pute — sans détérioration particulière pour vous, mesdames péripatéticiennes, je vous respecte pour faire le plus vieux métier du monde, si encore cela est volontaire de votre part, sinon castrez votre mac, je vous prie. Tu vois, c'est toujours ça. On fait ça chaque jour. On s'ouvre une bière en rentrant du boulot, ou on prépare la salade bio. On mange, on se fout devant un film ou avec un livre pour les plus courageux, et on passe le temps jusqu'à ce que le sommeil nous pousse vers ce matelas si confortable que t'as payé la peau du cul juste pour passer une bonne nuit qui rend un peu plus supportable la fin de ta soirée. Et on se lève le lendemain, déjà fatigué de sa journée alors qu'elle n'a même pas commencé. C'est la vie. Moi je dis qu'il faut essayer d'en tirer une petite étincelle, mais y en a un ou deux qui te diraient que j'en sais que dalle, ça, chacun son point de vue... Mais merde, je dois te faire chier avec tout ça.

Sérieux ? T'es cool.

Non merci, j'ai mal à la tête. J'crois qu'j'ai trop causé. J'te remercie quand même.

Non non, j'te jure. Ouais, j'vais rentrer.

T'inquiète, j'suis venu à pied, et j'suis déjà rentré en rampant, j'me souviens du chemin.

À toi aussi.
Bonne nuit.

ABOUT TODAY. ✢Salut, c'est moi (woody) ☞ supermassive black hole. 3566303055  Bon je pense que vous me connaissez à peu près tous, je suis votre fonda préférée, je sais que vous m'aimez de tout votre coeur — ou que vous me détestez pour avoir changé de perso, c'est aussi une option recevable (woody) ☞ supermassive black hole. 972592174  Arrow  . À part ça, se référer à la présentation du staff pour plus de détails, mais en gros on m'appelle clo, j'ai dix-neuf piges, et l'an prochain j'pars au Québec. (woody) ☞ supermassive black hole. 2373463833  Et je vous aime. (woody) ☞ supermassive black hole. 1647550345

✢ veux-tu avoir l'exclusivité du prénom ? (x) oui () non ✢  veux-tu avoir l'exclusivité du nom ? (x) oui () non ✢ qui est sur ton avatar ? casey –god– affleck. ✢ à qui dois-tu tes images ? tumblr. ✢ un petit mot pour finir ? encore désolée pour ceux qui avaient des liens avec Maddox, et que je n'aurais pas prévenus du changement. I love you Vous avez une place d'honneur dans mes liens avec Woody. (woody) ☞ supermassive black hole. 2920115528  J'vous aime. (woody) ☞ supermassive black hole. 1694424826

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyLun 24 Mar 2014 - 18:31



story of my life.
« — but, what happened ? — life. »


« Surtout, tu ne leur dis rien, d'accord ? » Oui. Bien sûr qu'elle est d'accord. Elle ne comprend même pas ce que tu t'apprêtes à faire, alors pourquoi leur en dirait-elle quoi que ce soit ? Elle est là, te dévisage de ses grands yeux aux teintes mystérieuses, tantôt vertes tantôt brunes, parfois éclatées de gris. Elle est belle. Si belle. « Je t'aime tu sais, même si tu m'énerves beaucoup des fois et puis tout ça. Tu vas me manquer. Mais c'est l'heure pour moi de prendre ma vie en main. » Tu as regardé trop de films. Entendu trop de fois ces termes dans la bouche de grandes personnes. Alors tu les répètes bêtement. Mais tu ne sais même pas ce que c'est. Et tu es bien loin de comprendre qu'à sept ans, on ne prend pas sa vie en main, et que tu as encore facilement dix bonnes années, voire bien davantage, avant d'être prêt à te jeter dans la gueule du loup qu'est la vie. Elle ne t'épargnera pas ; sauf que ça, tu ne le sais pas. Dans ta tête, tu t'apprêtes à vivre la grande aventure, et tu en es pleinement capable. « Je t'enverrai une carte postale. » Tu sais écrire. Tu as appris cette année. Tu sais lire aussi. Tu penses que tu te débrouilleras, et que tu n'as pas besoin de leçons supplémentaires pour t'en débrouiller. Peut-être que tu n'as pas tort. Tu as toujours eu cette mémoire étrange qui fascine tes parents, agace tes camarades et rend fiers tes professeurs. Tu es un petit garçon intelligent ; tu l'as toujours été. Mais sérieusement, penses-tu qu'à sept ans tu vas être capable de te débrouiller dans la jungle que peut être la vie, et que les choses iront bien pour toi ? Penses-tu pouvoir vivre ainsi ta vie, et t'en sortir ? Idiot. Prétentieux. Qu'est-ce qui te force à le faire, hein ? Tes parents t'aiment et s'occupent de toi. Tu as une adorable petite sœur — mais peut-être que tu fais une fixette sur elle et sur cette place qu'elle semble te voler depuis sa naissance. Il paraît logique que l'intérêt de vos parents soit désormais partagé. Et tu l'aimes, pourtant, Pippa. Mais tu fais un blocage. Sans savoir ou ni pourquoi. Tu en fais un, et c'est tout.

Tu prends son visage d’enfant entre des deux mains pas beaucoup plus grandes que les siennes. Elle ne comprend vraiment rien, la pauvre. Ce que tu lui dis lui passe bien par-dessus la tête. Quand bien même elle saisirait ce qui était en train de se passer, elle serait bien incapable de le dire à vos parents ; elle ne savait pas où tu comptais aller, et d’ailleurs même toi l’ignorais. Tu lui collas un baiser sur le front, la serras dans tes bras — parce que putain, avec un peu de chance ta vie marcherait, et tu ne la reverrais peut-être pas avant de longues années — et tu lui tournas le dos, ton sac à dos sur l’épaule. Tu l’avais emprunté à ton père, rempli au maximum dans un premier temps, avant de te rendre compte que tu serais bien incapable de le soulever seul dans ces conditions. Alors tu l’avais un peu vidé, jusqu’à pouvoir le porter sans trop te fatiguer. Tu savais que tu étais en train de le lui voler. Mais tu ne t’en voulais pas. C’était pour ta survie. Et elle était ce qui, actuellement, primait sur tout le reste.

S’il fallait bien te reconnaître une chose, c’était que tu avais des couilles. Ouais, déjà à sept ans, tu avais un tempérament particulièrement bien trempé. Tu avais le cran de partir de chez toi alors que tu ne savais même pas faire cuire des pâtes, ni même être assez grand pour mettre un plat dans le micro-ondes. Tu savais à peine compter, à peine lire, à peine écrire. En bref, tu ne savais rien faire, tu n’avais pas fait d’études, et tu avais pris plus de petites voitures que de slips dans ton sac. Tu avais volé ledit sac, et même de l’argent dans le tiroir secret de tes parents. Mais tu avais le courage de partir, sans te retourner. La gendarmerie aurait pu t’intercepter au bout de la rue, mais ils n’y étaient pas lorsque tu étais passé. À la vérité, tu ne les avais pas croisés, gamin solitaire avec son sac à dos, en pleine nuit — parce que c’est bien connu, c’est la meilleure heure pour partir. Tu n’avais pas de papiers. Tu n’avais rien. Hormis ta maturité d’un enfant de neuf ans alors que tu n’en avais que sept, ta bonne mémoire, ton cran, et ton envie de vivre ta vie, maintenant. C’était peut-être ça, ton erreur ; vouloir grandir trop vite, vouloir avancer à toute allure alors qu’il fallait que tu prennes ton temps, et que tu acceptes que les années ne passent pas assez vite. Elles allaient gagner en vitesse suffisamment tôt pour que tu t’en inquiètes. Oui, mais voilà ; tu n’avais pas la patience. Et tu marchais, dans la rue, ayant laissé ta sœur derrière toi, tes parents et tes copains de classe, tout ce qui pouvait te rattacher à cette ville. Tu te sentais libre. Sans contraintes. Sans poids sur les épaules. Et même à une heure du matin, alors que la fatigue te gagnait violemment, trois heures à peine après ton départ, tu ne regrettais pas. Sauf que le monde était dangereux. Et que ta mère n’avait pas eu le temps de te dire avant que tu ne fuies comme un voleur.

+ + + + + + + + + +

Tu ouvris les yeux, suffoquant. Où étais-tu ? Où ?
Tu n’en avais pas la moindre idée. Tu n’avais la moindre idée de rien, à vrai dire. Tes pensées étaient totalement confuses, et tu étais bien incapable de les remettre dans l’ordre. Là, perdu au milieu de cette forêt, comme le pauvre gosse paumé que tu étais. Tes grands yeux écarquillés sur le coup de la frayeur, tes petits bras recroquevillés autour de ton corps. Plus de sac à dos. Plus rien, hormis ce petit jean troué, ce sweat sali par la terre, troué également. Tu tremblais comme une feuille, tétanisé par le froid, agité de sanglots. La mousse et les feuilles maculaient ton corps, ton visage était brun de terre. Les larmes y traçaient des sillons plus clairs, l’humus mordu par le sel qu’elles contenaient. Et tu regardais autour de toi, pauvre animal effrayé, n’ayant pas la moindre idée de ce que tu faisais par ici.
Tout était bien, avant que tout ne dérape.
Jusqu’alors, tu ne le savais pas, mais c’était bien là l’un des principes fondamentaux de la vie.
Lorsqu’on vit, tout va toujours bien.
Jusqu’au moment où rien ne va plus.
Le calme précède la tempête, et le rire les larmes. Maintenant, tu le sais.

Tu ne te retiens pas de faire du bruit. Tu ne te retiens pas de pleurer à chaudes larmes, et de te foutre dans tous tes états. Tu as peur, et cette fois, tu ne te retiens pas. Tu te sens étrange. Tu as froid. Et tu es froid. Tu es dégueulasse, et si tu rentrais à la maison comme ça, ta mère hurlerait. Sauf que voilà. Tu ne te souviens pas non plus vraiment où est la maison, et tu serais bien incapable de la retrouver. Ce sont des bribes d’images, des souvenirs étouffés. Mais de ce qui précède ta reprise de conscience au milieu de cette forêt, il ne te reste rien.

Finalement, tu parviens à te relever, et à tituber d’arbre en arbre, sans savoir où tu allais, pleurant toujours aussi fort. Tu étais complètement perdu. Dans ta tête, et physiquement ; l’un ne comptait visiblement pas sauver l’autre. Et, au bout d’une heure de marche vaine, tu te laissas à nouveau tomber contre un arbre, criant en pleurant durant quelques minutes. Après quoi, le silence revint dans la forêt, et autour de toi. Tu te pris une nouvelle fois dans tes bras, désireux de trouver un peu de chaleur là où il semblait ne plus en avoir. Mais tu n’arrivais pas à te rassurer. Tu n’arrivais à rien. Tu étais tétanisé, et sûrement t’étais-tu déjà pissé dessus sans même t’en rendre compte. Alors, tu fermas les yeux. Espérant te réveiller dans un endroit chaud, espérant que tout ceci n’était qu’un cauchemar, et que tu serais chez toi en rouvrant les paupières. Oh, oui, tu espérais. De tout cœur. Mais tout ce qui te guettait, c’étaient les vrais cauchemars. Les songes étranges où l’on t’aurait enterré vivant. Les rêves où l’on t’aurait assassiné. Et toutes ces choses, bribes d’une réalité qui ne te revenait pas, t’auraient traumatisé encore davantage.

Ce fut pourtant d’un sommeil en apparence sans songes que tu te réveillas, pleurant encore sans t’en rendre compte. Une voix venait de t’en tirer, étrangement douce, étrangement apaisante. Une putain de voix au milieu de cet enfer, tout simplement.

« Bonhomme ? » Tu ouvris les yeux, les oreilles à moitié bouchées par le froid, endolories. Et il baissa la lampe torche qu’il avait braquée sur ton visage, voyant que tu n’arrivais pas à t’accoutumer à la luminosité bien trop forte pour la nuit ambiante. Tu sursautas, te mis à suffoquer de nouveau. « Hé, hé, hé… Ça va… Calme-toi petit… » Tu ne le connaissais pas. Pourtant, tu te sentis rassuré par ses mots. Par sa simple voix. Tu avais faim. Soif. Froid. Sommeil. Mais surtout peur. Il le vit, et te souris. Pâlement, mais il le fit. Derrière lui son collègue hurla quelque chose. Et, quelques secondes après, une couverture venait s’enrouler autour de tes épaules. « Qu’est-ce que tu fais là gamin ? … » Tu ne savais pas si tu serais capable de parler. Tu n’y arrivais plus. Et d’ailleurs, tu n’essayas pas. Silencieux. Sanglotant uniquement. Terrorisé.

Plus tard, tu apprendras que tu n’étais pas arrivé bien loin de la ville. Plus tard, tu apprendras que la police t’avait trouvé lors d’une simple patrouille en périphérie, par le plus grand des hasards. Mais le reste, on te le tairait. Parce qu’on n’en savait rien, et qu’une part en chacun ne voulait pas savoir. On ne saurait pas que tu avais été maltraité, tué, enterré au milieu de la forêt. Tu ne saurais même pas en quelles circonstances. Tout ce que tu saurais, c’est qu’à l’âge de sept ans, tu avais fugué. Qu’on t’avait retrouvé terrorisé, en pleine forêt, et que tu avais été bien incapable de décliner ton identité à qui que ce soit.

Pauvre gamin égaré, qui avait cru qu’à sept ans seulement, il avait l’âge de vivre sa vie.

+ + + + + + + + + +

« C’est n’importe quoi. T’façon tu n’en as plus rien à foutre de nous.  » Pourquoi est-ce que tu lui disais ça, hm ? Elle n’en avait pas rien à foutre. Et en plus, tu lui faisais mal. Mais, gamin paumé, tu te contentais de lui répéter ce que ton père te disait à longueur de temps, lorsque tu le voyais. Depuis que tes parents s’étaient séparés, toi et ta sœur viviez un véritable enfer, tiraillés entre les deux. Au début, vous n’arriviez pas à prendre parti — et elle n’y parvenait d’ailleurs toujours pas, et ne faisait que te suivre. Sauf que voilà ; le jour où vous étiez rentré chez votre père et que vous lui aviez dit que maman avait un nouvel amoureux, vous ne l’aviez jamais vu aussi mal et aussi hors de lui. Il s’était contenu face à vous, sans aucun souci ; mais une fois que vous aviez eu le dos tourné, il avait saccagé sa pauvre chambre. Et, depuis ce jour, il vous montait la tête. Tu avais toujours été cette petite tête brûlée, pas très naïf, mais qui était facilement capable de monter sur ses grands chevaux. Il suffisait de craquer l’allumette, et tu déclenchais seul l’incendie. C’était ce qui se passait, depuis un an déjà. Ta mère avait pensé que ça se calmerait, au fur et à mesure, et elle avait essayé de renverser la balance, dans un premier temps, de t’expliquer que ton père n’était pas mieux qu’elle. Ça n’avait pas marché, et elle n’en avait essuyé que davantage d’insultes de ta part. Mais tu étais trop jeune. C’était une aberration que de sortir des choses pareilles à ta génitrice, qui n’avait rien demandé. Ton beau-père, lui, se taisait. Jamais il ne t’infligeait de correction, jamais il ne dépassait les bornes. Parce que ç’aurait été te donner raison. Il ignorait tes insultes, il ignorait tout ce qui pouvait se dresser contre lui, et se contentait de se comporter comme le plus exemplaire des beaux-pères, ou du moins à sa manière.

Mais là, c’était trop. Pippa était dans un coin, à moitié cachée derrière le mur, et ne pouvait s’empêcher d’avoir peur. Peur de toi, peur de ce qui se passait entre toi et ta génitrice à cette seconde précise. Peur de la manière dont tout ça allait se terminer. Peur tout court. Et ta mère, elle. Les larmes avaient finalement rempli ses yeux. Tu n’avais que onze ans. Onze ans, et tu te dressais déjà de la sorte. Il y avait quelque chose qui remuait, au fond de toi, et qui t’empêchait d’être calme et tranquille ; serein. Peut-être était-ce ta mort. Peut-être était-ce toutes ces histoires, comme quoi tes parents t’avaient récupéré dans un foyer pour enfants trois semaines après ta disparition de chez eux, peut-être était-ce tout cela. Tu te sentais coupable d’avoir brisé leur couple, auraient dit certains psy. Depuis qu’on t’avait retrouvé, la relation entre tes parents n’avait cessé de se dégrader, chacun reportant la faute de ta disparition sur les épaules de l’autre. Tu avais beau avoir tenté quelquefois de leur dire que ça n’avait rien à voir avec eux, on ne t’avait pas écouté. On t’avait emmené voir un foutu psy pendant quelques mois, avant de tout arrêter, la situation autour de toi devenant bien trop venimeuse pour que les séances elles-mêmes soient bénéfiques. Et tu n’avais plus envie d’y aller, tu ne mettais pas du tien. Tout ce que tu voulais, c’était vivre dans ton coin, vivre avec ta sœur, ou seul. Grandir, changer, t’enfuir. « Je te déteste. »

Ce fut trop pour elle. Elle tourna les talons, une main voilant son regard, les larmes coulant sans que tu ne puisses les voir. Tu n’avais pas le droit de lui dire ça, et elle n’avait même pas la force de te répondre, comme tout parent normalement constitué aurait dû le faire. Parce que ta haine à son égard, elle ne la comprenait pas, bien que se doutant depuis quelques temps déjà qu’elle ne t’était pas apparue comme par magie. Mais tu l’usais. Tu lui faisais du mal. Beaucoup trop. Et elle n’en pouvait plus. De toi, de tout ça. De l’influence que ton père avait sur toi. Elle savait que c’était de sa faute. Et elle allait demander à ce que tout ça prenne fin. Elle allait demander à ce qu’il n’ait plus le droit de vous voir, ta sœur et toi.

Tout ce qu’elle voulait, c’était faire la paix, établir une relation à l’amiable avec lui. Mais il avait ouvert le feu, et n’allait avoir que ce qu’il méritait. Plus tard, tu t’en voudrais peut-être d’avoir provoqué tout ça, en plus d’avoir été la cause de leur divorce, et de tant d’autres choses. Mais c’était comme ça. Tu n’étais pas le seul responsable. La vie continuait. Et qui sème le vent récolte la tempête, c’était bien connu. Certains auraient mieux fait d’écouter les vieux proverbes.

+ + + + + + + + + +

Tu ne comprenais pas vraiment ce qui t'avait amené là. Dans ce putain de camp, perdu au milieu du désert, à attendre les ordres d'une bande de cons. Tu n'étais pas fait pour la hiérarchie, et ce n'était pas faire de t'avoir prévenu. Mais ça faisait déjà quelques années que tu t'étais enterré là-dedans, et tu n'avais désormais qu'une hâte : t'en sortir. Tu voulais rentrer chez toi, et passer à autre chose. Tu n'avais jamais eu de problèmes particuliers, été blessé, ou perdu un quelconque meilleur ami. Mais tu avais perdu des potes ; la plupart parce qu'ils avaient, eux, été blessés, et qu'ils avaient dû rentrer. Réformés. Mais tu avais cette putain de chance, presque insolente, qui te démarquait des autres. On se foutait de ta gueule, on te demandait ce que tu avais comme grigri porte-bonheur, prétextant qu'on voulait le même, qu'il marchait tout de même foutrement bien. Mais tu n'avais rien. C'était peut-être pour ça, d'ailleurs. Rien à perdre, alors on te laissait en vie. Était-ce comme ça que le monde résonnait ? Si c'était le cas, ça te donnait clairement envie de gerber. Tous ceux que tu voyais repartir entre quatre planches, ou avec l'usage d'un membre en moins, parfois même une paralysie, ou une jambe amputée, eux avaient quelque chose à perdre, et n'auraient pas mérité tout ça. Bien sûr que tu avais Pippa, chez toi. Bien sûr que tu avais ta mère, ton beau-père. Ton père ? Tu avais cessé de lui adresser la parole depuis des années déjà, lorsque tu t'étais rendu compte du mal qu'il avait pu te faire, faire à Pippa, et à votre mère. Tu le détestais, maintenant. Plus que tout au monde. Et tu ne voulais simplement plus entendre parler de lui. Tu ne comprenais pas la force mentale qui avait poussé ta mère à t'accepter avec les horreurs que tu avais pu lui dire, et à ne jamais te tourner le dos. Non, décidément ; tu ne comprenais pas. Mais elle l'avait fait, et l'amour d'une mère pour son fils te restait encore obscur jusqu'à aujourd'hui. Les choses ne s'étaient pas mal terminées pour vous, mais pour ton paternel si. Tant pis pour lui. Qui sème le vent récolte la tempête ; ne lui avions-nous pas suffisamment dit ?

Tu cales ton arme contre ton épaule, et tu pousses un soupir, essuyant la sueur qui perle de ton front, sous ton casque. Ton contrat se finit dans six mois. Et tu sais déjà que tu ne te réengageras pas. Pourquoi ? Y a qu'à voir toutes ces conneries. Cette guerre que vous menez, ces gens que vous abattez alors qu'ils n'ont jamais rien voulu d'autre que de défendre leur territoire, et se protéger contre l'influence occidentale. Oh, il y avait bien toutes ces histoires de guerres civiles, contre lesquelles tu avais voulu t'insurger en t'engageant, avant de te rendre compte que cela ne servait à rien, et qu'on ne pouvait pas régler les problèmes des autres si on n'avait rien à voir avec, et qu'on se contentait de leur braquer un fusil mitrailleur sur le nez en leur criant que ce qu'ils font n'est pas bien. Tu ne croyais plus en tout ça. Tu ne croyais plus en l'être humain, tout bonnement. Tu avais envie de leur tourner le dos, de disparaître de l'avant-scène de ces guerres idéologiques qu'on dissimulait aux yeux de la population comme des batailles pour la liberté des peuples à disposer d'eux-mêmes. Tu ne te réengagerais pas. Parce que tu n'en avais pas envie. Parce que tu ne voulais plus entendre parler de ça. Que tu voulais faire autre chose. Même pas réformé, même pas traumatisé - ou du moins pas plus que ce que ne pouvait l'être un homme ayant commis et assisté aux horreurs de la guerre. Tu n'étais pas mort, n'avais pas été blessé. Tu voulais juste aborder la vie différemment, et faire autre chose.

C'était terminé, tout ça. Terminé. Tu ne voulais plus mener une guerre qui ne te regardait pas. Tu ne voulais plus gober leurs putains de mensonges, ou te retrouver à brandir une arme vers un enfant-soldat en leur nom. Tu allais arrêter tout ça. Arrêter le massacre de ton esprit, et tant pis s'ils essayaient de t'enrôler à nouveau, en prétendant qu'ils avaient besoin de ta chance et de ton culot à toujours t'en sortir. Toi, tu n'avais pas besoin d'eux pour survivre. Tu n'avais jamais eu besoin d'eux.

Tu avais pris une arme pour voir le monde, et tu l'avais vu.
Tu avais pris les armes pour connaître avant de juger.
Et maintenant que tu connaissais, tu allais te permettre de juger.

+ + + + + + + + + +

Tu fais tourner ton verre entre tes mains, sans réfléchir réellement à ce que tu es en train de faire. Faire simplement bouger son verre de la sorte, ça ne sert à rien, ça ne t’apporte rien. Mais on ne devrait pas pouvoir trop t’en vouloir ; c’est le verre de trop, et tous ceux qui te sont tombés dans le cornet jusqu’à lors commencent à embrouiller un minimum tes pensées. Et quand la jeune femme s’installe à côté de toi, tu ne la remarques même pas. Tu ne vois pas son air désireux, son envie de passer une soirée à laquelle — avouons-le — tu n’aurais même pas pensé. Tu soupires longuement, et finis le verre d’un trait. Tu en redemandes un autre au barman, incapable de t’arrêter. T’es perdu dans tes pensées. Tu revois le désert, tu revois les horreurs qu’on a pu te montrer là-bas. Et, en parallèle, tu penses à ce foutu article qu’il faut que tu écrives, raison pour laquelle tu es là.

Ça fait combien de temps que t’es rentré, Woody ? Tu ne sais même plus. Quelques années déjà. Et t’as intégré l’école de journalisme dans la foulée, poussé par l’armée, qui t’a payé tes études, dans un premier temps. Tu t’éclates, à faire ce boulot — ou plutôt ces études, pour l’instant. Ton truc préféré, ce sont les satyres. Et, là, dans le cadre du projet de fin d’année, tu as réussi à obtenir un déplacement à Glasgow, afin de pouvoir te renseigner de manière suffisante sur le sujet de cet article. Il n’y a pas grand-chose, pour toi, à Glasgow. Tu te suffis aisément de ce que tu peux trouver à Stonehaven, et ce depuis toujours. Ce qui en étonne d’ailleurs plus d’un. Il faut avouer que tu as toujours eu la bougeotte. La preuve, à sept ans, t’avais voulu découvrir le monde, et vivre pleinement ta vie. Maintenant que tu en avais eu l’occasion, que tu avais voyagé jusque dans des pays dont, en fin de compte, tu pensais en voir tout de même plus que ça, tu voulais rester chez toi. Pour le moment, ça t’avait suffi. Pour le moment, t’étais bien dans cette petite ville étrange et pluvieuse. Rien ne disait que tu ne voyagerais plus. Bien au contraire, tu avais pour lointain projet de retourner dans ce pays que tu avais visité par les armes, et d’écrire sur lui. Lui, ses minarets, ses déserts, ses villages bondés et bruyants, les horreurs qui l’agitaient et le tétanisaient. Tu avais contribué à semer la panique, et une part de toi s’en voulait. Une part de toi détestait les occidentaux, et leur proportion à vouloir toujours contaminer les pays qui n’ont pas besoin de leur modèle. L’ethnocentrisme de la culture occidentale démocratique et capitaliste ne comprenait pas que de nombreux pays dans le monde fonctionnaient très bien, et même bien mieux sans leur modèle. Il t’avait fallu un certain temps pour comprendre, mais même à présent, tu ne t’estimais pas avoir rejoint l’armée pour imposer cela aux autres peuples. À y repenser, tu songeais avoir fait là un acte de découverte, une manière comme une autre de vouloir appréhender le monde, et de trouver le moyen de voyager, et d’apprendre de la vie. Il y avait plus doux, comme moyen. Mais on n’avait pas jugé utile de te prévenir. Heureusement pour toi, tu n’avais pas eu le cerveau lavé par toutes les conneries qu’on pouvait parfois vous déblatérer, et tu t’en étais admirablement bien sorti. Enfin, selon certains points de vue.

La fille à côté de toi avait commencé à te parler. Tu battis des cils, légèrement, un peu perdu, et tournas la tête vers elle. Gn ? Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Bien rapidement, elle s’avéra entreprenante. Peut-être un peu trop. Tu fronças les sourcils, un peu trop embrumé par l’alcool, et les mots s’échappèrent sans que tu ne les contrôles. « Bordel mais t’as quel âge ? … » Elle ne faisait pas plus de vingt ans. Voire même moins. On aurait dit une gamine. Une ado. En bref, une fille que tu n’avais aucune chance de mettre dans ton lit, et que la société jugerait malsain de le faire. « Vingt-cinq. » Sérieusement ? « … Okay … » T’étais bourré. Tu frottas quelques instants tes yeux. Et, finalement, tu parvins à te convaincre que si cette fille venait t’embrasser, ce n’était pas malsain. En réalité, ça l’était. Mais tu étais suffisamment plein pour la croire. Suffisamment plein pour arriver à fermer les yeux sur tout ça, arrêter de te poser des questions, et la laisser posséder tes lèvres avec fougue. Ça ne te dérangeait pas. Tu aimais bien les femmes. Quand tu étais bourré, encore plus.

Le sujet de ton article te sortit de la tête.
Oh, tant pis. Tu y penserais mieux demain.

+ + + + + + + + + +

« Tu es complètement fou, Woody. » Tu hausses les épaules. Vraiment ? Tu n’en as rien à foutre. « Ça m’est égal. » Elle secoue la tête, te tourne le dos. Il y a bien un truc que tu dois reconnaître à ta sœur : elle a suffisamment de mauvais caractère pour te rentrer dans le lard quand il le faut, et te dissuader de faire certaines conneries que tu pourrais éventuellement regretter. Même quand tu es complètement bourré, et ça, ce n’est pas peu dire. Pourtant, en cet instant précis, elle s’attaque à bien plus fort qu’elle. Tu en as marre, de ne pas savoir. Régulièrement, tu rêves de quand tu étais gosse. Régulièrement, depuis que tu es gosses, depuis tes neuf ans à peu près, tu rêves d’avant tes neuf ans. Il ne t’en reste rien, à part une lumière braquée dans la gueule, et la peur qui te tord le ventre. Et très clairement, tu voudrais savoir. Pippa était trop jeune aussi, elle ne se souvient de rien. Papa et maman ne parlent pas. Enfin, maman, surtout, parce que tu n’as toujours pas revu papa. Toi, tu voudrais te souvenir. Toi, tu sais que ce n’est pas normal, et à force d’écouter partout où tu pouvais laisser traîner tes oreilles, tu t’es aisément douté que, peut-être, ta disparition avait un rapport avec cette malédiction. Tu t’es dit que ça expliquerait peut-être pourquoi tu es incapable de bronzer, aussi. Et pourquoi on te dit toujours que tu as la peau fraîche, mais jamais que tu fais radiateur. T’as entendu dire que les morts revenaient, à Stonehaven. Mais, bien entendu, tu es trop malin pour le crier sur tous les toits ; pour le moment tout du moins. Alors, tu fouilles. Alors, tu veux la vérité. Tu fous ton nez dans toutes ces affaires qui ne te concernent pas. Et tu n’arrêtes pas. Tu sens cette atmosphère étrange en ville, et tu ne lâches pas l’affaire. Pippa n’est pas d’accord. Mais ça ne la regarde pas.

Tu siffles ta tasse de café d’un seul coup, avant de te lever et de la laver. Chez ta sœur, c’est comme chez toi. Si tu bois un coup, tu fais la vaisselle, rien de plus normal, et tu la respectes suffisamment — comme les femmes de manière générale d’ailleurs — pour ne pas la prendre pour ta bonniche. D’ailleurs, les gens seraient bien mal avisés de le faire, et que ça ne leur retombe pas dessus après.

Elle te regarde étrangement. Elle sent que, quoi qu’elle dise, tu ne changeras pas d’avis. Elle ne dit rien, mais ses yeux le crient. Si personne n’en parle, c’est qu’il y a une raison. Ne cherche pas des réponses que tu n’aimeras pas. Parce qu’elle le sait. Que tu n’abandonnes jamais, et que tu vas jusqu’au bout des choses. Que tu sais être mauvais, virulent, et que tu as toujours eu cette soif de faire entendre la vérité. Mais vérité, cette fois, il n’y a pas. On ne te laissera pas la dire. On ne te laissera rien faire. Tu te bats contre plus fort que toi, et Pippa le sait.

Mais c’est dans ta nature, Woody. C’est dans ta nature de vouloir la connaître, cette putain de vérité, et de vouloir la hurler au monde entier.

T’es bien con, parfois, et bien prétentieux. Mais que veux-tu. C’est comme ça, et on ne te changera pas.
Manquerait plus que ça.

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyLun 24 Mar 2014 - 19:37

Bon, vu que c'est pour Casey Affleck, je te pardonne. Un peu.

(Et ce gros début déchire) (woody) ☞ supermassive black hole. 1647550345 
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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyLun 24 Mar 2014 - 19:43

*mode Ivy enclenché*

 (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 

*mode Ivy déclenché*

NYAAAAAAAAAAAAAAAAH <3

Re-Bienvenue à toi Woody 8D

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyLun 24 Mar 2014 - 19:47

C'est vrai, tu m'pardonnes un peu Lulla' ? (woody) ☞ supermassive black hole. 1533408328 (woody) ☞ supermassive black hole. 3566303055 (woody) ☞ supermassive black hole. 1647550345
(merci. (woody) ☞ supermassive black hole. 1503109733)

Liliiii. (woody) ☞ supermassive black hole. 3566303055 I love you
Merci. (woody) ☞ supermassive black hole. 1694424826 I love you I love you

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMar 25 Mar 2014 - 0:03

ce personnage sera awesome. il l'est déjà.

je trouverais étrange de te souhaiter la bienvenue alors je t'offre ce smiley: (woody) ☞ supermassive black hole. 2911767586

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C'est sans doute pourquoi on m'a donné deuxième chance dans cet accident à la con. Pour consoler. Consoler et effrayer. Ça rime bien, je trouve.  
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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMar 25 Mar 2014 - 10:31

ce BG !!!!!!

Bref XD j'aime déjà le perso ! Re-bienvenue Chef !!

 (woody) ☞ supermassive black hole. 2721222996 

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Si on voit des nuages dans le ciel, c'est Dieu qui se fait des pop-corn. Il les fait cuire en plein soleil tous les dimanches après-midi. Demain, je t'apprendrais à faire de la bicyclette par la fenêtre. On fracassera les volets bleus, on siphonnera l'essence du ciel.

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMar 25 Mar 2014 - 14:06

Woodyyyyy! I love you (woody) ☞ supermassive black hole. 3067953961

*Lui saute dessus et l'étouffe* xDD

Je vais suivre ta fiche de très près! (woody) ☞ supermassive black hole. 3002687872 .

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMar 25 Mar 2014 - 15:04

hey honey ♥

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMer 26 Mar 2014 - 11:35

Toi  (woody) ☞ supermassive black hole. 3566303055 & tu nous écris la suite fissa  (woody) ☞ supermassive black hole. 2911767586

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMer 26 Mar 2014 - 12:33

Haon merci à tous (woody) ☞ supermassive black hole. 2325365263 Je vous aime, j'espère que Woody vous plaira. (woody) ☞ supermassive black hole. 3067953961

Nora, je viens de poster la suite, les grands esprits se rencontrent (woody) ☞ supermassive black hole. 3566303055 Arrow

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyJeu 27 Mar 2014 - 23:43

Jotem. I love you

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptySam 29 Mar 2014 - 15:07

Moi aussi ma belle. (woody) ☞ supermassive black hole. 3067953961 (woody) ☞ supermassive black hole. 1694424826

Anyway, je suis désolée de mettre autant de temps à finir ma fiche les enfants (woody) ☞ supermassive black hole. 2156347010 Maintenant que je suis en vacances ça devrait mieux rouler. I love you (woody) ☞ supermassive black hole. 2920115528

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MessageSujet: Re: (woody) ☞ supermassive black hole.   (woody) ☞ supermassive black hole. EmptyMer 2 Avr 2014 - 20:12

Bon puisque je n'arrive pas à attraper quelqu'un, je m'auto-valide. I love you Au pire si un admin a quelque chose à redire, je modifierai sans souci. (woody) ☞ supermassive black hole. 93879916
I love you


congrats !

Bah ouais, si tu vois ça, c'est que bien évidemment tu as rejoint nos rangs ! Bref, pour t'aider à faire tes premiers pas ailleurs sur le forum, si tu as la grosse flemme de chercher les liens, j'vais t'faire une petite visite guidée. T'es prêt ? Tu verras, c'est pas bien compliqué.

Pour commencer, je te conseille fortement de passer du côté des DEMANDES, histoire de te trouver un logement et un boulot, ça peut servir. N'hésite pas à foncer te procurer un TÉLÉPHONE, et si tu as un peu de mal à trouver des LIENS ou des SUUJETS, fonce en chercher aux RECHERCHES, elles sont là pour ça ! Et la détente ? Le FLOOD n'attend que toi. Ah ouais, et n'oublie pas de VOTER POUR LE FORUM ! Et surtout, SURTOUT, si tu as besoin de quoique ce soit, n'hésite pas !

Sur ce, je te souhaite bon jeu parmi nous ! (woody) ☞ supermassive black hole. 3002687872

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