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 regarde la fleur. | NORA

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Daniel C. King

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MessageSujet: regarde la fleur. | NORA   regarde la fleur. | NORA EmptyVen 21 Mar 2014 - 0:24



♢♢REGARDE LA FLEUR
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NORA&DANIEL

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Notre ami se voit ici tout chagriné; par son ami le loup, abandonné. Il trottine vers la forêt, à l'idée de se faire un nouvel ami tout frais. Recherches commencées, il porte la truffe sous les fourrés. Le renard de pelage doré se retrousse le nez; il renifle trois fois et dicte à haute voix: «Sous cette feuille, il y a parfum de roche. Point une roche ne pourrait devenir mon ami!»

Et il reprend sa route.

Arrive ensuite à une fontaine, celle d'un rivière pas très lointaine. Le nez dans l'eau, notre ami le renard y cherche quelqu'un à qui dire «hello».

«Que cherches-tu sous les vagues, petit renard? Toi qui a la rousse fourrure qui m'est impossible de ne pas t'apercevoir. Depuis ma position sous l'ombre, tu me sembles si géants, et si perdu pourtant!» dit un petit chant qu'on aurait cru la brise des vents.

Ébahis, le renard se retourne et scrute l'horizon. «Pas même une souris!» se dit notre frêle compagnon.

«Ici! Je suis ici petit renard!»

Et le renard délaissé trouve la bavarde tout juste à ses pieds. Bien de bonne humeur, il constate qu'il s'agit d'une




[...] fleur.



Je pose le crayon à son lit respectif; feuille de papier entamée et brisures d'efface molles. Une fleur.

J'ai toujours aimé les fleurs. Sous toutes leur teinte de gris. Mon pousse-mine se fait audacieux de donner l'amitié d'une fleur à notre protagoniste le rusé. Je me pince les lèvres et m'accote mollement sur le dossier de ma chaise. J'ai une imagination qui ne demande pas à être fouettée. Simplement motivée parfois. Comme devant les fleurs. Ou devant cette fleur, à dire vrai. Car il faut dire vrai: je ne m'apporte jamais de plan lorsque je pars vers l'ambition d'un nouveau livre. J'ai tout autour de moi, milles croquis du renard en question. Il est surpris, savant, fuyard, rieur ou triste. À l'aquarelle, en deux-cent-cinquante-quatre gris qui lui vont tous à ravir. Sur ces blanches et épaisses feuilles qui jonchent mon bureau, un boisé, un loup et même une maisonnette. Mais aucune trace de la fleur en question. Je peux lui donner parole, mais l'image m'en reste bien floue. La suite de l'histoire, indéchiffrable.

Je me lèche les lèvres et me redresse de ma chaise. C'est une détonation de mon ventre avec l'élan qui me fait prendre conscience que cela fait huit heures que je suis à ce travail. Et il crie famine. Moi qui avait l'impression d'avoir tout juste mangé mon déjeuné et pris ma douche... À la cuisine où je file, un poivron vert se fait manger sans couteau, sans problème. Je connais sa couleur grâce à son goût. Et je tombe dans les réflexions. Parce qu'il n'y a d'achèvement d'histoire, aussi enfantine soit-elle, sans cassure de tête et embuche au processus. Sinon ça serait trop facile. Et ennuyant.

Mon poivron à la menotte, je fredonne ce Glittering Prize en mâchouillant de peine et de misère les pépins qui m'eurent glissé entre les dents. Je me dirige vers la table de l'entrée et y prend le bottin téléphonique. Ce truc antique existe encore, oui. Je n'ai pas de cellulaire pour conserver les numéros les plus précieux et mon combiné fêtera bientôt ses quatre-vingt ans - on le félicite au passage. Ma jambe je m'appui paresseusement à cette petite table de bois et cherche les fleuristes qui existent dans mon entourage. Franchement, je ne trouve pas plus logique pour le moment que de faire lèche-vitrine d'un tas de fleur pour trouver ma fleur.

Trognon qu'il ne reste qui est jeté aux ordures. J'enfile un manteau et déguerpit en barrant la porte d'un air nonchalant derrière moi. Dans mon appartement, il n'y a rien à voler; tout à découvrir. Le trottoir et sa rue me glissent sous les pattes. Comme toujours, il est aberrant de voir que personne, mais bien personne, ne me prête attention. Je ne sais échanger un regard avec aucun passant, et même les véhicules que j'intercepte de ma marche calme ne prennent la peine de me klaxonner. Je les évite, tout simplement. Et je suis habitué. De toute façon. Les mains dans les poches et la capuche sur la tête, je trouve moyen de m'y plaire, après tout. Il faut bien, avec vingt-ans à être un fantôme aux yeux des autres, maintenant que j'en suis réellement un, il n'y a pas grandes différences. Je suis bien préparé. Tant mieux.

Je marche. Longtemps. Je n'ai pas de voiture, et il est hors de question que j'embarque dans un taxi. Pour le coût et la crainte. Alors je marche. Les rayons du soleil commencent à évincer les nuages et... Ah! Non. Fausse alerte. Le gris du ciel revient. C'est souvent comme ça, j'ai l'impression. Ou je vois la vie terne. Je ne sais pas trop. Et pourtant, je suis bien. Très bien. La fraîcheur du temps sent la neige même si nous en avons pratiquement pas. Et l'odeur des feuilles mortes et mouillées me fait gazouiller. J'adore le froid. M'apparaît alors la vitrine du fleuriste en question pour m'y accueillir en toute joie. Enfin. J'ai marché combien de minutes? Une trentaine. J'ose croire. La montre que je n'ai pas ne m'indique pas l'heure, mais j'imagine qu'il est encore assez tôt pour que la boutique soit ouverte. J'y entre.

Et ce qui m'épate au premier coup de nez, c'est l'arôme infini d'une centaine d'organes foliacés qui me percutent la narine et s'y éclatent en toute douceur. C'est un parfum oppressant et lourd, mais tellement serein. Je souris alors que le tintement de la porte me tire de ma rêverie. Je parcoure les allées. Encore plus de teintes et de fragrances que j'aurais pu l'imaginer. Des vies, des dizaines et des dizaines de vie à la tige autour de moi. Qui portent leurs pétales de soie vers moi. Qui me prie de les sentir. Bon, d'accord. J'en choisi une au hasard et la hume. Elle est parfaite. Comme toutes les autres fleurs. Mais ce n'est pas ma fleur.

Je continue les recherche. À dépoussiérer chacune de ces finesses. Je laisse couler la patience et le temps. Après tout, je n'ai rien de mieux à faire en ce moment que de perdre ma vie - quelle ironie d'expression! - dans cette boutique merveilleuse. Et je n'y sortirais certainement pas avant d'avoir trouvé ma fleur.


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MessageSujet: Re: regarde la fleur. | NORA   regarde la fleur. | NORA EmptySam 29 Mar 2014 - 11:17

Nora fredonnait ces vieilles chansons anglaises, ne prêtant que peu d’attention aux paroles des Beattles crachées par le poste de radio rétro. Elle était bientôt à l’heure de fermeture et le manque de clients, aujourd’hui, n’inquiétait pas plus que ça la fleuriste. Il y avait des jours ainsi, où le monde se bousculait un peu moins pour offrir des fleurs. Ce qui lui laissait le temps de s’occuper de ses commandes, notamment une relativement impressionnante, pour une fête d’anniversaire. De quoi l’occuper et lui payer ses factures. Heureux celui qui avait instauré la fleur comme symbole de l’humanité et de sa politesse. Nora aurait toujours du travail. Douce occupation sur le rythme calme de sa vie.

Tant qu’elle ne restait pas les mains vide durant son temps libre, qu’elle empêchait sa conscience de se pendre dans les recoins sombres de son mental, Nora n’avait rien à craindre, rien à se plaindre. Pas de remords sur lesquels s’accabler. Elle finit son dernier arrangement floral, nouant un ultime ruban blanc autour du pot en terre cuite. Elle eut un petit sourire satisfait, replaçant une boucle brune derrière son oreille. S’emparant de son chef-d’œuvre – amusement coquin de se prendre pour une artiste à ses heures perdues – elle alla déposer cela en vitrine. Nora, cependant, manqua d’échapper le fruit de son labeur. Il y avait un client, que la fleuriste n’avait pas entendu venir. Ah, Nora, perdue dans sa concentration…

Néanmoins, le jeune homme ne semblait pas être là depuis longtemps – il n’y avait aucun signe d’impatience. Nora se para de son sourire serein et habituel. « Désolée pour l’attente, je suis à vous tout de suite. » Elle déposa son chargement fleuri dans la vitrine, se perdant dans une forêt de verdure et de senteurs que Nora se plaisait de respirer à toutes heures. Quand elle rentrait chez elle, le soir, le parfum des fleurs embaumait encore sa peau, laissant une trace de fraicheur dans son appartement.

Elle revint vers le jeune homme, l’étudiant en un battement de cils, avant de joindre les mains. « Que puis-je faire pour vous ? Vous avez déjà une idée de bouquet que vous désirez ? » Dès ses débuts, Nora s’était interdite de passer intérieurement sur le profil possible de ses clients. Elle aimait se laisser surprendre, jouer à satisfaire ses acheteurs sur la spontanéité, et non sur le calcul anticipateur par lequel elle s’était drillée tout sa vie.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: regarde la fleur. | NORA   regarde la fleur. | NORA EmptyMar 1 Avr 2014 - 21:03



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Apoplexie de l'inspiration; tant de pétales, tant de couleurs grises et de parfums de toutes les sortes... Il n'y a, parmi les cent-cinquante fleurs, aucune pour qui accrocher le regard et boire la fée des contes. Trop de voies, trop de chants. Toutes les foliacés de la boutique me crie de les prendre dans leurs feuilles. Je les touche toutes. Une à une. Elles sont douces, poétiques, majestueuses... Mais elles ne sont pas celle que je veux. Et pourtant. Pourtant elle doit se trouver quelque part, parmi les racines vivantes sans-vie de ses sœurs, à se garder timide derrière les vases. Parfois, la plus timide des rencontres reste la plus parfaite d'une vie. Je cherche la mienne. Quel pollen voudra bien de ma plume?

Je fouille et farfouille. Je trouve une tulipe hypocrite, qui se veut gracieuse mais qui est jalousement refermée sur elle-même. La marguerite est trop jeune, le pissenlit, trop fragile. La jonquille est coquette, mais elle me laisse sur ma faim après des minutes de recherches. Des minutes? Peut-être beaucoup de «des minutes». Je cherche ma montre sur mon bras et tombe sur une heure que je n'ai pas le temps de déchiffrer parce qu'on m'accoste.

Je sursaute. Presque. On m'aborde, oui. J'ai même ce stupide réflexe de regarder derrière moi en toute discrétion qui n'en a pas pour voir si on ne parle pas à un silencieux derrière moi. Mais non. Il y a le regard d'une jolie jeune femme dans le mien. Brunette. Avec un tablier de coton égyptien ou de qu'est-ce qui veut y ressembler. J'étais complètement dans le brouillard, à patauger pour quelque livre que ce soit. À me demander ce qu'elle pouvait faire pour moi et quel genre de bouquet je voulais. Je suis pris au dépourvu, je dois admettre. Je me sens comme l'adolescent qui se fait frapper en plein sommeil par l'alarme brutale d'un réveil sur table de chevet. Je cligne des yeux. La regarde, elle, son sourire, ses yeux brillant et ses cheveux foncés.

J'opte pour un sourire maladroit et timide. Je crois que c'est la deuxième fois de ma vie qu'un vendeur me propose un coup de main dans son magasin. Déjà que l'on m'adresse rarement la parole. Parce que je suis un fantôme. Non, je veux dire pour vrai: je suis invisible. On me remarque jamais ou on m'ignore puis on m'oublie. Pas elle. Mon pouls se fait la cascade de l'angoisse. Je lui laisse quelques bégaiement en murmures en baissant la tête. Étrangement, depuis que je suis tombé dans un cercueil, je fais d'avantage de rencontres. Peut-être parce que fantôme est plus intéressant lorsqu'il est mort?

Je... je ne cherche pas de bouquet... C'est que... Ce n'est pas un bouquet que je cherche. Je ne veux pas un bouquet.



Je me gratte le front. Oui. Bon. Elle a dû comprendre la première fois que je l'ai dit. Je suis si nerveux. Parce que je vois une jeune inconnue m'adresser la parole. Je vois une personne qui a décidé bien vouloir interagir avec moi. Je vois l'humain qui me tend l'opportunité de faire une rencontre toute saine. Je suis aux anges, et je crains faire la gaffe qui pourrait tout faire rater. Je me racle la gorge. Le fond de l'air est lourd, soudainement, je suis écrasé par les parfums de fleurs. Elles me regardent toutes, alors que je laisse un silence qui a tout pour le mal aise - le mien, en tout cas - et attendent que je parle. L'une d'elle me pousse et m'ordonne de parler pour ne pas que j'ai l'air stupide et muet encore bien longtemps. Je précipite les mots hors de ma bouche:

Je cherche une fleur. Juste une. Une fleur généreuse, attentionnée, curieuse et modeste.



Je lui souris. Ou lui fais une grimace indécise. Je ne sais pas trop. Si elle arrive à trouver la fleur de mes rêves en ces attraits, je crois que j'ai trouvé la perle rare. Ou une écrivaine. Je la plains, en fait. De m'avoir comme client. Je me demande alors si le fleuriste ferme ses portes bientôt. Je ne veux certainement pas l'importuner, et pourtant je veux toute son attention et sa gentillesse...

Pardon... Désolé... Désolé... Je cherche une fleur originale, plutôt. Mais très belle.



Dis-je en baissant ma tête qui se hoche en grand désarroi et déception. Et ce qu'elle m'apportera sera le choix des circonstances et, ainsi, le personnage de mon histoire. Car je rougis à un tel point que je me sens fondre dans mes souliers. Et je n'ai pas l'aptitude et le courage à lui quêter davantage.



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