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 kids that i once knew + (kenneth)

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MessageSujet: kids that i once knew + (kenneth)   kids that i once knew + (kenneth) EmptyVen 12 Juil 2013 - 14:22


kids that i once knew
now they're all dead hearts to you
La douce brise qui balaie ses cheveux, la chaleur agréable contre sa peau – bien qu'il n'y ait pas de soleil – le trottinement de Sam à ses côtés, le brouhaha des gens s'agitant tout autour. Des choses qu'elle ne devrait pas être capable de ressentir, et d'apprendre à apprécier. Des choses qu'elle n'aurait jamais dû être capable de goûter à nouveau. Et pourtant, elle était bien là. Debout, à arpenter les rues, accompagnée de son chien. Elle devrait être six pieds sous terre, dans une boîte en bois, en proie à la décomposition. Dévorée par mère Nature, qui reprendrait ce qui lui appartenait. Ashes to ashes and dust to dust. Mais non. Vilhelmina était bel et bien en vie. Différente, mais vivante. Et même après de longs mois, elle avait toujours autant de mal à le réaliser. Chaque fois qu'elle regardait dans le miroir, elle se demandait si tout cela était bien réel. Si elle était bien là. Elle avait mis longtemps à comprendre. Elle avait passé des heures, recroquevillée sur elle-même, à se demander ce qu'elle foutait là. A se demander pourquoi elle n'avait pas le droit de mourir, pourquoi on la forçait à vivre alors qu'elle ne le voulait pas. Et puis, elle avait réalisé. Qu'elle avait une raison de rester, une raison de vivre. Pour autant, ça ne l'empêchait pas d'être forcée de fermer les yeux et compter jusqu'à dix, parfois. Pour échapper à ses démons intérieurs, ceux qui la rongeaient encore et toujours. Mais peu à peu, elle finirait par les éliminer, un par un s'il le fallait. Génocide glorieux. Un jour Vil, t'auras plus jamais envie de mourir. En attendant, elle faisait de son mieux pour y échapper. Et même si parfois, ses crises se manifestaient toujours, elle réussissait plus ou moins à en réchapper indemne. Auparavant, chaque fois qu'elle se mettait à suffoquer, une part d'elle mourait. Si bien qu'elle était persuadée d'être déjà morte quand elle s'était suicidée. Mais maintenant, c'était différent. Y avait toujours ces foutues crises. Elles la blessaient toujours autant. Mais elles n'étaient plus capables de la tuer. Plus jamais.

Baissant le regard sur Sam, elle esquissa un sourire alors qu'il se mettait à lui tourner autour. Il regarda derrière eux à quelques reprises, avant de lever la tête vers sa maîtresse, laissant échapper un petit aboiement. « Non, il est pas là. » Évidemment, il cherchait Nils. En même temps, Vil profitait parfois des promenades de Sam pour forcer Nils à sortir aussi, avec eux. Il restait trop souvent cloîtré, et elle détestait le voir comme ça. Alors elle faisait de son mieux pour lui extirper le moindre sourire, pour faire en sorte qu'il daigne goûter à l'air frais de Stonehaven, et pas seulement celui de sa maison ou son jardin. Mais aujourd'hui, il n'avait pas voulu venir. Comme souvent. Elle n'avait pas insisté et l'avait gratifié d'un sourire et d'un j'en ai pas pour longtemps, suivi d'un aboiement de Sam. Puis ils étaient sortis. Vil aurait pu se contenter de faire le tour du quartier. Elle aurait pu rester dans cette zone sécurisée. Mais elle en était sortie. Elle était allée jusqu'à Midtown. Elle savait pas ce qui lui avait pris. Un élan de confiance. Sam à ses côtés, Nils à la maison. Elle s'était sentie capable de faire tout ce chemin seule, en affrontant le monde. Et elle était là, à avancer dans cette rue. Debout. Respirant. Elle y arrivait. Sam aboya à nouveau, la sortant de ses pensées, et elle se rendit compte qu'elle s'était arrêtée en pleine rue, deux doigts posés sous sa mâchoire pour prendre son pouls. Inconsciemment. S'assurant encore et toujours qu'elle était en vie. Se rendant compte que quelques regards s'attardaient sur elle, Vil baissa la tête, camouflant son visage derrière ses longues mèches brunes, reprenant sa route, aux côtés de son chien.

Vilhelmina se souvenait encore du jour où elle avait trouvé Sam, en bord de route. Blessé, probablement renversé par une voiture. Elle s'était arrêtée, l'avait calé sur le siège passager, et avait foncé à la clinique vétérinaire. Et elle ne s'en était plus jamais séparée, tout simplement. Elle s'y était foutrement attachée, à cette boule de poils. Grande boule de poils. Pas même besoin d'une laisse pour le promener, puisqu'il restait constamment à ses côtés, quoi qu'il arrive. Il ne l'avait jamais abandonnée. C'est triste à dire, que son chien est le seul à être resté auprès d'elle. A vrai dire, sans lui, elle serait morte pour de bon. Parce qu'on l'aurait trouvée trop tard. Elle n'aurait pas eu droit au coma, simplement à la mort pure et dure. Aucune voix ne serait venue la tirer des ténèbres pour la ramener parmi les vivants. Concours de circonstances pour le moins salvateur, n'est-ce pas ? Ouais. Alors elle était là. Et elle le devait aux deux êtres qui partageaient sa vie chaque jour, désormais. Elle aurait jamais cru être sauvée. Elle pensait qu'elle mourrait, seule, dans son coin. Sans personne. Elle pensait qu'il n'existait qu'une seule personne susceptible de la sauver, et que cette personne l'avait abandonnée. Son frère, parti trop loin, trop vite. Et elle, restée ici, trop seule, trop vide. Parfois, elle se demandait s'il était venu la voir, pendant son coma. Et elle se disait que non. Elle se souvenait de chacune des visites de Nils – ou presque. Et c'est tout. Pas de visites de qui que ce soit d'autre. Ses parents, ça ne l'étonnait pas. Surtout en sachant qu'ils n'avaient pas perdu de temps pour vider son appartement et le rendre à son propriétaire alors qu'elle n'était même pas morte. Mais Jöran, c'était différent. Elle aurait cru qu'il vienne la voir. Et pourtant, rien. Aucun souvenir de sa venue. C'était donc qu'il n'avait jamais mis les pieds dans sa chambre d'hôpital, pas vrai ? Et ça, ça faisait mal.

Arrivée au bout de la rue, elle se décida à faire demi-tour, pour rentrer chez Nils. Chez elle, depuis son retour. Mais ça, c'était sans compter sur Sam, qui ne suivit pas le mouvement. Elle avait déjà parcourut quelques mètres dans la direction d'où elle était venue lorsqu'elle se rendit compte que son chien n'était plus à côté d'elle. Se retournant vivement, elle lança un regard circulaire sur la rue pour le retrouver. Il avait traversé la route, et était maintenant occupé à tourmenter un pauvre homme assis par terre. Mais qu'est-ce qui lui prenait ? Sourcils froncés, elle se précipita de l'autre côté, évitant de justesse une voiture qui la contourna brusquement, en profitant pour accorder à Vil un long coup de klaxon. Niveau discrétion, on repassera, hein. Elle avait l'habitude, à force. Sa maladresse la mettait toujours dans des situations de ce genre. Rejoignant son chien avec hâte, elle l'attrapa et le tira en arrière. Sans grand succès. Sam avait jeté son dévolu sur le bouquet de fleurs que tenait le type, et il n'avait pas l'air de vouloir en démordre. Et depuis quand il se mettait à bouffer des fleurs, hein ? What the fuck ? « Sam, arrête ! » Passant une main sous sa gueule, elle exerça une légère pression pour le faire lâcher prise, avant de l'attirer à elle. Accroupie au sol, elle le tenait contre elle, le regard désapprobateur. « Je, euh. Désolée, je– je sais vraiment pas ce qui lui a pris. D'habitude, il est– » Elle avait levé les yeux, pour regarder la victime de Sam. Et son cœur manqua un battement. Plus exactement, elle eut l'impression de le sentir remonter le long de sa trachée. L'homme. C'était Jöran. Son Jöran. Celui qu'elle n'avait pas vu depuis quinze ans. Il avait gardé le même visage espiègle, bien que plus marqué par le temps, plus homme et moins garçon. Son frère, qui lui avait tant manqué, se trouvait face à elle. Bouche entrouverte, yeux grands ouverts, elle le contemplait en silence. Et elle était pas fichue de produire le moindre son ou d'effectuer le moindre mouvement. Elle était juste là, à tenir son chien qui grognait. A fixer Jöran comme si elle le voyait pour la première fois, comme si elle n'y croyait pas. Immobile et muette. Paralysée.

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MessageSujet: Re: kids that i once knew + (kenneth)   kids that i once knew + (kenneth) EmptyVen 12 Juil 2013 - 20:13


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Foutue ville. Sincèrement, son avion aurait du se crasher le jour où il a prit la décision de revenir à Stonehaven. Il pensait que les choses finiraient par se tasser, par s'arranger pour lui, mais il fallait devenir un peu réaliste. Kenneth a prit l'habitude de regarder les informations françaises, histoire de voir si cette affaire de meurtre se tasse, et évidemment, rien ne se calme. En même temps, il espérait quoi hein ? Qu'il allait s'en sortir comme si de rien n'était ? Il avait conduit ces hommes à leur victime, c'était lui, le seul qui leur a donné les informations nécessaires. Il a maintenant cette mort sur la conscience, et même si il rentre en France, ce n'est pas prêt de s'effacer comme ça.  
Néanmoins, il a prit une décision aujourd'hui, et pas des moindres.

Il s'était retrouvé debout chez le fleuriste de la ville, complètement perdu. On était sensé offrir quoi à sa soeur morte ? Enfin, pour le poser sur sa tombe ? Il avait d'abord pensé à des orchidées, et puis il s'était ravisé, finalement, les roses rouges seraient une meilleure option. Plus sobre, un peu plus comme eux. Quand il y repensait, il s'en voulait cruellement d'avoir laissé cette enfant derrière lui. Il l'avait cruellement abandonnée, la menant ainsi au suicide, probablement sa dernière porte de sortie. Il avait sûrement rassemblé en un seul acte la cruauté de ses parents. Il a passait des années à les détester, à leur dire à quel point ils sont ignobles, irresponsable. Il n'avait pas fait mieux.  Il sait très bien que le fait d'aller poser des fleurs sur sa tombe n'aidera pas, mais au moins, il aura fait un minimum pour elle. Il acheta une douzaine de rose rouge, les plus belles du magasin. Ensuite, il repassa chez lui, et enfila un costume. Il laissa échapper un ricanement en se regardant. Tu espère quoi Kenneth ? Te rattraper de cette façon ? Pathétique Mais il resta sur ses premières idées. Kenneth descendit les escaliers de son immeuble, se dirigeant vers le cimetière de Stonehaven. C'était là qu'était sa sœur, enfin, d'après les dires de sa mère. D'ailleurs, voilà maintenant quelques mois qu'il était revenu en ville, et il n'a pas encore croisé sa mère, très bonne chose ! Bon, il sait bien qu'à un moment donné, il finira bien par la croiser, mais plus tard ça arrivera, et mieux se sera. Il a passé une enfance des plus désastreuses, enfin, si on peut qualifier tout ça 'd'enfance'. Certaines personnes ne sont pas faites pour avoir des enfants, car trop cruelles, trop égocentrique, ou simplement dotées d'une méchanceté à peine croyable. Enfin, sa mère n'aurait jamais du donner la vie, c'est malheureux à dire, mais parfois, il préférerait mourir plutôt que de revivre tout ça, enfin, dans cette foutue ville, tout devient impossible, même mourir. Enfin bref.

Il marchait dans la rue, son bouquet à la main. On aurait presque dit un veuf tiens. Finalement, il arriva au cimetière. Avant d'entrer, il prit une longue respiration, il avait beau s'être fait à l'idée de la mort de Vil, voir sa tombe ne serait pas chose aisée, après tout, elle restait sa petite princesse.
Il avança dans les allées du cimetière, cherchant son nom, avec peur et tristesse à la fois. Mais il ne s'attendait pas à ça. Il ne trouva pas la tombe de Vil. Au bout de quelques minutes, il se présenta au poste de garde du cimetière, peut-être que le gardien pourrait l'aider. « Monsieur, bonjour, pourriez-vous m'indiquer l'emplacement de la tombe de Vilhelmina Pheobe Hawthorn je vous pris. » L'homme hocha la tête, tapotant immédiatement sur le clavier de son ordinateur. « Désolé monsieur, mais nous n'avons personne qui porte ce nom ici »... Quoi ? Il fronça les sourcils, comment ça ? Il n'y a qu'un cimetière à Stonehaven, elle était forcément là. A moins que sa mère ne l'ai faite incinérée, mais elle n'aurait pas pris cette peine. « Je... D'accord.. Merci quand même »

Mais qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? Il allait vraiment devoir aller voir sa mère. Où est passé le corps de sa défunte sœur ? Il n'avait pas même eu l'occasion de lui accorder un dernier au revoir. Plus rien n'existait, même plus elle, pas même une petite trace de son passage ici. Elle méritait qu'on se souvienne d'elle.
Kenneth stoppa sa marche, s’asseyant dans la rue, au beau milieu d'un croisement de rue. Ce n'était pas vraiment son habitude, mais là, l'émotion prit le pas sur la raison. Même morte, il n'était pas fichu de la trouver, d'être là, de lui offrir ces fichus fleurs.
Mais alors qu'il était perdu dans ses pensées, une bête féroce ce jeta sur lui. Bon, ce n'était pas une chimère, simplement un chien, mais quand même. Le chien s'attaqua à ses fleurs, les arrachant avec férocité. Mais il avait quoi lui ? « Lâche ça ! Sale bête ! » Ce n'est pas pour rien qu'il déteste les chiens, les chats sont bien plus tendres. « Sam, arrête ! » Ah bah quand même ! « Je, euh. Désolée, je– je sais vraiment pas ce qui lui a pris. D'habitude, il est– » Au moment où elle arrêta brutalement sa phrase, Kenneth releva la tête. Cette voix. Il entrouvrit légèrement la bouche quand il vit la personne qui se tenait devant lui. Vilhelmina. Sa sœur. Sa petite sœur. Il la croyait morte. Voilà pourquoi il n'y avait pas de tombe au cimetière. Ça expliquait tout. « Vil... Je... » Les mots lui manquèrent. 15 ans qu'il n'avait pas vu sa sœur les yeux ouverts, et il n'était pas capable d'alligner trois mots. « Tu es vivante... » Bon, ce n'était qu'un début, et il avait prononcé ces mots dans un soupire, mais ils étaient là. Finalement, il détestait un peu moins le chien, même si son allergie allait certainement se réveiller, mais il s'en fichait, Vil était vivante.

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MessageSujet: Re: kids that i once knew + (kenneth)   kids that i once knew + (kenneth) EmptyJeu 1 Aoû 2013 - 19:40


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Accroupie, serrant son chien contre elle, Vil était tout bonnement figée. Statue à la peau translucide et à l'air hagard. Elle fixait ce regard pâle, trop familier, trop perçant. Trop douloureux. Les souvenirs remontaient tous à la surface, lui faisant l'effet d'une gifle. Leurs rires – trop rares – résonnant dans la maison familiale alors que Jöran lui faisait des chatouilles. Ses bras puissants serrés autour de la frêle silhouette de Vil alors qu'elle était secouée par les sanglots. Ses mots rassurants pour lui rappeler de respirer durant les crises. Ses coups de gueules quand la cruauté de leur mère atteignait son paroxysme. Les promesses qu'il avait faites sans jamais les tenir. Elle se souvenait de tout, comme si toutes ces scènes se déroulaient devant elle à nouveau, donnant un éclat vitreux à son regard. Elle avait l'impression que tout autour d'elle s'écroulait, comme si elle était au centre d'un chaos indescriptible. Celui de son esprit. Quinze ans. Quinze longues années sans voir son propre frère. Quinze longues années seule, durant lesquelles Vilhelmina avait fini par se perdre. Et finalement, commettre l'irréparable. Ou presque, puisqu'elle était encore là aujourd'hui. Un millier de questions lui taraudaient l'esprit, accompagnées par tout autant d'émotions. Elle avait envie de rire. Rire comme elle n'avait jamais ri, laisser exploser sa joie de le revoir. Le serrer tout contre elle, comme lorsqu'elle n'était qu'une enfant. Lui dire qu'il lui avait terriblement manqué. Elle avait envie de pleurer. Laisser éclater le flot qui la submergeait, menaçant de la noyer. Pleurer à s'en déshydrater, à en devenir aveugle. Elle avait envie de hurler. Lui crier le mal qu'il lui avait fait en ne revenant jamais. Le frapper, pour l'avoir laissée suffoquer sans personne pour lui réapprendre à respirer. Elle avait envie de faire tellement de choses qu'elle n'en faisait aucune, se contentant de le fixer en silence. « Vil... Je... » Cette voix, qu'elle n'avait pas entendue pendant des années. Cette voix, qui était là pour la protéger, avant. Ça lui crevait les tympans, ça lui faisait saigner les oreilles. Qu'il se taise. Pitié Jöran, ferme-la.

« Tu es vivante... » Oui. Non. Y avait des jours, elle savait même plus. Morte-vivante. Fantomatique. Plus qu'avant, plus que jamais. Il avait l'air abasourdi. Au moins autant qu'elle. Elle était même étonnée qu'il la reconnaisse du premier coup. Avait-elle le même visage que la gosse qu'il avait quittée quinze ans plus tôt ? Elle, elle l'avait reconnu de suite. Il n'avait pas changé d'un poil, simplement plus barbu et plus ridé. Elle se demandait ce qu'il faisait ici, lui qui avait pour lubie de crier sur tous les toits qu'il ne reviendrait plus à Stonehaven. Elle se demandait si leur mère l'avait appelé après son suicide. Certainement pas, c'était trop pour si peu. Elle s'était déjà demandé si elle l'avait même prévenu, de quelque manière que ce soit. Mais au vu de ses paroles, il savait. Il savait qu'elle s'était tranché les veines. Et le simple fait qu'il le sache provoquait une douleur lancinante chez Vil. Elle avait honte. Elle avait envie de fuir, de se cacher. Ne pas avoir à affronter son regard qui lui faisait trop mal. Elle sentit sa gorge se nouer alors que ses yeux se posaient finalement sur l'origine de cette rencontre fortuite. Les fleurs que Sam avait voulu attaquer. Un bouquet de roses rouges. Alors quoi, il avait un rendez-vous galant ? Ça expliquerait le costard. Mais dans ce cas, pourquoi se retrouver assis par terre, en pleine rue ? C'était pas lui. C'était pas son genre. Parce que Jöran, il était jamais triste. Pas vrai ? C'était le grand frère fort et moqueur, qui ne se laissait jamais abattre. Non ? Non. Après tout, elle savait pas. Elle savait plus. Pas après quinze ans, putain. Elle le connaissait plus. Ils se connaissaient plus.

Vilhelmina sentait son regard peser sur elle, alors que sa propre respiration s'accélérait. Elle aurait pas dû s'éloigner autant. Elle aurait pas dû venir jusqu'ici. Pas sans Nils. Elle était démunie, seule parmi le monde dans cette rue. Seule face à un vestige du passé. Hey Jöran, on est devenus des fantômes, tu sais. Dans son cas à elle, particulièrement. C'est triste, tu sais. Les enfants Hawthorn, brisés par une éducation – si on peut appeler ça comme ça – que personne ne devrait avoir à subir. L'un tombé du nid trop tôt, l'autre brisée en plein vol. Et ils se retrouvaient réunis à nouveau, après des années de silence radio. Des années loin l'un de l'autre. Et maintenant ? Ils en étaient réduits au stade d'étrangers à présent, pas vrai ? Ouais. Et c'était certainement ça le plus douloureux dans l'histoire. Y avait tout un tas de choses que Vil voulait faire, là, tout de suite. Mais elle faisait rien. Comme trop de fois par le passé. Sam s'agitant, elle desserra ses bras qui étaient serrés autour de lui pour le laisser bouger à son aise. Regard bloqué sur le bouquet de Jöran, elle était toujours paralysée. « Je– Tu– Jöran– » Incapable de former des mots cohérents, elle leva ses prunelles sur lui à nouveau. Sur son visage qui avait perdu tout ce qu'il avait de juvénile, autrefois. Un bond dans le temps. Et elle le supportait pas, c'était trop. Elle pouvait pas lui faire face. Elle pouvait pas assimiler tout ça. Alors elle se releva, le surplombant de sa taille alors qu'il était assis par terre. Puis elle lui tourna le dos, commençant à s'éloigner rapidement, Sam sur ses talons. Vil, tu fais quoi là ? Elle savait pas. Elle réfléchissait même pas. Elle était passée en mode pilote automatique et ne contrôlait rien. Elle se contentait de marcher dans la direction d'où elle était venue. Partir. Rentrer. Fuir. Elle voulait pas laisser ses émotions la faire suffoquer. Elle voulait pas risquer une crise, là, en pleine rue. Et Jöran serait bien capable de lui en provoquer une sans le vouloir. Ironique, quand on sait qu'il était celui qui les stoppait, fut un temps. Elle avait l'impression que c'était il y a des siècles. Dans une autre vie.

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MessageSujet: Re: kids that i once knew + (kenneth)   kids that i once knew + (kenneth) EmptyVen 2 Aoû 2013 - 11:05


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Il ne pouvait pas croire ce qu'il ce passait juste sous son nez. Il était venu porter des fleurs sur la tombe de sa sœur, il pouvait maintenant lui donner en personne. Ce n'est pas comme ça que les choses auraient dû se passer. Vil avait choisi de passer de l'autre côté, elle n'aurait pas dû revenir, c'était son choix de partir. Il était heureux de savoir sa sœur en vie, mais d'un autre côté, il savait aussi très bien ce que cela avait occasionné et ce que cela allait encore occasionner. A Stonehaven, rien n'arrive pas hasard, tout le monde le sait, mais pourquoi était-elle là ?
Kenneth était là, la regardant, complètement perdu. Il était soudainement assaillit de souvenirs en tout genre, mais surtout de regret, et de honte. Il prenait enfin conscience de l'ampleur qu'avait eu son départ sur sa petite sœur. Si il était resté, elle ne serait certainement pas allée jusqu'au suicide, parce qu'il aurait été là pour elle, il lui aurait parlé, l'aurait réconforté, il aurait joué son rôle de grand frère. Il faisait un bel enfoiré. Finalement, il ne méritait même pas de revoir sa sœur, il méritait de finir seul dans son trou comme le rat qu'il était.
Elle n'a pas changée C'est ce qu'il pensa quand il scruta son visage avec attention, du moins, physiquement elle restait la même. Mais il sait aussi que les gens qui reviennent ne sont plus réellement les mêmes, ce qui est au fond ce comprend aisément.
Comment tout les deux ont bien pu en arriver à cette situation ? Ils étaient pourtant fait pour devoir se soutenir, avec leur situation familiale, c'est comme ça que ça aurait dû se passer, pas autrement. Quinze ans qu'il ne s'était pas retrouvé en face de sa sœur, et voilà qu'il l'a revoyait, grâce à un chien. A un simple chien.

Le silence de Vil lui glaçait le sang. Mon dieu. Ce qu'elle devait lui en vouloir d'être parti comme ça. Il avait pourtant essayer de la joindre, mais il n'avait jamais reçu aucune réponse, leur mère devait filtrer, il aurait dû y penser plus tôt. Ce tyran ne lui avait même pas dit qu'elle était revenu à la vie, remarque, si elle le savait ce serait déjà beau. Il voulait tellement lui dire de parler, qu'elle lui hurle dessus, qu'elle le frappe, qu'elle laisse sa colère éclater, mais ce silence était pire que tout. Kenneth aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire à quel point il s'en voulait, qu'il voulait arranger les choses, et passer une heure avec elle, rien qu'une. Il voulait la rassurer, comme il avait l'habitude de le faire quand ils étaient enfants. Mais il savait que ce serait impossible, parce qu'au fond, elle est un peu comme lui, il n'oserait pas le faire, tout comme elle n'oserait pas non plus. « Je.. J'arrive pas à y croire.. » Il fallait qu'il rompe ce silence, c'était trop pesant, trop oppressant. Il avait réussi à articuler ces quelques mots, mais en dire plus tout en soutenant son regard relevait de l'impossible. Le grand frère se sentait vraiment petit à côté d'elle, quelle ironie. Vil regardait son bouquet intensément, il était tellement concentré sur elle que c'est tout juste si il remarqua que le chien venait de bouger, son poil commençait d'ailleurs à lui chatouiller le nez. « Il était pour toi. » Finalement, Jöran laissa tomber le bouquet maintenant totalement détruit par les crocs du chien que Vil semblait protéger comme la prunelle de ses yeux. Elle a toujours aimé les chiens, c'était d'ailleurs un problème à la maison, Kenneth est allergique aux chiens, et Vil n'est pas fan des chats. Enfin, ceci appartient au passé.

« Je– Tu– Jöran– » Ca faisait bien longtemps qu'il n'avait plus entendu son prénom. Vil est la seule à encore l'appeler comme ça, les autres ont adoptés Kenneth depuis longtemps maintenant. Il a toujours détestait Jöran, trop original, trop remarquable, trop suédois. Kenneth passe partout. Sa voix créa un frisson le long de son échine, elle avait mûrie, elle était une femme maintenant, elle est bien loin la gamine qu'il a laissé derrière lui il y a quinze ans.
Mais il ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle se lève et tourne les talons. L'homme se releva aussi, se tournant dans sa direction. Il ne pouvait pas la laisser partir comme ça, il venait de la retrouver, elle ne pouvait pas lui échapper encore une fois. Il était là maintenant, non ? Il ne rattraperait pas tout ce qu'il a fait, et encore moins toutes ces années perdues, mais il ne pouvait pas se résoudre à la laisser partir comme ça. « Vil... » Kenneth se lança derrière elle, rattrapant rapidement la distance qui les séparaient. « Vil, je t'en pris, attends ! » Une fois qu'il fut arrivé à son niveau, il la stoppa en posant sa main sur son bras. C'est dingue ce que son contact lui avait manqué, elle lui avait terriblement manqué. « Vilhelmina, attends, s'il te plait... » Il lui demandait de rester, mais il ne savait pas ce qu'il pouvait bien lui dire. Qu'il était désolé ? Vu l'ampleur de son geste, ça ne servirait à rien, il en est presque certain. Mais une chose est sûre, il ne peut pas la laisser partir, pas après l'avoir retrouvée, pas après tout ce temps. Elle ne se retourna pas tout de suite. Etait-elle en train de rejeter une crise ? Peut-être bien. Mais si elle explosait, il tâcherait de la calmer, exactement comme quand il étaient gosses.

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MessageSujet: Re: kids that i once knew + (kenneth)   kids that i once knew + (kenneth) EmptyLun 28 Oct 2013 - 14:51

Changement de personnage, sujet archivé.
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